Digitale est le premier tome d’une saga écrite par Sarah Wagon, jeune auteure française. Il sort aujourd’hui chez Pocket Jeunesse. Digitale nous emmène dans un univers technologique où les sentiments sont contrôlés par une puce implantée dans la nuque des Humains. Jade, 20 ans, travaille à rétablir les connexions entre les puces et les personnes déficientes. Jusqu’au jour où elle rencontre Sascha et que sa propre puce disjoncte. Elle sera alors reconnectée à ses émotions…

Cela fait plaisir de voir une auteure française se lancer dans l’écriture d’une dystopie. Avec Digitale, Sarah Wagon nous emmène dans un univers très bien créé et très bien décrit. Alors que les pays entrent en guerre, l’un d’entre eux décide d’implanter des puces électroniques dans le corps des ennemis capturés afin de pouvoir les contrôler. Les ennemis, devenus simples pantins, peuvent se retourner contre les leurs. Cette avancée technologique est tout d’abord considérée comme inhumaine mais, bientôt, tout le monde se voit attribuer une puce afin d’éradiquer toute violence.

Dans Digitale, les Hommes vivent donc avec un programme dans la tête qui les aide à vivre sainement : ils ne mangent que ce dont leur organisme a besoin, ils dorment le nombre d’heure dont ils ont besoin, toute émotion négative est supprimée, etc… Néanmoins, cette puce ne fonctionne pas sur une partie de la population. Certains, appelés les déficients, font griller leur programme grâce à leur volonté.

Digitale-Sarah-Wagon-PKJJade Stone travaille à reconnecter les puces aux cerveaux des déficients. Un jour, elle va rencontrer Sacha Fleery, un jeune homme sur qui les puces ne fonctionnent pas longtemps. Le garçon va la bouleverser et sa puce va disjoncter. Jade sera alors assaillie par ses émotions et l’une prendra le pas sur les autres : la révolte.

Si l’histoire en elle-même est bonne, on ne peut nier que cela ressemble beaucoup trop à ce que l’on a déjà lu.  Digitale est un mélange entre Divergente, Partials et Le Passeur. Rien de nouveau donc si ce n’est cette fameuse puce et le rythme de la narration. En effet, le lecteur n’aura pas le temps de s’ennuyer. L’histoire de Jade et Sacha avance à toute allure et ce n’est franchement pas pour me déplaire. J’apprécie le fait qu’il n’y ait aucune fioriture qui vient gâcher le roman. Dans beaucoup de livres, le lecteur passe par un moment où le rythme devient très lent à cause de descriptions qui prennent des paragraphes entiers. Je ne suis absolument pas fan de cette lubie d’auteurs alors, pour moi, l’écriture de Sarah Wagon est comme une bouffée d’air frais.

L’action et le suspense sont au rendez-vous et, dans Digitale, on apprend à se méfier de tout le monde. Impossible de faire totalement confiance à Sacha tant ces actions peuvent paraître suspectes par moment. Il en va de même pour Jade. Bien que ce soit ce personnage qui nous raconte l’histoire, on comprend qu’elle peut à tout moment et malgré elle redevenir cette personne froide contrôlée par un programme. Une course-poursuite haletante qui, malgré les nombreuses ressemblances avec d’autres romans, rendra le lecteur accro. Impossible de lâcher Digitale des mains tellement l’histoire est prenante. J’ai hâte de connaître la suite et de comprendre un peu mieux comment Jade en est arrivée là…

« Je me réveille en sursaut, secouée de nausées. L’odeur de l’homme en blanc m’envahit toujours les narines. J’ai encore rêvée de choses troubles dont je ne devrais pas me souvenir… Prise d’angoisse, je me roule en boule. L’instant d’après, je suis plus calme. Mon programme me ilote à nouveau. Alors mes muscles se détendent, mon pouls ralentit, et je me rendors. Ça n’était qu’une affreuse réminiscence. »