Quelques années après Marvel’s Avengers, la Phase 2 du studio de Stan Lee se clôt enfin avec l’annonce d’un nouveau héros, Scott-Lang, AKA Ant-Man, l’homme fourmi.

Changement de réalisateur et de script au cours du tournage, rôles secondaires épiques mais rôle principal inconnu, promo d’enfer, le film avait tout d’une potentielle curiosité d’un studio qui sort a peu près deux bons films sur trois . Dans les faits, il est triste de d’admettre que le nouveau Marvel a tout d’un Marvel mais rien de nouveau. D’un point de vue technique, ce qui explique sa note à peine supérieure à la moyenne, le film de Peyton Reed lorgne vers la perfection : d’un point de vue visuel, il est sans doute le plus réussi et épique du studio, les actions  de l’homme-fourmi s’enchaînant avec une certaine inventivité visuelle et un sens certain du SFX. Le combat final contre YellowJacket, pour ne citer que lui, est sans doute la scène d’action Marvel la plus réussie, loin devant la scène de Nick Fury dans Winter Soldier ou l’attaque finale d’Ultron dans Avengers 2.

©Marvel

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D’un point de vue de l’interprétation, la plupart des acteurs sont convenables, voire très bons. Si Paul Rudd peine à convaincre par son jeu uniforme et sans intérêt (un peu à l’image malheureusement de l’écriture de son personnage, ce qui n’aide pas), ce sont les seconds rôles qui attirent vraiment l’œil, entre un Michael Douglas vraiment très crédible dans un rôle qui ne vaut pas son talent, et une Evangeline Lilly toujours plus belle et efficace dans son jeu. Dans son rôle de grand méchant, enfin, Corey Stoll est assez banal et n’apporte pas grand chose au panel, à peu près au niveau du Tom Hiddelston en roue libre d’Avengers.

Non, ce n’est pas dans la technique qu’il faut chercher les poux à ce nouveau produit estampillé du signe de la maison des idées (qui n’a jamais aussi peu mérité son nom). Une fois de plus, ce n’est pas la forme qui pèche mais bien le fond, qui, sans tomber dans les médiocres de médiocrité de Thor : Dark World, mérite bien d’être cité dans la liste des pires scénarios américains. Là où des films comme Avengers 1 et 2 ou même Winter Soldier savaient proposer de quoi faire penser un peu le spectateur, Ant-Man, souffrant sans doute de son changement de direction technique en milieu de développement, est de plus en plus prévisible et ridicule.

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Sans en citer les détails, qui, bien que prévisibles, gâcheraient peut être le plaisir spectateur bon public, force est d’admettre qu’Ant-Man ne propose rien de bon au niveau de l’écriture, un schéma ultra-classique parsemé de quelques gags parfois inspirés font de ce produit une source inépuisable d’ennui et d’agacement. La palme revenant sans doute au personnage du méchant, Yellow-Jacket, recopie conforme du Obadiah Stane déjà bien lourd d’Iron Man. Le film peut parvenir à faire rire parfois mais je prend jamais son spectateur par les tripes, la sensation de danger est une fois de plus inexistante et le côté « second degré » promis par la promotion du film s’efface vite au profit de ce script ultra-hollywoodien. Jamais personnage principal n’aura été aussi peu intéressant et développé que celui de Scott Lang.

Que dire donc en général de cette seconde phase de Marvel Studios ? Que le formatage, si il n’a jamais été aussi fort que sur certains films, aura épargné quelques uns des films (Avengers 2, les Gardiens et dans une moindre mesure Winter Soldier). Qu’il a également flingué les autres (Thor: Dark World en tête, Ant-Man étant donc sauvé par son esthétique). On ressort toutefois assez lessivé d’une uniformité assez problèmatique, et on espère que le studio saura remonter sa pente assez glissante. Avant l’arrivée, ô combien prometteuse, de DC comics sur le marché.