Le dernier roman d’Eric-Emmanuel Schmitt est sorti au début du mois de septembre aux éditons Albin Michel. Un témoignage très personnel qui touche aux thèmes du voyage et de la découverte de soi.

Eric-Emmanuel Schmitt a 28 lorsqu’il entreprend un trek dans le désert. Jeune docteur en philosophie, il part alors sur les traces de Charles de Foucault en vue de l’écriture d’un scénario. Exalté par ce voyage hors normes, il fait la connaissance de gens aussi passionnés que passionnants. Parmi eux, Ségolène, fervente catholique avec qui il partagera des discussions animées et riches sur l’existence de Dieu.

JAQ_RL_130x200Mais un soir, il se perd dans le désert. Il regarde alors le soleil se coucher avec cette certitude : s’il ne retrouve pas très rapidement le campement, il mourra. Les nuits sont aussi glaciales que les journées sont chaudes, il n’a ni eau ni vêtements chauds ; il se donne trois jours, tout au plus. Terrorisé, il imagine l’agonie de ses dernières heures. Cette nuit-là, il fait pourtant une expérience très particulière, une Présence qui se manifeste et l’emplit d’une joie et d’une chaleur intense. Un grand feu mystique, qu’il finit par nommer Dieu car après tout, pourquoi pas ? A partir de cet instant, tout change pour le jeune homme.

« Ma conception du voyage avait changé : la destination importe moins que l’abandon. Partir, ce n’est pas chercher, c’est tout quitter, proches, voisins, habitudes, désirs, opinions, soi-même. Partir n’a d’autre but que de se livrer à l’inconnu, à l’imprévu, à l’infinité des possibles, voire même à l’impossible. Partir consiste à perdre ses repères, la maîtrise, l’illusion de savoir et à creuse en soi une disposition hospitalière qui permet à l’exceptionnel de surgir. Le véritable voyageur reste sans bagage et sans but. »

Pour cette rentrée littéraire, Eric-Emmanuel Schmitt nous propose un format inédit. Après s’être essayé avec un succès constant depuis ses débuts, au théâtre, au roman, à la nouvelle ou à l’essai, l’auteur d’Oscar et la Dame Rose s’est lancé cette fois dans un texte très personnel. Mêlant autobiographie et réflexion philosophique, La nuit de feu raconte son expérience de Dieu. A travers un récit intime et vivant, Schmitt témoigne sans chercher à convaincre. On ne peut qu’être interpelé par la justesse du style, la sincérité du récit, l’intérêt des réflexions que l’auteur veut bien partager avec son lecteur, le talent de l’écrivain, l’humilité de l’homme.

« Chaque voyageur répond à l’appel évasif du souci qui le ronge. »

En partenariat avec le blog d’Audrey Chèvrefeuille