En 2005, c’était un jeune homme qui déboulait sur nos petits écrans couvert de tatouages. A l’occasion de cet anniversaire, et en l’attente d’une suite annoncée pour janvier, retour sur le pilote.

Le parcours : la série débute le 29 août 2005 sur la FOX. Elle connaitra 4 saisons assez inégales avant de tirer sa révérence en mai 2009.

Le Background : captivée dès sa première diffusion sur M6, j’ai vu toute la série à l’époque malgré un intérêt décroissant dès la fin de la seconde saison. Le personnage de Theodore Bagwell, interprété par un Robert Knepper au sommet de son art, explique largement ma patience.

Amenez-moi le pilote : La scène introductive de ce pilote est assez longue puisqu’on a l’occasion d’y voir toutes les étapes de mise en place du plan qui doit conduire le héros, Michael Scofield, dans la prison de Fox River. On commence donc par apprendre que celui-ci vient de finaliser un tatouage conséquent sur son corps, pour le suivre ensuite lors du braquage d’une banque qui le conduit devant le juge, face auquel il ne souhaite pas être défendu, pour enfin terminer par la case prison.

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Cette prémisse posée, la série peut alors débuter dans le décor qui fera son identité, grâce notamment à des vues aériennes et de rapides parcours au cœur de ses méandres, en guise de transitions. Alors qu’on avait entrevu les éléments d’un plan sur les murs de son appartement avant qu’il y mette le feu et attaque la banque, dès son arrivée en prison, cette préparation se manifeste. Sans perdre un seconde, le voilà déjà en train de repérer les détenus qui pourront lui être utiles, ainsi que les étapes à mettre en place pour la réalisation de son projet.

Quelques flashbacks et scènes extérieures suffisent à nous donner les dernières informations dont on pourrait avoir besoin pour le suivre à cent pour cent, à savoir le fait que son frère, Lincoln Burrows, condamné (à tort) à mort pour l’assassinat du frère de la vice-présidente, doit être exécuté un mois plus tard et qu’il a donc prévu rien de moins qu’une évasion. Ces moments sont aussi l’occasion de mettre en place un background familial et sentimental à ce lien fraternel puisqu’on y apprend à la fois que Lincoln a un fils qui file un mauvais coton, dont la mère est sur le point de se marier, et que l’avocate de Michael n’est autre que l’ex-petite amie du premier.

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A cette étape, nous en sommes pourtant à peine à la moitié de l’épisode puisque sur le temps qui lui reste, Michael va avoir l’occasion non seulement de rencontrer quelques pions indispensables à  son plan, comme la doctoresse, Sarah Tancredi, qui n’est autre que la fille du gouverneur, le mafieux lui autorisant l’accès aux heures de travail qui lui permettront d’entrer en contact avec son frère ou son compagnon de cellule, qu’il aide, comme ça en passant, à reconquérir sa fiancée, mais il va aussi avoir l’occasion de nous apprendre qu’il est en réalité un ingénieur civil génial grâce à sa rencontre avec le directeur de la prison, qui se trouve justement avoir besoin de ses services pour la réalisation d’une maquette.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce petit jeune homme a de la suite dans les idées et des journées bien chargées. L’exécution de Lincoln étant prévue en mai, ça tombe bien, nous pouvons déjà être sûr que chaque épisode jusqu’à cette échéance seront aussi chargés que le premier. On ne risque donc pas de s’ennuyer, ni d’ailleurs de se retrouver à cours d’idée. Notre petit génie au grand cœur s’occupe de tout !

Excellent exemple de que l’on nomme une série High Concept, le pilote de Prison Break se révèle donc particulièrement dense et efficace. Promettant une mécanique bien huilée et addictive, la série n’en oublie pas pour autant d’introduire des personnages facilement reconnaissables et immédiatement intéressants, même s’il n’est pas encore question de T-Bag dans ce premier épisode.

Prison Break

Seul gros défaut, incontournable quand on privilégie autant l’efficacité, l’univers moral qui nous est proposé ici se révèle d’emblée très manichéen. Pas question d’ailleurs de laisser planer un peu le doute sur la culpabilité de Burrows puisque la terrible machination qui l’a conduit dans le couloir de la mort continue à faire des victimes en parallèle. Si le héros, et, à ce stade on s’en doute également, son frère et son voisin de cellule, éveillent ainsi immédiatement notre empathie, ce sera probablement au dépend d’une dimension plus vraisemblable, ainsi que d’un questionnement éthique sur un utilitarisme pas toujours assumé, comme le montre déjà le marché conclu avec Abruzzi afin d’accéder au travail pénitentiaire.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Prison Break mise à fond sur le divertissement et montre toutes ses cartes d’entrée de jeu. La promesse est claire : pas de prise de tête, pas de complexe. On a un objectif et on s’y tiendra. Rendez-vous en fin de saison. En attendant, amusez-vous bien