Aloha est sorti dans l’indifférence la plus totale il y a quelques mois outre-Atlantique, sans annonce de sortie française.

Si Aloha ne vous dit rien, vu le désert promotionnel autour du dernier long-métrage de Cameron Crowe, ne vous étonnez pas. Pourtant le casting paraissait bien alléchant, Bradley Cooper, Emma Stone, Rachel McAdams, Bill Murray, John Krasinski pour ne nommer qu’eux… Après Nouveau Départ, Cameron Crowe reprend le sujet de la seconde chance, cette fois-ci sur l’île d’Hawaï. Comme quoi, le nom d’un réalisateur ne veut plus rien dire. Alors qu’il nous habituait aux drames poignants à la Almost Famous ou aux tranches de vies à la Rencontre à Elizabethtown qui déjà ne resplendissait pas, depuis quelques années, Cameron Crowe ne se ressemble plus. En espérant que sa nouvelle comédie Roadies (avec Rafe Spall, Imogen Poots, Carla Gugino) commandée par Showtime lui fasse remonter la pente, revenons sur Aloha (titré Welcome Back en VF), qui récolte un direct-to-DVD prévu pour janvier 2016. Certes, blâmer l’échec du film sur le piratage de Sony semble bien facile, mais reconnaissons-le, le film n’aide en rien.

Un militaire de renom retourne sur les terres où il a connu les plus grands succès de sa carrière. Alors qu’il renoue des liens avec un amour de jeunesse, il tombe contre toute attente sous le charme d’une militaire de l’Air Force qu’on lui a assigné.

©Sony

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Aloha signifie en hawaïen paix, affection, amour, bref, un bon sentiment. On se doute donc que le message que veut exprimer le réalisateur-scénariste rentre dans la catégorie des apologies, ce que Cameron Crowe a déclaré lui-même lors de la première projection. Malheureusement, la bonne volonté ne suffit pas et même The Descendants faisait u portrait plus élogieux de l’île. Les acteurs et le réalisateur demeurent convaincants, là n’est pas le problème, mais difficile de faire mieux qu’on n’a rien sous la dent. Non, le problème se situe dans les lignes de dialogue et la narration. Passons les critiques qui accusent le film d’être raciste car il échoue à présenter l’ethnicité authentique dans ce paysage hawaïen (ce qui est compréhensible, sachant qu’Emma Stone est censée jouer un personnage métisse, 1/4 Chinoise, 1/4 Hawaïenne, 1/2 Suédoise, riez…).

Ensuite, l’histoire elle-même atteint des sommets de platitude. Si Nouveau départ sortait quelques répliques moralisatrices, elles insufflaient au moins un espoir et un aspect gentillet appréciable. Dans Aloha, on se surprend à soupirer devant autant de convenances inintéressantes. En fait, on pourrait se dire, ce n’est pas grave si ce n’est pas un drame humain, il peut se contenter d’être une comédie romantique amusante, on a le triangle amoureux, le héros grand enfant, son ex-copine mariée dont les sentiments vont refaire surface, la fille qui va le faire s’engager dans une véritable relation… Oui, seulement si ce n’était pas aussi évident et si le couple ne manquait pas cruellement d’alchimie. Franchement, il y a plus de chaleur humaine en Antarctique…

(P.S. : La scène finale entre Cooper et Krasinski a réussi à me tirer un seul sourire, le reste est dépitant.)