A l’occasion de sa diffusion française sur Canal+ à partir du jeudi 3 septembre dès 22h20, petit retour sur le pilot d’American Crime, mini-série de 11 épisodes de la chaîne ABC.

L’histoire se déroule à Modesto, une ville comme les autres de Californie. Un couple vient d’être violemment agressé à leur domicile, le mari, vétéran de guerre se retrouve mort sur le coup, et sa femme finit dans le coma à l’hôpital. Qui est le coupable ? Quelles raisons l’ont poussé à agir ? Que cherchait-il ? L’enquête qui s’ouvre promet d’être longue et fastidieuse…

Les personnages qui participent à l’intrigue sont présentés un à un, dans leur quotidien, avant que l’affaire du meurtre ne les rattrape et que les histoires de chacun viennent s’imbriquer dans les autres. D’un côté les parents divorcés du défunt, le père étant alcoolique et la mère farouche défenderesse de son fils parfait à ses yeux tandis que son cadet vit dans l’ombre. De l’autre, les parents de la femme très comme il faut, un peu faibles et influençables, qui ne savent pas très bien comment réagir face à la situation. Contre eux, viennent s’ajouter les suspects, le fils d’une famille mexicaine, un dealer de drogue, un camé Afro-Américain et sa copine… Le meurtre pourrait sortir des faits divers que personne ne cillerait, oui, ça arrive tous les jours. On s’attache non seulement aux principaux intéressés de l’histoire, mais également à leur entourage propre qui malgré eux, se retrouvent lier à l’enquête. Les liens familiaux apparaissent plus forts dans la mort.

La dimension sociale n’échappera à personne, la victime étant le caucasien par excellence tandis que les divers suspects appartiennent aux ethnies minoritaires. Thème cher au créateur de la série, John Ridley, puisque dans ses crédit son peut y trouver le script de 12 Years a Slave ou encore le prochain Ben-Hur, American Crime pointe du doigt le racisme latent de la société. Par moment, la série prend des airs de True Detective dans le traitement de l’enquête et son rythme, et surtout dans cette ambiance quasi noire. Les enjeux pèsent lourd, mais le pilot traîne malgré tout en longueur. L’exposition explique beaucoup trop de choses, et l’affaire devient difficile à suivre.

©ABC

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Certains personnages prennent rapidement le dessus, dont bien entendu, la Barbara de Felicity Huffman (à des lieux de Desperate Housewives). Obstinée, aveuglée par la vengeance de son fils, elle a choisi son angle d’attaque, raconter le plus possible ce qui est arrivé pour obtenir l’empathie des gens et punir le coupable. Car très vite, on se rend compte que le coincer ne lui suffit pas. Bien sûr, son ex-mari interprété par Timothy Hutton (de retour sur petit écran après Leverage) veut aussi une certaine justice, mais à quel prix ? On sent que la réalité de la faute va s’inverser, car personne n’est aussi blanc qu’il ne le croit…

(P.S. : Je suis plus attirée par la nouvelle série American Crime Story de Ryan Murphy qui reprend les grandes affaires américaines plutôt que celle-ci… Murphy a au moins le sens du drame.)