Hier avait lieu la diffusion du premier épisode de la saison 2 de True Detective. Casting différent, histoire et ambiance différentes, c’est un peu une nouvelle série qui s’offre à nous. Et c’est ça le souci.

Attendue comme le Messie, True Detective avait une mission simple : placer la barre aussi haut que pour la saison 1 qui a enchaîné les critiques élogieuses et les récompenses. Soit Nic Pizzolatto faisait une pale copie, soit il faisait différent. Dans les deux cas, tout le monde l’attendait de pied ferme pour descendre la série.

Ont-ils raison ? On peut dire que oui, une trop grosse attente avec un produit différent n’est pas chose aisée pour satisfaire la populace. Cette saison 2 commence par un premier épisode au rythme lent (pour ne pas dire ennuyeux) avec des personnages totalement incarnés (pour ne pas dire qu’ils tirent la gueule) dans une ambiance pensante (pour ne pas dire surfaite). Limite prétentieux, ce premier épisode impose aux spectateurs des gueules, des personnages meurtris qu’on pousse à aimer car ils semblent tous très tristes à l’idée de bosser ou de boire un verre. Ray Velcoro (Colin Farrell) a un fils qu’il traîne comme un boulet depuis que sa femme a été agressé 9 mois avant sa naissance. Est-il son vrai père ?
Frank Semyon (Vince Vaughn) multiplie les rencontres business pour que le sien continue de fleurir. Ani Bezzerides (Rachel McAdams) a une soeur pornographe et un père hippie et gourou. Enfin Paul Woodrugh (Taylor Kitsch) est perdu dans sa vie pour des raisons obscurs.
En gros, tout le monde a la joie de vivre en Californie. Si Justin Lin pouvait retirer le filtre de sa caméra, on pourrait voir le soleil briller sur leurs petites têtes de râleurs. A vrai dire, s’ils sont perdus, nous aussi. Les scènes s’enchaînent sans que l’on sache où l’on va. Ce ne sera que dans les dernières minutes que l’on comprend qu’un meurtre les réunira tous dans la joie de vivre. Cette exposition de personnages fonctionne au bout de 30 minutes, chaque scène dévoile ou souligne la partie crasse de ces gueules. Jusqu’où pourra t-on les détester sans qu’ils soient insupportables? Assurément, Rachel McAdams s’en sort admirablement dans un rôle inédit pour elle.

true detective

Difficile de juger une série qui ne nous a pas accroché alors que tout est fait pour offrir un produit sur-calibré, sur-écrit, sur-joué et sur-exposé. Tout semble trop carré pour être honnête. Ca a marché une fois en saison 1 mais on a tous oublié l’histoire pour se remémorer les performances incroyables de Connaughey et Harrelson. hélas pour cette saison 2, il semblerait que le casting ne suffise plus à cacher une histoire moins accrocheuse.

Moins mystique qu’en saison 1, le synopsis semble jouer la carte de la valeur sûre : un polar crasseux incarné par des figures marquées par les troubles d’une vie miséreuse. Le genre de produit qui est limite prétentieux mais qui fait passer le public pour des gens qui ont des goûts de luxe.

True Detective saison 2 en US+24 sur OCS chez Canalsat