Troisième intermède musical pour Anna Kendrick en quelques mois, et second film musical pour Jeremy Jordan, critique de The Last Five Years qui ne sortira probablement jamais sur nos écrans nationaux.

Certaines comédies musicales ne rendent bien qu’en live, au théâtre. Et The Last Five Years en fait partie.

Il s’agit d’une adaptation cinématographique d’une comédie musicale off-Broadway de 2001, le rideau se lève sur Cathy, seule et en pleurs. Elle se repasse à l’esprit les cinq ans passées avec Jamie, son mari, jeune écrivain prodige, tandis qu’elle enchaîne les auditions pour trouver un rôle dans n’importe quelle production. Quant à Jamie, il se remémore leur relation à partir de sa rencontre avec sa future épouse. L’astuce narrative de The Last Five Years mérite d’être mentionnée, l’histoire croise leurs deux points de vue, celui de Cathy qui revoit leur romance rétrospectivement, et celui de Jamie qui démarre dans l’ordre chronologique. La représentation se contente d’être minimaliste, durant tout le film seul le couple principal chante, et pratiquement que des solos par dessus le marché, sauf le duo lors du mariage qui marque l’apogée de l’intrigue.

©LuckyMonkey

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Même pour un amateur de comédies musicales, The Last Five Years n’emballe pas des masses. Si les chansons de cet Off-Broadway touchent à beaucoup de genres musicaux du jazz au folk, et que le spectateur y trouve son compte finalement, les airs se ressemblent entre eux. Pourtant, les acteurs maîtrisent très bien leurs voix. Que ce soit Jordan qu’on avait vu en chanteur pop dans Smash (RIP) ou Joyful Noise, mais qui bénéficie surtout d’un passif de Broadway qui le sert à merveille dans le film. Ou Kendrick actuelle coqueluche hollywoodienne des comédies musicales, sait chanter, là n’est pas le problème. Mais ce que je lui reproche, tout comme sa prestation dans Into the Woods, c’est son côté blasé à la limite du je-m’en-foutiste. Et désolée, mais pour un personnage tel que Cathy, ça ne colle pas du tout ! La passion manque cruellement sauf dans la scène de la voiture, où pour une fois, elle dégage une joie de vivre notable.
Les paroles du compositeur lauréat d’un Tony award Jason Robert Brown fonctionnent bien, elles jouissent particulièrement d’un humour claquant, et donnent un sens profond à la romance qui glisse entre leurs doigts. Il faut dire que la comédie musicale était largement inspirée de sa propre vie. Sans aucun doute, cette histoire devient la plus grande qualité de The Last Five Years. Comme le spectateur connait déjà l’issue de leur relation, un aspect fataliste en ressort forcément.

Les couleurs du film jouent un rôle important, chaudes et vives lorsque les personnages baignent dans le bonheur, et froides et sombres quand la fin approche, mais aussi dans des effets de lumière à outrance… Derrière se cache une véritable volonté artistique et esthétique un peu vintage qui tombe à plat. Richard LaGravenese habitué des romances (PS: I Love You, Sublimes Créatures) a réalisé le film en 21 jours, et tout comme Les Miserables qui subit une petite pique, les acteurs chantaient en direct tout étant filmés ce qui donne une véritable authenticité et aucun problème de lip syncing !

https://www.youtube.com/watch?v=HmcDMiWIE6A

(P.S. : Passez votre tour si Les Mis vous avait saoulé car ils ne faisaient que chanter, ici, c’est la même chose, les dialogues parlés se comptent sur les doigts de la main. Après, pour tous les fans de Kendrick, c’est un must à voir. Oh, je voulais faire un jeu de mot sur Pitch Imperfect, mais ça me paraît trop évident… Disponible en import en DVD/BR.)