Sorti en 2008 avec une collaboration entre la BBC et PBS, la sortie de Tess d’Urberville en version originale sous-titrée le 28 septembre nous permet de revenir un instant sur cette adaptation d’un classique.

Ce n’était pas la première et ce sera loin d’être la dernière adaptation d’une œuvre de Thomas Hardy. La mini-série Tess of the d’Urbervilles présente des acteurs, peu connus encore à l’époque, dont les noms sont plus connus aujourd’hui. Condor Entertainment profite de la notoriété nouvelle d’Eddie Redmayne pour sortir la mini-série dans sa version française.

La mini-série : à noter qu’il ne s’agit pas de la première adaptation.
En tout cas, comme dans toutes les adaptations anglaises, l’époque et l’ambiance propres sont magnifiquement recréées, mais malheureusement, cela ne suffit pas. Comme dans toutes les œuvres de Thomas Hardy, on traite ici de clivages sociaux, de la recherche d’un idéal amoureux, le tout à l’époque victorienne en province. Ses ouvrages, on les étudie à l’école, il représente l’équivalent de notre Zola national. Et comme tout bon roman empreint de romanticisme réaliste, la fin est souvent violente et les moments de joie se comptent sur les doigts de la main.

©CondorEntertainment

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Forcément, on voit les champs du Dorset (oui, comme dans Loin de la foule déchaînée et la majorité des livres et des poèmes de l’auteur) à perte de vue, on a droit à une héroïne victimisée (Gemma Arterton), un héros qui n’a pas les moyens de la sauver (Eddie Redmayne) et un vilain un peu stéréotypé de cette période (Hans Matheson). Rien n’est à reprocher au couple d’amoureux, Arterton dégage cette pureté innée du personnage féminin le plus connu de chez Hardy et Redmayne a su capter la noblesse du sien, ni aux autres personnages, non, le blâme se porte plus sur l’adaptation. En soi, elle ne tombe pas dans la médiocrité, mais elle s’en sort mal un peu platement. Des scènes ajoutées, un drame social qui vire à la tragédie, on s’attendait à mieux de l’écrivain scénariste David Nicholls. Tout simplement, on n’a pas affaire à l’œuvre originale.

Quatre épisodes d’une heure durent un peu trop longtemps pour qu’on reste accroché tout du long à la mini-série bien que magnifique. Le format ne semble pas tout à fait adapté, on préférera les adaptations de Jane Austen en téléfilm.

Le DVD : Un making-of de 30 minutes  assez intéressant est le seul bonus du DVD qui est juste une réédition de la version anglaise. Ici, pas de choix, on ne peut le visionner qu’en version originale sous-titrée. Avouons-le, une œuvre anglaise sans l’accent posh ou encore campagnard, n’est plus un classique anglais. Le grain de l’image rappelle l’âge de la mini-série. Mais au moins, il existe pour 21,99€.

(P.S. : Ils étaient jeunes et innocents à l’époque, quand on voit leurs films actuels, leurs visages ont gagné en caractère.)