The Queen revient dans un rôle sur mesure pour une nouvelle quête de justice.

Simon Curtis adapte une histoire vraie pour son film La femme au tableau (The Woman in Gold en VO). En 1998, Maria Altmann, une juive autrichienne d’origine, réclame la possession d’un fameux tableau de Klimt intitulé « Portrait d’Adele Bolch-Bauer I » dont le sujet représente sa tante, saisi par lez Nazis pendant l’Occupation.

Le film portrayant Helen Mirren dans le rôle titre contient tous les ingrédients d’une grande fresque dramatique comme les candidats aux Oscars sponsorisé par la Weinstein Company. Une histoire vraie incroyable, des grands noms, une intrigue d’époque… Malheureusement, on ne retiendra qu’un bon drame et le plaisir de voir Tatiana Maslany sur grand écran.

©SND

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Après avoir joué avec l’accent français dans The Hundred Foot Journey, Dame Helen Mirren revient au cinéma avec un accent autrichien avec des revendications claires. La place du portrait de sa tante se situe avec sa famille. Aidée par un avocat inexpérimenté, (Ryan Reynolds plus réservé que d’habitude) avec des difficultés à exprimer ses sentiments vis-à-vis de son identité de petit-fils du compositeur Arnold Schoenberg, Maria va se dresser contre le gouvernement autrichien afin de revendiquer la possession du portrait de sa tante, jusque-là exposé au musée de Vienne. Le duo incongru rappelle le récent couple formé par Dame Judi Dench et Steve Coogan dans Philomena où les compères cherchaient également à réparer une injustice humaine. Autant Philomena dévoilait en douceur tous les dessous de l’affaire, autant La femme au tableau conclut trop rapidement sans surprise.
La narration est interrompue par des flashbacks dramatiques désaturés où on retrouve Maria jeune sous les traits de Tatiana Maslany qui nous offre les scènes les plus émotionnelles. C’est là qu’on se rend compte combien son exil vers les Etats-Unis l’a changée, adieu la jeune femme vivante et enthousiaste, bonjour la dame un peu sèche et antipathique au premier abord. A vrai dire, si le film portait plus sur l’intrigue judiciaire, il aurait sûrement été plus percutant que ce drame historique.

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Curtis filme de très belles images dans ce biopic, tout comme il l’avait fait avec brio dans My Week With Marilyn. Cependant, là où la malice de Marilyn compensait la platitude de l’histoire, dans La femme au tableau ressort une certaine superficialité en particulier sur l’attachement à l’art. Il se contente de l’effleurer en se reposant sur Helen Mirren. Mais son nom ne fait pas tout. Par exemple, le personnage de Daniel Brühl, pourtant nécessaire au bon processus du procès, est totalement recalé au second plan. Les dignitaires autrichiens deviennent de tels clichés qu’il ne manque plus que leur adhésion au parti néo-nazi pour renforcer cette image. Certes, Mirren délivre une performance élégante avec une dignité propre à sa personne anglaise, mais il ne faut pas non plus en oublier l’histoire…

(P.S. : Le tableau en question a été vendu en 2006 pour 135$ millions à un milliardaire… Klimt ne perd pas en valeur.)