Le buzz de la fiction française actuelle bourdonne autour de Dix pour cent, la dernière série de France 2 sur une agence artistique.

S’achevait hier la première saison de Dix pour cent, une création originale diffusée sur France 2 qui marque un renouveau des séries françaises. Retour sur ces six épisodes.

©France2

©France2

Toi, sériephile, qui te targue de connaître les bijoux indépendants britanniques, les séries américaines annulées au bout de quatre épisodes mais qui ne daigne même pas jeter un œil sur les séries françaises car le mot « françaises » te répugne. Eh bien, la série événement de France 2 titrée Dix pour cent mérite pourtant qu’on y prête attention. Loin d’elle ce sentiment de ringardise comme on le voit si souvent chez nous, et pour une fois, ce n’est pas une production policière à la Engrenages ou Profilage (qui sont toutes les deux très bien, aucun doute là-dessus), ou un drame poignant et sérieux de chez Arte. Non, Dix pour cent se revendique être une comédie et dégage une certaine familiarité (et pas seulement pour les Parisiens).

Elle finit en beauté tant dans les scores d’audience (maintenus autour de 4 millions) que narrativement. Créée par Fanny Herrero (Kaboul Kitchen), avec deux épisodes réalisés par Cédric Klapisch, inspirée de la vraie vie de l’ancien agent artistique Dominique Besnehard, Dix pour cent se distingue de ses consœurs de la nouvelle vague de séries françaises « à l’américaine ». Ballotant entre comédie et drame, on suit l’évolution de l’agence de stars ASK, dont les principaux agents sont Matthias, Arlette, Andréa et Gabriel. 10 % ? L’équivalent de leur commission sur le cachet d’un talent. Matthias endosse le rôle de chef après le décès du fondateur d’ASK, et apparait comme calculateur et très doué dans son domaine. Arlette fait partie du décor tellement elle a toujours été dans l’entreprise. Andréa entre dans la catégorie des carriéristes, ne pensant qu’à son boulot avec ce côté insensible et froid comme semblerait-il toutes les femmes qui cherchent à réussir professionnellement. Enfin, Gabriel représente le bon pote de service, il a l’air trop gentil pour son boulot, il se fait un peu marcher dessus mais établit de bonnes relations avec ses clients. Chacun est épaulé par son propre assistant, dont la petite dernière, celle d’Andréa, se révèle être la fille illégitime de Matthias. Oui, un bric-à-brac à consonance soapesque pour une comédie à consommer.
En plus de lever le voile sur les pratiques artistiques puisqu’on assiste à des anecdotes fondées sur des faits réels, on s’intéresse également aux histoires privées de chaque agent. Les rôles secondaires des assistants servent de soutien humoristique, mais ils sont aussi attachants à leur manière. Ce qui se savoure dans le quotidien de cette agence, c’est l’intelligence derrière le comportement de chaque personnage. Pour arriver à conserver leurs clients, ils se débrouillent de façon parfois exotiques pour les amadouer, les motiver, ou encore les rassurer. Ce qui est un peu plus dommage, c’est que malgré le fil conducteur de la vie des agents, la série rappelle rarement les « affaires » précédentes et même sur six épisodes, le manque d’aspect feuilletonnant se ressent.

©France2

©France2

En tout cas, quand les acteurs français ne se prennent pas au sérieux, cela fait plaisir, même si, lâche Klapisch, certains ont refusé de participer. De Cécile de France à JoeyStarr en passant par Audrey Fleurot, les invités dans la série portent des grands noms contrairement à la bande principale d’agents (si on ne compte pas Camille Cottin, la Connasse de Canal). Implicitement, on comprend que l’influence des séries outre-Atlantique et outre-Manche est passée par là, puisque Fanny Herrero s’applique même l’étiquette de showrunner, poste qui n’existe pas réellement dans le processus télévisuelle français.

La saison 2 de six épisodes également, déjà annoncée, se fera probablement sans Klapisch.

(P.S. : J’aimerais bien savoir ce que les agents des acteurs de la série en pensent…)