Le 5e tome de Kamikaze Kaito Jeanne est sorti en avril aux éditions Glénat. Ce shôjo (comprenez « manga pour filles ») est à l’opposé du shônen (manga pour garçons), type que nous avons déjà présenté précédemment, soit le 28e tome de Captain Tsubasa. Il s’agit de plus d’un animé « magical girls », à l’instar de Sailor Moon ou de Doremi Magic. Mais contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce tome marque un tournant dans les aventures de la jeune Maron, l’héroïne de la série.

Pour ne rien vous cacher, j’étais sceptique en ayant le manga dans les mains. Le début de l’histoire semble bien vide : l’héroïne va à la fête foraine avec son amoureux, avec des scènes d’un sentimentalisme dégoulinant qui montre bien que le manga s’adresse aux jeunes filles en fleurs. Mais quand même. Je me suis dit que ce serait un énième shôjo magical girls tout sucré et plein de bons sentiments, avec l’héroïne qui se transforme au milieu de centaines de poussières d’étoiles et tue les méchants à la fin. Tout le monde est content. Happy end. Sauf que là…, pas du tout. Dès les premiers chapitres du tome 5 de Kamikaze Kaito Jeanne, un tournant s’opère (que je ne peux pas trop dévoiler) au sujet d’une ange minuscule qui accompagne Maron, et qui est là pour la conseiller et l’encourager. Cette ange s’appelle Finn, et un basculement inattendu s’opère dès le début du manga. Un focus est effectué sur un univers empreint de religion judéo-chrétienne, avec Dieu, Lucifer, les pommes du jardin d’Eden, et la triste humanité pleine de travers qui fait beaucoup de mal… aux anges, justement.

kamikaze-kaito-jeanneCar tout ce tome de Kamikaze Kaito Jeanne est consacré au passé de Finn, qui est plutôt triste. Car Arina Tanemura ne nous prend pas pour des idiots : elle réussit à nous pencher sur tout un univers psychologique avec tout ce que cela entraîne comme traumatismes, avec pour toile de fond les étoiles, la cosmogonie de l’univers, et la hiérarchie du ciel et des enfers. Les démons entrent en scène également, ce qui est plutôt intéressant. Ils convoitent tous la jeune Maron, lycéenne insouciante de 17 ans qui ressemble à toutes les autres jeunes filles, excepté qu’elle n’est autre que… la réincarnation de Jeanne d’Arc. Rien que ça. Et que cela explique bien sûr le titre de l’œuvre. Elle porte donc en elle une âme valeureuse qui s’est réincarnée plusieurs fois dans le passé, et qui correspond à une part importante de l’âme de Dieu. Ce n’est pas donc pas étonnant si les démons la convoitent et qu’elle a des pouvoirs magiques. Ce que je trouve intéressant et bien joué de la part de son auteur, qui a bien caché son jeu dès le départ, et nous propose une histoire pas si innocente que ça…

C’est pourquoi j’ai attribué une bonne note à ce tome de Kamikaze Kaito Jeanne. Le passé de Finn est poignant, et dans son comportement et dans celui des anges, on peut s’apercevoir que le manichéisme n’existe absolument pas. Même les anges censés protéger les humains ne sont pas parfaits, et malgré toutes les bonnes intentions du monde, les choses peuvent mal tourner. C’est pourquoi ce personnage, qui a le même rôle que Kero, la petite boule de poil toute mignonne qui accompagne Card Captor Sakura, ne sert plus du tout de faire valoir gnangnan mais possède une véritable histoire. Les choses sont bien plus complexes qu’elles n’en ont l’air. De plus, le style du manga est assez plaisant, et m’a fait penser à l’ancien style des vieux jeux de Zelda. Courez donc vite le lire, d’autant plus qu’il s’arrête sur un cliffhanger de malade (mais ça c’est déjà le cas dans tous les mangas, me diriez-vous) et qu’on a très envie de lire la suite !