Présenté au festival du cinéma chinois, Fleet of Time propose un drame romantique, succès du box-office chinois sorti en décembre dernier.

L’histoire raconte le parcours et les déboires sentimentaux et professionnels d’un groupe de cinq personnes depuis leurs années lycée dans les années 90, puis leurs années universitaires jusqu’à leurs retrouvailles lors du mariage de l’un deux en 2014.

« J’irais bien refaire un tour, du côté de chez Swann, revoir mon premier amour qui me donnait rendez-vous, sous le chêne, et se laissait embrasser sur la joue… » Quand les premières images apparaissent à l’écran sur un fond de musique mélancolique et de lilas en fleur, les paroles de la chanson de Dave résonnent dans ma tête. Une narration inversée est employée dans ce film qui se découpe en chapitres et qui montre un groupe d’adolescents qui passe à l’âge adulte au cours des années où on les suit. Proche de la trentaine, un groupe d’amis se retrouve pour un mariage et commencent à se remémorer leurs années d’études, en particulier Chen Xun, qui se rappelle de son premier amour comme s’il datait d’hier. A cet âge où l’amour transpire d’idéalisme et d’éternité, renforcé par une vision chinoise encore plus pure, Fleet of Time (ou 匆匆那年 en VO) ne fait qu’illustrer ce qui arrive à nombre de couples. Les gens grandissent. Ils rencontrent d’autres personnes, changent, veulent différentes choses. La vie en somme.

©GallopingHorse

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Si les drames romantiques courent les rues actuellement dans le cinéma asiatique comme partout ailleurs, notamment dans ce thème de l’amour de jeunesse perdu (preuve en est, rien que dans le festival, Somewhere Only We Know traite du même sujet), certains sont plus aboutis que d’autres. Et Fleet of Time rentre définitivement dans la catégorie des « peut mieux faire ». Mention à certaines répliques empreintes d’émotions  Il y a des moments très poétiques, emplis d’une douceur toute asiatique, avec cette naïveté propre aux lycéens. Cette période traîne un peu en longueur d’ailleurs, le public s’identifie plus facilement aux erreurs de l’université. Ce qui est certain, c’est que ce passage à la réalité de l’âge adulte touche tout le monde. Ce qui est dommage dans ce film en revanche, en s’attardant autant sur la romance principale qu’il en oublie de développer les personnages secondaires qui semblaient pourtant tout aussi intéressants car ne nous voilons pas la face, il y a un personnage principal dans l’histoire, et c’est Chen Xun. L’autre tare difficile à pardonner se cache dans le choix du réalisateur Zhang Yibai de découper l’intrigue en chapitres chronologiques, titrés par une question lourde de sens. Encore faut-il répondre à la question et boucler les mini anecdotes à l’intérieur…

Les acteurs prometteurs représentent des jeunes talents chinois, Ni Ni (vue dans The Flowers of War avec Christian Bale), Eddie Peng et Ryan Zheng notamment, qui grâce à leurs bons gènes, restent crédibles dans des rôles de lycéens malgré la trentaine passée pour certains. Comme l’histoire se déroule à la fin des années 90, cela correspond plus ou moins à leur véritable années lycées/fac, ce qui rajoute une couche de nostalgie. Cependant, les clichés s’accumulent entre comique burlesque et ralentis kitsch, et le film renoue avec le bon drame romantique ringard et niais.
Le programme du FCCF est disponible ici.

(P.S. : J’ai réalisé que « QQ » une sorte de Skype, existait depuis 1999. C’est le logiciel de communication le plus utilisé par les Chinois aujourd’hui. Oh, et les sous-titres sont particulièrement atroces. Spoiler alert, durant tout le film, « copain » est orthographié « copin »…)