Présenté lors du Champs Elysées Film Festival, The Road Within est un remake d’un film allemand, Vincent, ses amis et sa mère.

Porté par un pitch plutôt fort, le remake américain ajoute sa touche glamour avec trois acteurs au capital sympathie énorme: Robert Sheenan (Misfits), Dev Patel (Skins, Slumdog Millionnaire) et Zoé Kravitz (Divergente).

Vincent a le syndrome de Tourette. Sa maladie l’handicape quotidiennement de manière assez forte. Au décès de sa mère, son père le met en institut. Il rencontre son compagnon de chambre, Alex, bourré de TOCs. Contact, propreté, Alex ne laisse rien passer. Dans le centre, il est aussi accueilli par Marie, anorexique.

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Le pitch peut s’avérer bourré de pathos mais c’est sans compter sur une bonne dose d’humour que The Road Within arrive à toucher là où ça fait mal. Et du bien. Il est toujours difficile de ne pas se retenir de réagir face au syndrome de Tourette. Ally Mcbeal l’avait géré de façon tragi-comique avec brio. Ici, Vincent est grossier à outrance, gère très mal ses crises et a bien du mal à se faire accepter par Alex. Dans une certaine cohérence, il aurait été impensable de voir un TOCé avec un Tourette dans une même chambre, me trompé-je ?

The Road Within propose aussi le regard du père (Robert Patrick, un peu trop dans le surjeu) sur son fils. Il accompagnera le Docteur Rose (Kyra Sedgwick) lorsque les trois jeunes vont s’enfuir avec sa voiture pour rejoindre l’océan. La partie road trip est évidemment la partie la plus intéressante. Les trois personnages se retrouvent livrés à eux-mêmes, loin de la médication et des règles surimposées de l’hôpital. La maladie n’est plus une barrière, une différence mais un point commun. Dans ce voyage quasi initiatique, Vincent, Alex et Marie surmonteront leur maladie avec humour et détachement. Il n’est pas rare de trouver que l’aventure tourne à vide mais les personnages sont si attachants et les moments de comédie si frais que l’on prend un réel plaisir à les suivre. Porté par le deuil de sa mère, Vincent est une figure très tragique. Pourtant, le film passe outre ce deuil pour parler du rôle de modèle dans l’éducation. Le père a échoué, le docteur échouera et la figure de la mère, restée immortalisée sur une photo, reste le point d’ancrage de la vie de Vincent. Par un choix malheureux, le film n’arrivera jamais à aller plus loin et la conclusion passera outre des points de caractérisation importants. Ce MacGuffin* qu’est la boite renfermant les cendres de sa mère est même maladroitement employé dans une scène entre Alex et Vincent qui n’a même aucune incidence sur ce dernier. Etrange.

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Porté par une bande son plutôt sympathique, The Road Within pêche aussi par une intrigue secondaire bancale. Les scènes entre le père et le docteur sont protées par des dialogues pauvres et des situations inintéressantes. Le fond est d’autant plus intéressant qu’il met en exergue la relation père/fils et les difficultés de se projeter dans un enfant à problème, loin d’être la réussite que veut tout père. Par moments, Robert Patrick arrive à donner de l’émotion dans son rôle, lui qui a le regard le plus triste du cinéma.

Thje Road Within est une film qui es suffisament original pour apporter fraîcheur et sourires avec une histoire qui a tout du drame humain. Rempli d’espoir, de conviction et de sincérité, The Road Within est un Feel Good Movie (sic) porté par un trio d’acteurs formidable.

*un MacGuffin est un objet sans grande importante pour l’intrigue mais qui symbolise la motivation d’un personnage comme le collier de Rose dans Titanic.