Le dernier chasseur de sorcières ne surprend guère dans un film d’action bourré de testostérones et d’effets spéciaux pour combler la pauvreté du scénario.

Une malédiction d’immortalité à cause d’une victoire sur la reine des sorcières, une épée à la Highlander mais d’origine viking et qui s’enflamme, Vin Diesel dans toute son inexpressivité, le dernier long-métrage de Breck Eisner ne va pas rester dans les annales…

Vous savez, cette incompréhension quand un acteur que vous tenez en haute estime déniche un rôle dans un film que vous trouvez vraiment pas terrible et que vous vous demandez, ô pourquoi, à ce niveau-là de reconnaissance, il continue à jouer dans des navets pareils ? Ben en voyant Le dernier chasseur de sorcières, je me suis demandé ce que Michael Caine faisait là. Rose Leslie, passe encore, elle a besoin de se faire un nom, mais Michael Caine ?!
Bref, évidemment, rien qu’en voyant l’affiche et en lisant le synopsis du film on ne s’attend guère à quelque chose de très reluisant, mais au moins, l’histoire pourrait contenir moins de clichés que ce que ça laisse présager. Mais non, il tombe absolument dans tout ce qu’on craint. Un héros sans cervelle qui prétend détenir la science infuse grâce à ses siècles d’expérience, un conseiller bien sage, un univers fantastique où le haut conseil s’habille comme dans un roman gothique, des flashbacks qui montrent que le héros possède un côté sensible… Les effets spéciaux des sortilèges tentent de camoufler l’inconsistance de l’histoire (même si je dois avouer que l’appart de Chloe était plutôt joliment aménagé). Le scénario ? Un type qui a perdu sa famille il y a quelques siècles à cause de sorcières, et comme c’était le meilleur guerrier du clan, forcément il a tué la grande méchante reine qui l’a maudit par son immortalité. Kaulder de son nom (à consonance plutôt germanique que saxon, mais bon) est une sorte de maître du jeu. Oui, car le film se réfère de nombreuses fois implicitement à Donjons et dragons, avec la mention de niveaux pour les sorciers, ou des sorts sortis droits d’un jeu vidéo…

©SND

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Vin Diesel… fait du Vin Diesel. Au moins, dans Les chroniques de Riddick les scènes d’action envoyaient du lourd, et même dans le dernier Fast & Furious il assurait et assumait son rôle, mais là, j’ignore si c’est son âge ou juste la fatigue, ses muscles ne servent littéralement à rien. Evidemment, il représente le seul espoir de l’humanité. Toujours dans ce même genre de rôle revanchard et bourrin, mais pourtant parfaitement viril, lui donner une famille n’améliore pas son jeu pour autant. La présence d’Elijah Wood fera également hausser les sourcils, mais quand on connait son penchant pour le genre de l’horreur et le fantastique, on se dit pourquoi pas. Quant à la touche féminine du film, Rose Leslie s’en sort pas trop mal, elle apporte un peu de fraîcheur dans tout cet univers normé. Tout est trop facile en fait, à chaque fois qu’ils trouvent un nouvel indice, Kaulder résout l’équation en deux secondes sans aucun obstacle. Et la grande méchante, car bien sûr, il va retrouver sa pire ennemie, ne dure pas assez longtemps pour qu’elle se fasse craindre.
La meilleure chose à retenir de ces deux heures ? La reprise de Paint It Black par Ciara qui entoure d’une aura mystique la chanson. Le pire ? Tout le reste…

(P.S. : Priez pour qu’il n’y ait pas de suite comme malheureusement le sous-entend la fin…)