Le festival du cinéma chinois en France (FCCF) se tient jusqu’à début juin à Paris, pour ensuite visiter plusieurs villes de France jusqu’à la Réunion.

Vous appréciez le cinéma chinois ? L’objectif principal du festival se résume en un mot d’ordre simple : faire découvrir le cinéma chinois au public français.

Il faut l’avouer, la vision de la Chine vue par la France demeure encore caricaturale. Parfois, je me demande personnellement si les Français ne croient pas encore que la Chine garde ses frontières fermées à la mondialisation avec leurs rizières et leurs chapeaux pointus, leurs routes en terre, et leur main d’œuvre pas chère tout en exportant tous leurs produits. A vrai dire, une part de vérité réside sûrement dans ses propos, sachant que le pays du centre s’auto-suffit avec ses produits locaux. Bref, à travers le cinéma, les étrangers en apprennent plus sur la culture, l’avancée technologique, la vie orientale, et puis, il faut bien s’habituer aux coutumes chinoises avant qu’ils nous envahissent. Le FCCF offre l’opportunité de voir des films exclusifs et divers, réalisés par des artistes chinois.

Le cinéma connaît en Chine un développement spectaculaire, avec une croissance annuelle du box-office de 30% et l’apparition de plus de 1200 nouveaux écrans par an depuis la réforme sectorielle de 2003. Le chiffre de 830 millions d’entrées pour l’année 2014 (contre 208,4 en France pour donner une idée) a été prononcé, et imaginez un peu si tous les Chinois allaient au cinéma… Avec une population aussi nombreuse, le terme de micro-économie se perd. Viser le marché chinois, c’est viser plus d’un milliard de consommateurs potentiels. Des sous ! Comme l’a si bien fait remarquer le directeur général adjoint du bureau du cinéma, de l’administration d’Etat de la presse, de la publication de la radiodiffusion, du cinéma et de la télévision de Chine (nom à rallonge pour en fait correspondre au président du CNC et ses homologues dans les domaines en question), les habitants s’enrichissent, et avec cette augmentation du niveau de vie, les moyens de distraction doivent varier également.

Le secteur du cinéma chinois doit donc s’améliorer tant en quantité qu’en qualité. L’accord bipartite passé entre la France et la Chine il y a deux ans pour favoriser les coproductions prend ainsi tout son sens. Cet accord loué de toute part, encourage les coproductions dont les résultats prouvent déjà la réussite de l’initiative puisque Le promeneur d’oiseau représentait la Chine aux Oscars de l’an dernier, et Le dernier loup de Jean-Jacques Annaud a reçu une réception très positive. La digitalisation des films a permis une révolution technique inestimable et radicale qui facilite la coopération et la diffusion des œuvres. Sans oublier que cela se traduit par une préservation du patrimoine culturel, puisqu’ils en profitent pour réparer les films classiques, ajoute M. Liang Ge, précédemment cité.

Depuis sa première édition, l’actrice réalisatrice Anne Fontaine (Gemma Bovery, Perfect Mothers) reflète l’image du festival en tant qu’ambassadrice. Lors de la conférence de presse, le vice-président du groupe Pathé a également éclairé le sujet avec leur stratégie marketing. De fait, on ne peut pas dissocier le cinéma de la culture chinoise, actuellement, il s’agit d’une période de transition pour eux car avant, le 8e art entrait sous le joug étatique. Désormais que des productions privées existent, le cinéma cherche à s’internationaliser. Cela cristallise ainsi des questions culturelles, politiques, historiques, et permet de proposer une nouvelle vision de la Chine. Soyons honnêtes, le problème de la censure reste non-négligeable mais devient contournable.

Les invités d’honneur cette année sont Dany Boon, qui s’était rendu à Pékin l’an dernier pour présenter son film Supercondriaque qui avait reçu un très bel accueil, et l’actrice réalisatrice Xu Jinglei où sa sixième réalisation est projetée Somewhere Only We Know, qui succède à Gong Li.

Les bandes-annonces des films en compétition peuvent être vues dans la vidéo suivante :
Somewhere Only We Know, La bataille de la montagne du tigre, 20 Once Again, As the Light Goes Out, Blind Massage, Brotherhood of Blades, Fleet of Time, Le Ferry, Police Story 2013, The Great Hypnotist.

Vous pouvez trouver plus de renseignements ainsi que les horaires des séances sur leur site. Les séances parisiennes terminent le 2 juin avant que le FCCF aille s’installer à Strasbourg, Lyon, Biarritz, Marseille, la Réunion et notamment Cannes où le président d’Unifrance tiendra une conférence sur l’importance de la coproduction sino-française.

(P.S. : Le même festival du cinéma français en Chine existe. Sinon, je trouve un peu dommage que la grande majorité du public soit composée de spectateurs chinois et seulement par très peu de Français…)