Un petit retour sur les diverses séries du monde découvertes à Séries Mania.

Séries Mania, c’est aussi l’occasion de découvrir des séries du monde qui ne sont pas encore diffusées (et possiblement ne le seront jamais) sur nos écrans et de réaliser en même temps, qu’effectivement, les séries se développent de plus en plus en Europe.

strikers

Strikers (Spitsbroers/Belgique) : Alan et Dennis forment la fratrie Moerman, fanatique du ballon rond. L’aîné est la star du village et est promis à un bel avenir tandis que le cadet se contenterait de vivre dans son ombre. Mais l’entraîneur de football du Genk va en décider autrement car au cours d’un match d’observation, c’est bien Dennis qu’il recrute, et non pas Alan. Voici une histoire cathartique pour le créateur, Kristof Hoefkens, qui s’inspire de sa propre vie pour réaliser cette série, puisque son frère n’est autre que Carl Hoefkens, l’un des joueurs stars de l’équipe de Genk. La rivalité existait déjà et persiste, elle se palpe dès les premières images mais l’amour qu’ils se portent reste tout aussi tangible malgré cet arrière-goût de déception.
En tout cas, le public ne pourra pas s’empêcher d’admirer et de ressentir de l’empathie pour le coup du sort d’Alan. Ce drame familial ne déchire pas pour autant les liens du sang, même si le trouble s’insinue chez chacun, avec un père confus qui aimerait être heureux pour Dennis sans pouvoir l’être complètement, des jeunes adultes qui semblaient si sûrs de leur avenir mais dont les doutes les accablent… Une très belle histoire de vie pleine de courage et de maturité proposant une morale, ne jamais abandonner ses rêves.

 

blue eyes

Blue Eyes (Blå Ögon/Suède) : La montée de l’extrême droite un peu partout en Europe permet d’en faire un sujet parfait pour une série sociale moderne. La Suède étant l’un des pays au plus fort taux de participation aux élections (toutes confondues), est le pays le plus à même d’écrire une série sur les partis politiques avec un regard objectif. Le pilot démontre une véritable perspicacité dans la manière de décrire les partis, social-démocrate, ou justement, de l’extrême droite. Ils ne se prétendent pas néo-nazis, mais malgré tout, leur politique sur l’immigration se fait ouvertement critiquer par leurs opposants. Notre héroïne, Elin, dirige le cabinet du ministère de la justice et découvre un complot qui incluait la prédécesseure à son poste. L’analyse politique soutient l’analyse sociale et cherche à comprendre les raisons de cette irruption extrémiste.
Le rapport de force s’inverse dans cette série, les extrémistes sont présentés comme des victimes de leur propre opinion, tandis que les pseudo libéraux manipulent et se jouent des lois. L’intrigue est d’autant plus efficace que l’enquête promise ne tombe pas dans les mains des forces de l’ordre ou toute personne s’en rapprochant, mais d’une employée en quête de vérité. On n’échappe pas à l’émotion poignante face à la violence quotidienne, ni à une certaine compréhension logique de certaines réactions.

 

follow the money

Follow the Money (Bedraget/Danemark) : L’argent symbolise le véritable pouvoir à notre époque. Plus besoin de chercher le complot dans le gouvernement comme dans Borgen (même si le créateur était un ancien scénariste de la série), il suffit de jeter un œil aux grandes entreprises qui brassent chaque jour des millions d’euros, entre corruption, blanchiment et meurtres… Amateur de l’ambiance du thriller scandinave à la Millenium ? L’attention portée au détail atteint le même niveau dans Follow the Money, et Jeppe Gjervig Gram vise cette fois-ci le monde des affaires et des énergies renouvelables.
Toutefois, le plus grand reproche que je ferais aux deux épisodes, comme pour beaucoup de thrillers d’ailleurs, ils regroupent énormément d’indices pour engendrer de nombreuses questions sans apporter un seul début de réponse pour probablement, tout résoudre à la fin. D’autres défauts se démarquent, une tentative superflue d’apporter une touche dramatique, une pluralité d’enquêtes qui distrait l’attention du spectateur, mais l’ensemble tient la route. Bon point pour le générique, bien qu’un peu longuet, il image pertinemment la société actuelle de consommation.

 

wataha

The Pack (Wataha/Pologne) : HBO Europe est fière de vous présenter… Enfin. The Pack regorge de clichés. Entre un héros torturé et solitaire qui se plonge dans l’alcool pour oublier la perte de sa bien-aimée dans une explosion ciblée, avant de chercher la vengeance de ses camarades. Et un personnage féminin qui se laisse prendre par les sentiments dès les premières minutes du pilot. En passant par des scènes de sexe gratuites et des pauses dans le texte lourdes se voulant lourdes de sens… Seul le paysage de la province polonaise sauve les deux premiers épisodes d’une torpeur assommante.
Avec un sujet théoriquement intrigant sur le papier, les passages des clandestins aux frontières entre l’Ukraine et la Pologne qui délimitent l’entrée en espace Schengen, The Pack cherche son ton tout comme son héros souffrant du syndrome du survivant. On en ressort avec l’impression que la série n’a jamais commencé tellement il y a un manque de dynamisme flagrant tant dans les relations entre les personnages (et leurs jeux d’acteurs) que d’avancée dans la narration. Silencieux et peu efficace…

(P.S. : Je reste sidérée par la multitude de thrillers à Séries Mania. Il y a bien le marathon comédie, mais principalement du Royaume-Uni… La diversité internationale, c’est très bien, mais encore faut-il diversifier les genres aussi.)