Retour sur la première saison de la meilleure dramédie de l’année qui se finit en beauté, et bien sûr, sur un cliffhanger, laissant le sort de la famille Villanueva en suspens.

//spoilers sur la saison//

Projetons-nous quelques mois en arrière, quand la CW levait le voile sur ses séries de la rentrée. Jane the Virgin détonait comme un OVNI, coincée entre absurdité et éclair de génie, cette adaptation assez libre d’une telenovela vénézuélienne du même nom. Comment ça une erreur d’insémination sur une vierge, ce qui crée une nouvelle immaculée conception ? Aujourd’hui, au bout de sa première année de course, cette débutante en sort la tête haute. Je n’aurais jamais pensé dire que mon coup de cœur du cru 2014-2015 atterrirait sur la CW (sachant que mon autre bonne surprise est The Flash… ça en fait même deux). Feu UPN peut-être, mais la CW… Et pourtant ! La chaîne peut être fière des critiques enthousiastes engendrées par la série, car elle le mérite amplement ayant excédé toutes les attentes.

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Jane the Virgin, cela commence par le latin lover narrator (le doubleur Anthony Mendez), unanimement apprécié, qui raconte d’une voix sulfureuse les previously des épisodes suscitant des frissons. Emballé et concerné par l’histoire qu’il raconte, il happe le spectateur dans son conte sans omettre aucun détail pour permettre la compréhension globale de la série. L’ensemble est porté par une actrice de talent, reconnue par sa victoire aux Golden Globes ce qui n’était pas arrivé à la CW depuis… belle lurette. Gina Rodriguez dégage un optimisme et une énergie rares, son positivisme terrasse les plus cyniques, mais surtout, elle possède une joie de vivre à l’opposé de ces personnages torturés ou sombres comme dans les autres séries de la chaîne. Notre héroïne déterminée, défend ses positions, même sujette aux doutes, reconnait ses erreurs et en tire des leçons comme se battre pour atteindre ses objectifs, et dans ses grands discours, transmet un message d’espoir aux téléspectateurs.
Dans ces 22 épisodes, on compte les temps morts sur les doigts de la main, ce qui en soi, relève déjà de la réussite. La qualité ne diminue pas, au contraire, le public est tenu en haleine jusqu’à ce dénouement, la naissance du bébé.

Parallèlement à l’accouchement de Jane, Xiomara (Andrea Navedo) et Rogelio (Jaime Camil) répètent pour leur grand show. Ces deux-là se sont réconciliés plus de fois que n’importe qui réunis dans la série. Si leur relation prend une tournure inattendue après ce mariage en catimini à Vegas, leurs rôles à chacun dans la vie de Jane ont connu des développements admirables. Les relations les plus importantes naissent dans les liens du sang, tout le monde envierait cette chaleur familiale. Que ce soit entre l’abuela (Ivonne Coll), qui fait bien de parler espagnol jusqu’au bout, sa fille et sa petite-fille, ou entre Xo et Jane. La famille comporte non seulement le noyau de ces trois-là, mais s’étend aussi aux autres personnages, ce qui rend le sentiment d’appartenance encore plus fort. Ils ne doivent pas être séparés. Ce bébé tant attendu, peu importe l’identité du père, il sera aimé tout autant.

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Le personnage de Rogelio, un fan favorite nommé aux Critics’ Choice Television Awards (tout comme Gina Rodriguez), condense tout l’humour parodique, signature de la série. Oui, les revirements de situation paraissent improbables, mais propres à une telenovela ! Les ralentis des scènes, les exagérations narratives, représentent un autre aspect des clins d’œil au genre. On accorde un autre bon point aux scènes imaginées par Jane et ses flashbacks, qui cassent un peu le rythme d’un épisode pour mieux cerner l’esprit actuel du personnage.
L’enquête revient sur le devant de la scène dans ce dernier épisode, alors qu’elle ne servait que de prétexte pour rajouter du drama tout au long de la saison. Mais Michael (Brett Dier) agit de façon professionnelle pour une fois, et ne détrompe pas le mérite de sa médaille. Heureusement qu’ils se recentrent sur l’affaire criminelle, car son arc avec son ex tenait plus du superflu que d’une histoire intéressante.
Quid de Petra (Yael Grobglas) ? Reléguée quelque peu à l’arrière-plan en milieu de saison, son changement de cœur l’attire à nouveau vers Rafael (Justin Baldoni), pour en mieux sortir déçue lorsqu’elle apprend la manipulation du beau gosse… Quant à Rafael lui-même, proie à ses insécurités, sa maturité vient avec le temps… et il semble enfin prêt à assumer son rôle de père.

D’ailleurs, #TeamRafael ou #TeamMichael ? Moi-même, j’adhère à fond à la #TeamMichael pour une simple raison. C’est lui qui connait Jane le mieux, il l’écoute et la fait passer en priorité sur tous les plans, contrairement au playboy hispanique. Puis, ils se comprennent, tout simplement. Mine de rien, Michael la soutient depuis le début, même après s’être fait larguer. Après, toute l’intelligence du script repose dans le fait que l’histoire ne privilégie ni Michael ni Rafael. Car quelque part, réunir la petite famille ne serait pas désagréable non plus, voire idyllique. Mais bon sang, Rafael a brisé le cœur de Jane et il voudrait qu’elle le reprenne ? Comme elle le dit si bien dans ce dernier épisode, il l’a vraiment blessée. Finalement, la fin ne pouvait pas être plus pertinente, dans le choix de Jane de ne pas se remettre avec l’un ou l’autre.

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Et soudain… ce fut le drame. QUEL CLIFFHANGER. Je m’attendais à quelque chose de soapesque, mais de ce niveau, pas vraiment ! Même pas le temps de soupirer dans le bonheur après l’accouchement du petit Mateo Gloriano Rogelio Solano Villanueva que déjà, la suite des événements arrive, et pas des moindres. UN KIDNAPPING. Mais où sont-ils allés chercher ça ? Plus loin que le Venezuela en tout cas.

Et dans la prochaine saison, à quoi ressemble le nouveau visage de Sin Rostro ? L’idée d’avoir une nouvelle actrice pour l’interpréter permet un renouveau, ce qui est plutôt malin, même si j’aimerais que Bridget Regan revienne…
Luisa pourrait être mieux développée dans le futur, car elle sert plus de comic relief que d’autre chose actuellement.
Xo et Rogelio, enfin réunis, vont-ils durer ?
Petra, enceinte, vraiment ?!
Personnellement dans Jane the Virgin, j’adore les gimmicks employés, comme les petites interruptions/pauses du narrateur et les visuels qui apparaissent à l’image. Avec des hashtags, des astérisques, des explications… Bref, les interventions sont ludiques et amusantes !

(P.S. : Franchement, l’originalité est telle que les défauts tombent dans l’oubli.)