How I Met Your Mother, le non-officiel successeur de Friends dans notre monde moderne, a eu 10 ans le 19 septembre dernier ! Alors que la série vient de s’achever, retour sur le pilote d’un vrai phénomène générationnel

La série : How I Met Your Mother

Le parcours : Pilote diffusé le 19 septembre 2005 sur CBS. 9 saisons, 208 épisodes

Le résumé : Ainsi que le titre l’énonce, la série raconte comment Ted Mosby a rencontré sa femme, mère de ses enfants. La série débute en 2030 où il démarre son récit, lequel commence en 2005, entre sorties au bar avec Marshall et Lily qui eux comptent se marier, et confidences plus ou moins éhontées avec Barney Stinson, le lover du coin, jamais avare de bons conseils…

Le background : Hormis quelques épisodes en désordre, je n’ai jamais sérieusement regardé How I Met Your Mother

Amenez-moi le pilote : Le pilote montre la première rencontre de Ted, avec Robin (qu’il appelle Tante Robin à la fin de l’épisode, sans toutefois que cela n’ait d’incidence sur l’identité de la mother, les personnages s’appelant tous oncles et tantes durant la série, la mère n’est donc pas, et ce serait trop simple, la soeur de Robin ou même Robin elle-même), et de là démarrent toutes ses aventures, plus rocambolesques les unes que les autres. Un pilote tout à fait idéal pour lancer ce que sera la série neuf saisons durant : un grand huit ultrarapide où les relations et punchlines de Barney Stinson se feront concurrence. Le rythme est effréné, dénominateur commun à ces sitcoms américaines excédant rarement les 20min, et c’est tant mieux pour le fun, puisque c’est sur un enchaînement de situations, imbriquées les unes dans les autres, que repose la série (un des détails la différenciant de Friends notamment). La voix du narrateur est présente comme une espèce de dieu (sans compter que raconter une dizaine d’années de mémoire, faut le faire), sans qu’elle ne soit toutefois envahissante pour le spectateur, et c’est justement ce double entre le Ted narrateur, racontant dans le moindre détail toutes ses péripéties à ses gosses (ou comment draguer en plaçant « pénis de Schtroumpf » dans un rendez-vous galant) et le Ted personnage, élément de la série qu’on a toujours dans un petit coin de la tête, qui donne à la série son charme, sans compter bien sûr l’identification aisée au personnage de Ted, ce loser magnifique qu’on adore à première vue.

HOW I MET YOUR MOTHER

Ce pilote tourne autour du thème principal, majeur de la série, à savoir comment rencontrer l’amour, comment forcer le destin, par quelles techniques et quelles punchlines… En ce sens, un personnage ressort bien sûr du lot, la coqueluche de la série : Barney Stinson. Incarné par l’irrésistible Neil Patrick Harris, il est un moulin à paroles ambulant, distributeurs de conseils tous aussi farfelus les uns que les autres, un peu pervers sur les bords, un schouïa narcissique, et un zeste obsessionnel sur les costumes. Mais son premier running gag, dont Ted fait les frais (« Have you met Ted ? », référence au titre de la série, inversé, pour renforcer le comique de quiproquo) est hilarant, et toujours subtilement placé dans l’épisode. Surtout, la série prend bien garde à ne pas faire tomber les personnages dans une sorte de cliché de séries romantiques réchauffées : Ted va forcément se prendre tous les murs possibles avant d’enfin arriver à son objectif. La femme est placée en position supérieure, avec les hommes bavant à leurs pieds et faisant des pieds et des mains pour les atteindre. Entre Lily qui humilie son nouveau fiancé (qui vient de lui envoyer un bouchon de champagne dans l’oeil) en parlant de ses performances sexuelles de « chochotte » au chauffeur de taxi bangladais (nouvel élément marginal et lambda, chantre d’une séduction absente en rupture avec les autres personnages dans la performance, se retrouvant à boire un coup avec la petite bande après avoir assisté à toutes les péripéties) et Robin (coucou Cobie « Maria Hill » Smulders) qui ne sait pas franchement ce qu’elle veut entre ses copines en rogne contre les hommes et Ted qu’elle laisse la séduire, les hommes sont mis à mal. Et c’est d’ailleurs cette histoire de perte, de récupération, de tendresse et de dispute, qui se voit contée ici et qui se retrouvera dans la suite de la série, l’affaire tournant autour de qui a couché avec qui, dans quel ordre et quelle configuration, pour arriver à la situation de 2030. Dans ce pilote, fière de son ambition, la série dézingue le « je t’aime du premier soir » comme pour dire « ce ne sera pas aussi facile ».

Drôle, efficace, qui ne fait absolument pas ses dix ans, ce pilote de How I Met Your Mother se regarde avec un plaisir certain et une espièglerie à n’en pas douter. Pour ceux qui ont moins aimé le final de la série, il reste toujours 8 saisons à revoir pour se replonger dans la nostalgie.