Gotham is back ! La série de la FOX, qui s’inspire des illustrés de DC Comics, revient avec sa saison 2 (et un pilote qui a fuité). Les cartes sont rebattues, les personnages marqués, l’ordre changé. Retour sur le premier épisode.

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL DE LA SAISON 1

Rappelez vous : à la fin de la saison 1, le Pingouin s’était auto-proclamé « King of Gotham » après avoir poussé Fish Mooney du haut des murailles de la ville. Celle-ci avait d’ailleurs tué Salvatore Maroni d’une balle dans la tête car il ne la respectait pas. Selina Kyle, qui s’était rangé sous sa coupe (sans mauvais jeu de mots), est devenue un sbire du Pingouin. Dans le même temps, Jim Gordon a dû faire beaucoup de compromis, notamment laisser Falcone se retirer tranquillement et éviter la mort au Pingouin, les deux étant tout en haut de la liste de Fish et Maroni. Enfin, Ed Nygma commence à devenir sérieusement schizophrène après avoir tué le copain de Miss Kringle, Barbara tente sans succès d’étrangler Lee, tandis que Bruce, devenu obsessionnel, découvre une cave secrète autrefois tenue par son père…

Un mois plus tard, Jim Gordon est devenu un pauvre officier de circulation, qui s’emmerde dans sa vie, et qui pour avoir été brusque envers son gros lard de coéquipier se fait virer de la police. Bullock lui a démissionné et est devenu un barman sobre (no joke). Barbara a rejoint Jerome et tous les tarés à Arkham, Ed fait face à ses démons, et le Pingouin assure la succession de Falcone et Maroni…

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Si Gotham continue sur le rythme imprimé par ce pilote, la saison 2 s’annonce véritablement passionnante. Elle se paie même le luxe dans ce premier épisode de se faire sa propre remise à plat, telle une série de comics reprenant le personnage-phare pour de nouvelles aventures. Fidèle à ses principes établis en saison 1, à savoir une ville monstrueuse où des personnages y survivent tant bien que mal, Jim Gordon en tête, cet épisode opère également une refonte tant scénaristique qu’esthétique, un lifting qui annonce une couleur bien plus sombre pour ce second opus. La ville, l’atmosphère, l’ambiance, tout cela est crade, sale, corrupteur, voire même abrutissant, au vu de la tronche d’un Jim Gordon qui perd un peu de son âme à chaque plan, symbole d’une ville qui vous happe, vous tord dans tous les sens, et surtout ne vous lâche pas. Quand on croit en avoir fini, ca repart de plus belle, voilà en substance le message lâché par l’épisode : on ne peut pas en partir, parce que la ville exerce à fond son influence, on retarde alors notre départ, et on finit par commettre l’irréparable qui nous coince pour de bon dans cette ville. Jamais Gordon n’a été aussi loin de quitter Gotham, comme le lui demande Lee (ce qui va très sûrement mettre leur couple à rude épreuve vu la conversation qu’il lui offre), et s’y enchaîne même. Le nouvel ordre, les morts, la redistribution des rôles a plus que jamais noirci la suie qui entoure cette ville, et définitivement, les mauvaises solutions sont aussi les moins pires, un paradoxe qui semble irréversible.

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Cela pour la forme, mais pour le fond, on devrait, et cela en se fiant aux dires des acteurs cet été, avoir droit à un nouvel ordre des choses également. Ce premier épisode fait l’état des lieux sur l’état d’esprit de personnages qui ont bien changé : Bullock a démissionné et est devenu barman sobre (non, vraiment, no joke), Gordon, autrefois plein de détermination, est devenu un robot dépressif, Barbara Kean se rapproche de plus en plus d’Harley Quinn dans le caractère (et il y a probablement de l’inspiration là-dedans), Bruce commence à prendre de l’assurance au point de dire à Gordon ce qu’il a à faire, Nygma fait sa crise existentielle… Seul le Pingouin, flanqué de Victor Zsasz, semble être toujours le même, en pleine jouissance morbide et macabre. La situation n’est plus, ne pourra plus être exactement la même. Gordon, libéré de son carcan de justice et de règles qu’il s’était imposé, s’était largement fêlé en fin de saison 1, et on le voit totalement brisé en même temps qu’il est viré du GCPD : il n’hésite pas une seconde à faire appel au Pingouin, et n’hésite qu’à peine plus à bosser pour lui, car lui-même admet qu’il faudra « plier la loi ». Même dans son style vestimentaire très sombre, et sa manière de boire comme un trou, on sait que Gordon a profondément changé. Bruce, quant à lui, n’a plus non plus le temps de faire les choses dans les règles, décidant de forcer les secrets de son père à coups de bombes plutôt que de patience pour déchiffrer un code, au grand dam d’Alfred qui voit bien que son protégé lui échappe quelque peu. Et Barbara Kean, en prison, est elle totalement décomplexée. Après, il faudra plus d’un épisode pour voir si on préfère cette version à l’insupportable précédente…

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Irrévérencieuse, la série l’est. Notamment par rapport aux comics, ce qui en avait fait bondir plus d’un. Le désormais fameux Zaaron, espèce de bouffon de foire au costume ressemblant étrangement à ceux portés par les membres de la cour des hiboux, l’un des plus célèbres comics Batman, est ici l’élément comique pour introduire directement le nouvel antagoniste, histoire de rythmer la saison. C’est aussi par là que Gotham a changé : à l’image de ses personnages, et suivant les déclarations de ses acteurs principaux, Ben McKenzie en tête, la série s’est elle libérée du modèle contraignant dit du « cas par semaine », qui sinon hachait du moins découpait trop le tempo de la saison 1. Avec les ambitions affichées par ce premier épisode, la saison 2 devrait faire opérer bon nombre de zigs-zags à un Jim qui n’a jamais eu autant de repères dans la ville, mais qui en même temps n’en a jamais eu aussi peu. Jim Gordon, interprété par un McKenzie en pleine possession de ses moyens, va être le fer de lance de ce qui devrait être un topo bien plus ténébreux, sans peur et sans reproches, qui devrait voir méchants et antihéros être étroitement liés…

Un retour donc séduisant pour la saison 2 de Gotham. On ne souhaite que cela par la suite !