Retour sur le devant de la scène pour Agents of Shield ! Le programme du câble de Marvel Studios entame une troisième saison après deux chapitres de qualité. Et, comme on va le voir, on passe un niveau de plus dans le chaotique.

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Souvenez-vous : dans le final de la saison 2, c’était la guerre entre Shield, divisé en interne sur la question du traitement des Inhumains, dont Skye fait partie, mais parvenant à une unité fragile, contre les Inhumains eux-mêmes, ne voulant pas être sortis de leur cocon et comptant contaminer toute la planète de cristaux terrigènes. Ceux-ci perdaient, voyaient Jiaying ou même Gordon mourir, non sans que cela ne coûte un bras à Coulson. Pis, le Shield récupère un mystérieux monolithe fait de matière noire, instable dans sa forme, et une maladresse de Fitz entraîne l’absorption, par ce monolithe, de l’infortunée Jemma Simmons.

Désormais, l’éclatement des cristaux terrigènes s’est répandu à la surface du globe et on recense de plus en plus de cas de super-humains, dont Joey, un cas symbolique. May est en vacances, Jemma toujours portée disparue, Fitz fait tout pour la sortir de là, et Coulson, aidé de Daisy, Mack, Hunter et Bobbi tente de maintenir un semblant d’ordre, bras bionique à l’appui, alors qu’un autre groupe d’opérations, dirigé par la mystérieuse Rosalind, s’intéresse de près aux métahumains…

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La saison 1 commençait pépère avec les cas particuliers de métahumains, la saison 2 s’ouvrait sur un Shield en pleine reconstruction, et la saison 3 dépeint un Shield qui a disparu des écrans radars alors que les Inhumains commencent à se répandre ! Une chose est sûre, Agents of Shield se donne les moyens de son ambition : preuve en est du budget par épisode, avec le nombre de voitures fondues/détruites/explosées/whatever, la pyrotechnie ambiante, ainsi que les décors, et l’on ne peut s’empêcher de penser à Avengers, puisqu’au fond, Agents of Shield, c’est d’abord et avant tout une déclinaison du Marvel Cinematic Universe sur petit écran. Et puis parce que ce petit groupe style underground qui s’assemble pour sauver le monde tous les jours a des caractéristiques avengeriennes, se plaçant en variante et en contraste de l’équipe de super-héros, en tant qu’ils oeuvrent pour et en rapport avec les pouvoirs. On a le chef stratège habile au combat avec un bras reconstitué à la Luke Skywalker (Coulson), le gros bras de service avec ses armes mastocs (Mack), la pro de la criminalité rompue au corps-à-corps (Bobbi), le mercenaire prêt à tout (Hunter), l’Inhumaine de service (Daisy), le scientifique malin geek (Fitz)… L’équipe, marquée par tous les événements lui étant tombé sur la gueule depuis une dizaine de films en plus de leurs cas particuliers (cette saison reprend d’ailleurs juste après Avengers 2, auquel il est fait allusion), tente tant bien que mal de se structurer autour d’une base, et cette sensation, émanant notamment du personnage de Skye, devenue Daisy pour de bon, et qui était la figure identificatrice du spectateur, de ne faire plus qu’un avec cette équipe, ce sentiment d’être au coeur de leur intimité, est une des réussites de la série. La rage de Fitz, dévasté par la perte de Simmons et maintenant prêt à se tremper les mains dans le cambouis aussi profondément que nécessaire, les traits tirés, est frissonnante et se communique avec une force rare, tant il incarne parfaitement l’homme humain, aux désirs inexprimés, et l’homme introverti, celui qui se réfugie dans sa carapace Shield qui le rend imperméable à toutes tentatives d’incursion.

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Quant à l’épisode en lui-même, il reprend la trame laissée en plan en fin de saison 2, celle d’un Shield qui se bat pour pouvoir mener à bien sa mission initiale, c’est-à-dire préserver le monde des métahumains qui ne savent pas contrôler leurs pouvoirs, conséquences du conflit avec les Inhumains que la fine équipe va devoir gérer avec grande précaution. Plus le Shield tombe bas, et plus les problèmes s’accumulent : une bonne vieille recette, mais toujours menée à bien par la série, tant au moment de l’Hydra que celui des Inhumains. Ici, un nouveau palier est franchi, puisque de l’aveu même de Coulson, il a littéralement perdu son bras gauche et métaphoriquement perdu son bras droit (May, dite en vacances mais à la date de retour imprévue), tandis que Fitz est aux abois et que Bobbi doit faire le boulot à sa place. Et que dire du pouvoir, symbolique, du dénommé Joey, un citoyen lambda défini par ses nouvelles capacités et qui à cause d’eux va devoir changer d’identité sous peine d’être traqué par le petit peuple et la police ? Faisant fondre le métal aussi bien que sous leurs actions le Shield fait se désagréger toute structure, Joey est représentatif de ce qu’annonce la saison 3 : les pouvoirs, ca n’a rien de forcément génial, ca attire les ennuis, ca fait paniquer, et on ne sait jamais quelle personne mal intentionnée pourrait en profiter (remember Deathlok). Ce sera tout le propos, celui d’une multiplication des intérêts : alors qu’il peine à gérer ces affaires, Coulson voit une autre bande rivale débarquer avec d’autres intentions, mais il semble aussi qu’une tierce partie soit impliquée… Combinez cela au mystère du cliffhanger de fin, et vous aurez une saison qui s’annonce prometteuse ! La force d’Agents of Shield est celle de savoir se détacher de ses illustres aînés cinématographiques pour communiquer son propre pitch, sa propre histoire, et capitaliser dessus : en cela les Inhumains ont lancé une courbe qui si elle est bien traitée promet d’être passionnante ! On ne devrait pas s’ennuyer, d’autant plus que les cas May et Simmons (dont la présence n’est jamais aussi forte que quand elle est absente), avec aussi le cas du sort de Lincoln, ne sont pas encore résolus…

Un épisode de bonne qualité, dans la lignée de ce qu’a fait la série jusque là : quelques punchlines (toujours Mack, qui a pris l’habitude depuis le final de la saison 2), de l’action épique, et une remise en route vraiment dark et ambitieuse, où les enjeux et les personnages sont re-posés, qui ne sont pas pour nous déplaire. On espère que la série continuera sur cette lancée et sur la lignée des deux précédentes !