Un énième film est décliné en série avec Scream. MTV est derrière le projet et si Eye Candy est annulée, Scream prend le relais de ce thriller ado avec les mêmes intentions : fun et décomplexé.

Kevin Williamson se permet d’écrire le pilote (qui a été ensuite réadapté par les auteurs de la série) mais semble totalement ailleurs. Il en oublie le concept même de son film. Voyez plutôt, à défaut d’avoir un tueur sans origine, renforçant lidée d’uen violence venue de nulle part, on part sur un ancien amoureux assassin et défiguré. Nous ne sommes pas dans un autre slasher, nous sommes dans Scream ! A partir de l’introduction de Brandon James, ce fameux homme défiguré, on sent un fléchissement dans notre intérêt envers la série. Téléfilm slasher ou rip-off de Pretty Little Liars / Eye Candy, Scream perd son aura pour devenir un produit calibré MTV. On le redoutait mais la série part déjà dans des travers que l’on ne manquera pas de souligner au fil des épisodes. Si la chaîne a annulé Eye Candy et si Pretty Little Liars continue depuis 6 saisonssur ABC Family, on a du mal à jauger l’attente du public sur du thriller ado.

Scream

©MTV

Ca aurait pu bien commencer avec une première scène choc rappelant que les 4 films Scream savaient bien débuter leur histoire. Mais ce prologue est interminable, tout est trop beau, trop cliché et mal foutu et loin de la puissance de la scène avec Drew Barrymore. Tellement mal foutu, que le fameux Tyler qui voit sa tête arrivée dans la piscine… est recherché par la police en tant que suspect. S’en suit la classique introduction des personnages avec la pétasse, le beau gosse, la gentille, le bon pote, le mystérieux nouveau et l’héroïne Emma plutôt sympathique au demeurant. C’est d’ailleurs important d’avoir des personnages sympathiques… Il faudrait le rappeler le plus souvent possible à ceux qui écrivent ce genre de produit formaté. Des beaux gosses en forme de tête de cul et des filles sans rien dans la tête seront les premières victimes et on s’en réjouira !

Ce premier épisode suit la route balisée du slasher avec des jeunes qui font la fête mais aucune scène choc ne viendra sortir le public de la torpeur. Etrangement, on regarde sans s’ennuyer alors qu’il ne se passe pas grand chose. Comme le dit Noah, seul personnage sympathique, on est là pour s’attacher aux persos, et dans une série slasher on ne peut pas tous les tuer et surtout on ne veut pas savoir qui l’a fait (whodunit) mais quand il le fera. Donc ca sera du PLL sans meurtre à part un tous les 3 épisodes pour rythmer le tout. 10 épisodes sont prévus, ce qui laisse le temps à la série de raconter son histoire et d’être annulée. On ne peut pas aller bien loin dans la critique de cet épisode qui ne surprend jamais mais qui reste fidèle à l’esprit slasher. D’ailleurs, être fidèle à un genre lessivé est à double tranchant. On aime les scènes déjà vus mais on déteste les rebondissements attendus. Il y a comme un rituel artistique étrange qui fascine toujours autant le fan de slasher en nous… mais oui, Noah le dit encore, un slasher en série est impossible. Au moins, on est trompés sur la marchandise mais on nous le dit franchement.