Trois épisodes depuis la reprise de la saison 12 de Grey’s Anatomy et on en est que plus plongé dans le drama des histoires du Grey Sloan Memorial Hospital.

Lors du festival de Monte Carlo, nous avons rencontré Sarah Drew, l’interprète d’April, qui revient sur le parcours de son personnage et son évolution tout au long des saisons.

Comment Grey’s Anatomy a-t-elle changé votre vie ?

En tout. Je galérais un peu, j’enchaînais les rôles de guest-stars dans des séries. Au départ, je ne devais jouer que dans deux épisodes, puis j’ai reçu un coup de fil quelques jours après avoir bouclé le second, qui m’annonçait qu’ils allaient faire revenir mon personnage pour un rôle régulier.

Comment imaginiez-vous le succès de la série en Europe ?

A Los Angeles, on est plus protégés, il y a des stars partout alors je suppose que ça devient commun. Ici, il y a des fans partout, je commence seulement à comprendre l’étendue de notre influence.

Comment voyez-vous l’évolution d’April ?

Je me sens particulièrement chanceuse. Dans une série, souvent, on joue untel personnage et on est catégorisé dans nos réactions, etc. Mais April a changé depuis le début au cours de plusieurs moments-clés de sa vie (sa grossesse, son départ en Afrique), un peu comme si j’avais joué plusieurs personnages. C’est très excitant.

Shonda Rhimes est connue pour faire disparaître ses personnages. Vous craignez d’être la prochaine ?

Ce serait mentir que de dire non. La série est géniale et j’aimerais rester jusqu’au bout, mais on ne sait jamais ce qui va arriver. J’embarque toujours sur un projet en pensant que c’est temporaire, je suis juste très reconnaissante d’en faire partie maintenant, mais si cela devait arriver, c’est les risques du métier !
Quand Patrick Dempsey est parti, on a reçu beaucoup de lettres de fans qui disaient qu’ils ne regarderaient plus la série… mais ils reviennent pourtant !

Jackson et April… qu’est-ce qui est prévu pour ce couple ?

J’essaye d’insister auprès des scénaristes pour qu’ils finissent ensemble, mais ils n’en savent rien eux non plus. Je trouve qu’ils vont très bien ensemble comme couple, donc j’aimerais qu’ils se réconcilient. Et comme je suis amie avec Jesse Williams, qui est très drôle et très intelligent, ça m’arrangerait. En fait, il est curieux dans la vie, j’adore travailler avec lui.

©ABC

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Vous êtes dans la série depuis plus de la moitié de sa vie, cela ne vous lasse pas ?

Pas du tout ! April a tellement changé que je n’ai pas le temps de m’ennuyer. En plus, la série évolue en permanence, avec des personnes qui vont et viennent. Donc je ne m’ennuie pas du tout.

Comment s’est passé le tournage de la dernière saison ?

C’était une saison difficile. J’étais réellement enceinte dans la scène où j’accouche. C’était intense, surtout quand le bébé d’April meurt dans mes bras. J’ai moi-même accouché dix heures après, que j’ai pu tenir cinq minutes dans mes bras avant qu’elle aille en soins intensifs pendant quelques jours. Jouer le traumatisme dans la série m’a préparée à toute éventualité pour la naissance de mon enfant.

Vous en aviez discuté avec Shonda de cette storyline comme vous étiez réellement enceinte ?

Quand j’ai découvert que j’allais être enceinte dans la saison, je ne l’étais pas encore, mais j’ai proposé la storyline du bébé. Elle m’a demandé si je voulais toujours continuer quand elle a appris que j’attendais un enfant. Oui, j’y tenais particulièrement.

Dans l’épisode 11 de la saison 11, c’est vous qui narrez l’épisode, comment était l’expérience ?

C’était un moment super. Je ne savais pas que j’allais le faire jusqu’à la lecture du script. Depuis le début, ça a toujours été la voix de Meredith, et avoir l’honneur de narrer l’épisode, j’ai pensé que je faisais vraiment partie de cette famille. j’étais plus la petite nouvelle. J’ai pleuré et sangloté pendant tout le tournage de l’épisode.

La religion est importante pour votre personnage, comment l’abordez-vous ?

Mon père est un pasteur. Je viens de ce monde. Quand ils ont décidé de faire d’April une chrétienne, Shonda m’a prise à part pour demander mon avis car j’ai vraiment vécu ces moments. C’est un privilège de participer à l’évolution de son propre personnage. Mes parents me soutiennent depuis le début, et mon père est toujours très fier.

Quel est le retour des docteurs sur la série ?

Tous ceux que je rencontre sont dépités car ça ne se passe pas du tout comme ça dans la vie. Notre équipe de consultants médicaux s’énerve parfois en disant que c’est ridicule, mais on le fait quand même. Beaucoup de choses sont véridiques, mais bien sûr, pour raconter une histoire, il faut qu’on change des points, nos consultants doivent choisir leurs batailles !

La série comporte des personnages féminins forts et le showrunner est une femme. Que pensez-vous de cette image ?

De plus en plus de filles veulent devenir chirurgienne depuis le début de la série. Grey’s Anatomy a inspiré de jeunes femmes, c’est sûr, et le travail de Shonda est considérable.

Et si Ellen Pompeo quittait la série, Grey’s Anatomy continuerait ?

La série est devenue autonome, elle ne dépend plus d’une personne mais d’un ensemble. La question s’est posée quand Sandra Oh est partie, quand Patrick Dempsey est parti aussi, et pourtant, on est toujours là.

(P.S. : on est bien loin d’Everwood !)