Love & Mercy, le biopic de l’auteur-compositeur des Beach Boys n’a pas encore quitté nos écrans et vaut le détour.

Généralement, les biopics se font quand la célébrité en question a déjà trépassé. Le sujet de Love & Mercy porte sur Brian Wilson, qui tient encore la forme du haut de ses 76 ans. Si le nom vous semble vaguement familier, c’est que vous avez dû entendre le scandale l’entourant à la fin des années 90. Ce qui est certain, c’est que vous connaissez ses chansons. De Surfin’ USA à Wouldn’t It Be Nice, le film révèle la vie de l’un des membres du groupe mythique des Beach Boys.

©RiverRoad

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Le film s’ouvre sur l’oreille d’un Brian jeune, sans son si ce n’est celui d’un bruit sourd en fond, avant d’entamer l’air de Surfin’ USA, avec la vue d’une Californie chaude et colorée. Bill Polhad, le réalisateur, choisit de briser la contrainte chronologique et emploie Paul Dano et John Cusack pour interpréter le chanteur pendant deux périodes de sa vie, l’une en pleine ascension et composition de Pet Sounds (considéré rétrospectivement comme l’un des meilleurs albums de tous les temps), l’autre, à la fin de son règne rongé par la maladie mentale et torturé psychologiquement. Tous les deux très justes et se prêtant au jeu d’un mimétisme sans défaut, Dano cerne le début de la folie de Wilson comme il a déjà su si bien le faire dans There Will Be Blood. Son manque d’estime de soi trouve son origine dans ses relations complexes avec son père, et sa sensibilité musicale l’aide à s’échapper de cet étau. Le film propose également une vision de son processus créatif et utilise les hallucinations auditives du musicien pour expliquer son inspiration.
Passée cette période, le Wilson de Cusack retombe en enfance et subit l’oppression du Dr Landy (Paul Giamatti, effrayant). Complètement à sa merci, sa souffrance transparait jusque dans son regard. Aux côtés de Cusack, on retrouve Elizabeth Banks, très sensible et enfin dans un rôle capable, qui aide Wilson à retrouver petit à petit sa liberté. Cet aspect-là jongle très bien entre ce qu’on sait réellement de la vie du chanteur et l’ajout fictif du film. Cette rédemption diffère énormément de celles vues dans d’autres biopics comme Walk The Line ou encore Control, sa descente dans le côté obscur de la force ne parait pas aussi violente. En tout cas, tous ces musiciens dépressifs se font sauver par leur grand amour… Il faut peut-être y voir quelque chose !

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Love & Mercy reflète avec émotion la victime de la schizophrénie, l’arrivée des voix, la chute dans la dépendance, la fin fatale mais pas définitive. Décrit comme un génie de la musique et créateur du son californien, Brian Wilson n’a pas eu une vie toute rose. Comme le rappelle incessamment le film, le père des frères Wilson frappait encore ses progénitures, jusqu’à avoir rendu sourd de l’oreille droite son fils aîné. Un virtuose, et accablé de la malédiction des élus, il se sent seul et incompris.
De fait, le film porte un bel hommage à Brian Wilson, déjà par son titre qui reprend l’un des titres de son album solo sorti en 1988, mais aussi par les images des crédits.

(P.S. : Le seul reproche que je pourrais faire, c’est le manque de moments chantés par les acteurs eux-mêmes.)