Le roman épistolaire dispose de beaux jours devant lui. Parfait en temps de déprime, Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles vous redonnera le sourire.

Depuis que son mari a été appelé à rejoindre les forces alliées pour combattre en Europe, Glory Whitehall s’ennuie. Enceinte, seule avec son fils de deux ans dans sa grande demeure du Massachusetts, la pétillante jeune femme cherche une amie a qui parler. A des centaines de kilomètres de là, en Iowa, Rita Vincenzo s’interroge : comment joindre les deux bouts dans un pays rationne ? Comment réconforter la douce Roylene, la fiancée de son fils parti pour le front ? Et, surtout, avec qui partager les angoisses et les joies du quotidien ? Puis un jour, Rita reçoit une lettre d’une inconnue nommée Glory, comme elle, épouse de soldat…

recettesTout comme Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, Petites recettes de bonheur pour les temps difficiles retrouve un écho dans la guerre. Dans la correspondance entre Glory et Rita, si l’une représente la jeunesse et les erreurs de spontanéité, l’autre incarne la sagesse et le recul. Les conseils, les petites recettes qu’elles vont s’échanger. Le malheur rapproche et solidarise les gens et pendant un court instant, on se sent partie intégrante de la famille qu’elles ont su créer. Ce roman, c’est un peu l’ancêtre d’Army Wives avant qu’internet existe. Qui d’autre de mieux qu’une femme de soldat pour comprendre la solitude d’une autre épouse de soldat ? Et cela, qu’importe le fossé générationnel qui les sépare.

Très touchant, même si le début s’installe un peu lentement avec un ton beaucoup plus badin, la suite se dirige résolument vers des thèmes plus intéressants si ce n’est sérieux. Le style fluide des lettres se lit très agréablement, comme si une vieille amie avait écrit… Beaucoup d’émotions mais un peu décousu par moment.

Pour l’anecdote, tout comme les deux héroïnes, Suzanna Hayes et Loretta Nyhan ne se sont jamais vues avant la publication de leur roman. Elles ont décidé de collaborer sur cet ouvrage à partir du blog de Hayes à la base, et il faut avouer que l’idée était osée et originale.

(P.S. : malgré un point de vue féminin, la vision de la guerre de ces femmes et celle vue dans Mémoires de jeunesse n’est pas si similaire…)