A vif sort le 4 novembre prochain. Réalisé par John Wells, avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Daniel Brühl et Omar Sy, le film donne la part belle à la gastronomie et brosse un personnage de chef cuisinier bad boy qui devra surmonter bien des problèmes.

Pour les grands fans de Bradley Cooper, ils se souviendront qu’après son passage remarqué dans la série Alias, il avait tenu éphémèrement la tête d’affiche de Kitchen Confidential pendant treize épisodes en 2005 avant de raccrocher son tablier. Grosso modo, la série présentait les antécédents du chef d’A vif…

Après des années de succès dans un restaurant parisien, le chef Adam Jones s’est perdu dans l’alcool et la drogue… Aujourd’hui, il s’installe à Londres et compte bien renouer avec la gloire en obtenant sa troisième étoile Michelin. Il s’empare de façon assez autoritaire des cuisines de l’hôtel de son vieil ami Tony et s’attelle à rassembler une équipe et à inventer de nouveaux plats. Parmi ses recrues : Michel, son pote français auquel il a fait quelques coups bas, Hélène, jeune chef prometteuse et accessoirement jolie, et d’autres jeunes talents indomptés de Londres ou d’ailleurs.

a-vif-burntLa tâche ne s’avère pas facile. Jones a un caractère compliqué et se montre très exigeant avec son équipe. Son énergie, son envie de perfection et son côté bourru sont difficiles à canaliser. D’autant plus que l’un de ses vieux amis, Reece, a lui aussi un restaurant à Londres : une table très en vue qui récolte tous les éloges. Petit à petit, et malgré quelques galères (les dealers qui viennent récupérer leur argent, le retour de l’ex-copine et fille de son mentor français…) Adam Jones au cœur tendre va-t-il parvenir à ses fins ?

Non content d’additionner tous les poncifs du film américain, A vif insuffle plusieurs éléments prometteurs non développés. Les images du Londres méconnu, Jones ayant l’air de vouloir s’inspirer de la street food pour rebooster sa cuisine… La rencontre de jeunes chefs pleins d’idées… Tout cela est étouffé et disparaît très rapidement. Ah non, pardon, Hélène propose l’utilisation d’une machine à pocher, censée être signe d’une volonté de redonner au produit sa pureté la plus absolue. Mais à part cela, les plats de Jones resteront mortellement traditionnels et presque ennuyeux : viande ou poisson + légumes…

Formés entre autres par Gordon Ramsey himself (d’où l’obligation de gueuler en permanence en cuisine), les acteurs d’A vif font preuve de beaucoup de dextérité (big up à Sienna Miller qui travaille des pâtes maison comme si elle en avait fait toute sa vie qui en oublie de se coiffer pendant tout le film). On les voit tout à fait en cuisiniers prodiges. Aucun souci de ce côté-là. Sans oublier le maître d’hôtel, Daniel Brühl qui aurait pu voler la vedette s’il apparaissait plus à l’écran…
Visuellement, la cuisine et les produits ont une belle place : délicate, léchée et colorée. Le réalisateur a bien fait les choses : non seulement les plats ont été créés par un « vrai » chef, Marco Pierre White, mais les figurants sont de vrais cuisiniers londoniens. Par contre, l’empreinte française du film frôle le ridicule. On ne comprend rien du tout à ce que certains personnages, censés être français, déblatèrent. Heureusement qu’Omar Sy est là, finalement, histoire qu’on y croit un tout petit peu… C’est dire !

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A vif reste un film très divertissant, qui apporte au spectateur tout ce qu’il est venu chercher. A vif ne surprend pas avec un unique twist, il amuse peu, mais on passe tout de même un bon moment.