Broadway Therapy (She’s Funny That Way en VO) marque le retour en demi-teinte de Peter Bogdanovich.

Actuellement en salles, un panel de stars donne vie à Broadway Therapy, la dernière réalisation de Bogdanovich plus de dix ans après son Cat’s Meow.

Non, ce n’est pas un Coups de feu sur Broadway bis de Woody Allen, car la patte de Bodganovich se distingue clairement dans Broadway Therapy. La comédie marque donc le retour du réalisateur dans ce qu’il fait de mieux, le mumblecore, dont il maîtrise les codes le plus naturellement au monde. Et le monsieur en connait du beau monde puisque les noms de Wes Anderson et Noah Baumbach s’associent à la production. A noter que la coïncidence est trop grande en plus d’employer Owen Wilson dans le rôle principal, où il reproduit en tout point sa prestation de Minuit à Paris. Les situations rocambolesques s’enchaînent, avec un gros bordel digne des courses poursuites d’Anderson. Qui dit mumblecore, dit douce dépression. Parfois la dépression se finit sur une touche optimiste au fur et à mesure que le film se déroule, mais d’autres fois, elle se transforme en prise de tête… Et c’est sur une note décevante qu’on ressort de la séance…

©Metropolitan

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Arnold (Wilson), metteur en scène, débarque à New York pour adapter la pièce de Joshua (Will Forte) qui aura pour protagonistes principaux sa femme Delta (Kathryn Hahn) et son Némésis en affaires de cœur Seth (Rhys Ifans). A cela s’ajoute un autre rôle qu’ils doivent compléter par audition. Cela pourrait s’arrêter là, mais non, Arnold adopte un certain passe-temps. Il couche avec des prostituées, à qui il offre une somme de 30 000 $ pour changer leur vie. Sa philanthropie va impacter Izzy (Imogen Poots), jeune escort-girl new-yorkaise qui rêve de devenir actrice. Eh bien sûr, les ennuis commencent. La jeune femme va auditionner pour le rôle en question, qui est basiquement l’histoire de sa vie, car préparez-vous à la mise en abyme, celle d’une prostituée qui couche avec le mari de sa meilleure amie. Pour prouver qu’il n’y a pas besoin de six degrés de séparation dans New York, la thérapeute (Jennifer Aniston) d’Izzy n’est autre que l’ex de Joshua ! Si vous suivez toujours, vous pouvez déjà imaginer tous les problèmes que cela va causer… le tout narré par une Izzy qui revient sur les débuts de sa carrière dans une interview.

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Cependant, l’ensemble paraît un peu grossier. Certes, des scènes révèlent un sens comique bien subtil où les acteurs y jouent un rôle important. D’ailleurs, le faux accent de Brooklyn que Poots développe est affreux de réalisme. Hahn vole complètement la vedette et il faut absolument qu’elle fasse plus de rôles tragi-comiques. Broadway Therapy fait partie de ces films qui semblent se passer dans les années 70 avant que l’un des personnages dégaine un iPhone. Mais maintenant, cela n’a plus rien d’original surtout quand on abuse de l’absurdité. En plus, l’héroïne se réfère à l’âge d’or de Hollywood toutes les trois minutes avec ses Breakfast at Tiffany’s, Marilyn Monroe, etc., avec un regret non dissimulé. Il faut apprendre à accepter son propre temps…

(P.S. : Petite remarque en l’air, dans ce film, Poots présente une ressemblance frappante selon moi avec Emma Stone, dans l’intonation et l’attitude principalement… ou alors je délire.)