Retraçant les débuts de l’aventure spatiale américaine à travers le regard des épouses des astronautes, The Astronaut Wives Club s’est clôturé fin août sur ABC.

Si la série s’est achevée, comme elle avait démarré, à savoir sur un mode mineur, parée d’un charme désuet, elle a fait le job, sans vague ni grandes ambitions. On ne s’ennuie pas vraiment mais on ronronne dans une ambiance feutrée au sein de laquelle même les évènements les plus graves en deviennent plus doux qu’amers.

Si la série fonctionne et parvient à maintenir un minimum notre intérêt, c’est clairement grâce à une distribution qui tient la route et rend chacun de ses personnages attachant. Jamais on ne va creuser beaucoup plus loin que la surface glacée des magazines dans The Astronaut Wives Club mais cela est rendu avec une telle élégance qu’on ne peut véritablement leur en vouloir. Elles sont toutes si belles et si gentilles !

ABC

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A chacune sa spécificité, assez stéréotypée, ses difficultés de couples, et l’Histoire est observée par le petit bout de la lorgnette. Si la série est clairement hagiologique pour les héros américains que représentent leurs maris, elle se veut tout aussi emphatique sur le rôle exemplaire qu’ont joué ces femmes dont la vie privée fut déterminée et scrutée dans un seul objectif : le succès des missions spatiales et de leur communication auprès du public.

On sent donc clairement une volonté, à travers ces portraits et ces parcours de femmes, de mettre à l’honneur un point de vue, si ce n’est féministe, au moins féminin. Dommage que le propos, policé à l’extrême, ne permette jamais vraiment de dépasser la revendication caricaturale d’être un peu plus qu’une bobonne à la maison. Pas de quoi ébranler l’ordre social traditionnel.

ABC

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Sous des abords doux et légers, c’est donc avec une indigestion que l’on ressort de The Astronaut Wives Club tant tout y dégouline de sucre et de bons sentiments. Jamais le classicisme de la série ne rend hommage à la véracité des faits qu’elle est censée représenter et, si rien de consistant ne donne véritablement matière à s’énerver, c’est que tout y est lisse et vu sous l’angle le plus consensuel possible.