Mini-série en quatre épisodes, voici Nick Poulos qui retourne au lycée, mais pas vraiment à Hartley High…

Le lycée d’un quartier difficile de Sydney risque la fermeture. En effet, ses écoliers qui la fréquentent ne se qualifient pas d’élèves modèles. Le boucher du coin les déteste, les policiers les méprisent, bref, leur réputation n’est pas terrible. Débarque alors un nouveau principal, Matt Bashir (Alex Dimitriades) qui reprend les choses en main et tente d’imposer des réformes dans cet antre de défaitisme.

//Présence de spoilers sur les deux premiers épisodes//

L’Australie accueille depuis toujours des réfugiés de toute part du globe pour des raisons diverses, suite à une catastrophe naturelle ou à des changements de régimes politiques, ou tout simplement des violences internes. Or, tout le monde sait que l’école est un microcosme de la société, alors imaginez une société pluriethnique où il fait meilleur de traîner avec son gang si on tient à sa santé, et où les représailles peuvent éclater à tout instant. L’histoire se passe sur les bords de Sydney, dans une atmosphère de violence générée par des ados perdus, un lycéen se retrouve assassiné et jeté derrière les poubelles de l’établissement. La possibilité du salut glisse de plus en plus pour Tarek (Rahel Romahn), le frère de la victime. Pourtant, au départ, ses talents culinaires semblaient le destiner à une meilleure fin… On s’y attache à ce gamin, complètement paumé qui voudrait bien agir mais qui a aussi un code d’honneur à respecter.
Des intrus vont surgir dans l’enceinte de l’école suite à ce meurtre, le grand ennemi bien sûr, la police. Le lieutenant chargé de l’enquête prend les traits d’Aden Young (Rectify) qui se fait détester non seulement par les élèves,par les parents des différentes communautés mais également par le corps enseignant, sauf par la commère de service. Dans les deux premiers épisodes projetés, l’enquête ne sert que de prétexte pour amplifier l’aspect social et humain de la mini-série, mais l’affaire sera bien résolue.

©SBS

©SBS

Attention à regarder cette mini-série dans une pièce bien éclairée, car le filtre jaune picote les yeux par moment. Malgré tout, l’analyse sociologique que propose The Principal mérite d’être entendue. Le message de Matt Bashir déborde d’optimiste et d’espoir, ces gamins sur qui personne ne parie peuvent s’en sortir. Comme lui-même l’a fait quand il était à ce même lycée. En même temps, il endosse le rôle aussi de pont entre les différentes communautés, afin de créer une entente possible et petit à petit, les changements surviennent. La relation qui le lie à ses élèves prend un tout autre sens quand à la fin de l’épisode 2 on découvre avec une grande surprise, son homosexualité. Quand le lycée va l’apprendre, il faut s’attendre à du remous, surtout qu’il est 100% masculin… En tout cas, l’orientation sexuelle du protagoniste principal deviendra un véritable problème
Pour son rôle, Dimitriades invité à la séance de Séries Mania, nous révèle qu’il s’est inspiré du vrai principal du lycée où ils ont tourné la série qui existe vraiment, qu’il a suivi pendant quelques jours et a repris sa façon de marcher, de parler (notamment au niveau des discours), et d’autres petits comportements. Qu’on ne me dise pas que les Australiens ne se renouvellent pas, car j’ai l’impression que mes derniers visionnages ne viennent que de là-bas (d’ailleurs, petite anecdote, ils étudient Gallipoli en cours d’histoire dans The Principal, comme quoi la boucle est donc boulée). De fait, même si majoritairement, les émissions d’origine australienne projettent une population blanche et hétérosexuelle, Dimitriades pointe du doigt le fait que l’Australie est l’un des pays les plus cosmopolites au monde. Heureusement que certains réalisateurs osent prendre des risques et penser en dehors des clous.

Le tournage de la mini-série a été relativement bref, environ trois semaines, ce qui crée un effet brut de l’image qui reflète le danger de leur environnement, même s’il faut reconnaître que les projets indépendants n’attirant pas forcément de nombreux financements, ils ne détenaient pas plus de fonds de toute manière. Le casting principal étant composé de jeunes acteurs inexpérimentés pris dans la rue pour plus d’authenticité, Dimitriades n’a pas vraiment répété avec eux, mais c’était la consultante de casting qui a fait tout le boulot en amont qui avait l’habitude de travailler avec des jeunes. En tout cas, l’énergie était différente, et donc vraiment intéressante. Mais comme généralement, les sujets des projets non-commerciaux sont plus originaux et plus sérieux, le risque en vaut la chandelle.

(P.S. : On a eu droit quand même à une question Hartley cœurs à vif, puisqu’il retrouvait son ancien co-star de l’époque, Salvatore Coco.)