Présenté au festival de Sundance où il avait récolté de nombreux éloges, Dope sort chez nous le 4 novembre prochain.

La production derrière Dope peut se targuer d’être cinq étoiles, Forrest Whitaker, Pharrell Williams, Sean Combs… Primé par le prix du public à Cannes, promis à un bel avenir, le film ne s’en sort pourtant que laborieusement.

Dope fait partie de ces films initiatiques lycéens un peu plus sensés que la plupart de ses congénères. Le passage à l’âge adulte, une volonté de s’en sortir alors qu’on vient des quartiers difficiles, tout un drame social qu’on pourrait aimer. Dope dépeint la banlieue d’Inglewood avec dureté, non seulement avec la violence due notamment à la drogue, mais avec la réalité quotidienne complexe. Rick Famuyiwa, le réalisateur, a grandi dans ces quartiers, et son alter ego Malcolm développe tous les clichés. Modeste Afro-Américain de Los Angeles, élevé par une mère célibataire, il aspire à de plus grandes ambitions, comme intégrer Harvard.

©HappinessDistribution

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Des nerds de banlieue dans les années 90, affairés de leurs snapbacks et de leurs vêtements aux couleurs psychédéliques, surtout dans un milieu où ils ne sont pas censés se comporter ainsi, inspirent forcément aux railleries de leurs camarades et se retrouvent à des lieux d’être ‘dope’ ou cool… Paradoxalement, le trio principal fonde un groupe de punk tapageur, alors qu’ils ne jurent que par le hip hop. D’ailleurs, l’aspect musical passe un peu sous silence, malgré un ou deux numéros originaux et une bande sonore assez pétillante.
Malgré tout, le film ne pèse pas sur les problèmes sociaux de la banlieue, ou du manque d’opportunité de ces jeunes, il le constate, très bien, puis passe à autre chose. Comme le micmac que crée la possession accidentelle de drogue du héros. Ou encore comme la romance, passage obligatoire de tout bon teen movie. Certes, un film sans prétention demeure un film agréable, mais le manque d’ambition l’empêche d’atteindre le niveau d’un grand film.

Shameik Moore, bien qu’interprétant avec subtilité le rôle de ce jeune un peu rêveur, semble toutefois avoir le double de l’âge de ses partenaires à l’écran (Kiersey Clemons et Tony Revolori très bons également), et c’est assez perturbant. Et malgré la présence de A$AP Rocky, Dope reste un comédie pour ados, peut-être plus sensible que d’autres, mais tout de même centré autour d’un lycéen en terminale qui veut entrer dans une grande université et perdre sa virginité.
Impossible de ne pas mentionner Boyz N the Hood, film emblématique des années 90 sur la drogue et la communauté noire des ghettos où il y avait une véritable recherche et un message. Ici, se concentrer sur la comédie permet d’être entraînés dans l’aventure de ces jeunes, sans se sentir véritablement concernés…

(P.S. : En tout cas, y a du gros son.)