Second depuis la reprise, ce vingtième épisode s’inscrit dans ce qui semble finalement être une fresque en plusieurs parties, centrée autour du duel entre Jim Gordon et L’Ogre.

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, nous étions donc introduits à un nouveau psychopathe, un serial killer séducteur du nom de Jason Lennon, nom de code L’Ogre. Beauté masculine certaine, ce dernier drague, conclut l’affaire, et tue ensuite celles tombées sous sa coupe. Vous imaginez bien que Jim Gordon, malgré les recommandations de Bullock lui disant que tous avant lui ont lâché l’affaire car L’Ogre s’attaque aux proches, ne recule pas devant une affaire dont il apprend que c’est le commissaire Loeb, par vengeance, qui lui a refilé. Dans le même temps, Bruce Wayne, 12 ans, est confronté à la mort puisqu’il retrouve Reginald Payne, lui soutire des infos… et voit Selina Kyle le tuer. Quant à Fish Mooney, elle réussit non sans prendre une balle dans le flanc à s’échapper de l’île du Dollmaker.

Cette semaine dans Gotham, pas de Fish Mooney. Mini-Bruce et Mini-Selina continuent de mener leur maxi-enquête, qui les mène au bal de charité de Wayne Enterprises. Gordon continue de traquer L’Ogre, mettant à l’abri Lee Thompkins, mais ce n’est pas exactement à elle que L’Ogre a pensé en tant que proche… Le Pingouin, enfin, continue de mettre en place sa stratégie contre Maroni…

©FOX

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Après un épisode de reprise convaincant mais non sans quelques petits hoquets esthético-scénaristiques, le second épisode pose vraiment les bases de ce qui semble être un final en trois ou quatre parties avec un méchant, L’Ogre. Choix ambitieux de la part de la production : réhabiliter un méchant peu connu, et lâcher les chevaux sur quatre épisodes formant une sorte de vrai thriller policier, à l’échelle de la TV, dont les personnages ne sortiront certainement pas indemnes, ni psychologiquement, ni moralement, ni physiquement. Cet épisode nous en donne un clair aperçu par la dureté de l’enquête menée par Jim, les coups de poker de l’Ogre, mais aussi l’évolution d’un personnage agissant comme un fil rouge depuis le début de la série (on vous laisse découvrir !)

Loin des épisodes au cas par cas qui si ils restaient plaisants avaient le risque de tomber dans un schéma répétitif, Gotham a su déployer à travers la croisade de Jim Gordon contre le crime une évolution de et par ses personnages, enveloppés de l’aura noire de Gotham qu’ils gèrent chacun à leur manière. Le symbole de cette évolution est évidemment Jim Gordon, qui dès le début a dû faire face à l’obligation de tuer pour rester relativement libre de ses actions de policier, puis de demander une faveur à ce même Pingouin pour résoudre une affaire, tout cela pour en arriver à L’Ogre, son premier gros test, celui qu’il n’attrapera pas en 42min d’épisode, et personnification de la ville : un friqué, avec une belle et grande gueule, cachant un je-ne-sais-quoi de mystérieux. Alors qu’on restait sur un goût d’inachevé la semaine dernière sur le personnage en soi, la série offre à son méchant un background très intéressant, en symbiose parfaite avec l’enquête

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Le choix de se passer de Fish Mooney pour cet épisode, elle qui apportait une espèce d’intrigue secondaire en parallèle, laisse présager d’un destin funeste pour ce personnage d’une part, mais aussi la volonté de la série de tout concentrer sur la ville en elle-même, où tout va se passer et se décider, afin de ne pas trop se perdre de vue à un moment où les audiences sont en baisse (4.5 millions de téléspectateurs, quand la série faisait en moyenne du 6.5 millions sur les épisodes précédents). La première étape de l’évolution/descente aux enfers d’un personnage appelé à devenir phare dans la mythologie de Batman est ainsi représentative du virage de maturité à 180°C opéré par la série. Reste à savoir comment la série va gérer cela vu l’âge et les tribulations de mini-Bruce. La continuation de l’intrigue du Pingouin ajoute à un suspense sombre qui n’est pas pour nous déplaire, surtout quand on voit la performance toujours plus impressionnante de Robin Lord Taylor, habité par son personnage de manière viscérale…

Si l’on devait trouver des défauts à ce qui est l’un des épisodes de grande qualité de la série, on pointerait les sempiternels défauts sur courant alternatif, c’est à dire qu’ils sont là, ils ne plombent pas nécessairement l’intrigue, mais ils sont là : le retour de Barbara Kean, qui ne nous avait pas manqué, dans un rôle bienvenu pour lui redonner quelque peu d’intérêt, mais malgré une bonne forme, sur le fond, Barbara reste un personnage assez creux. Par ailleurs, si la série met un peu plus sur le devant de la scène Bruce et Selina, les deux personnages ont d’une image de gosses impertinents n’ayant d’intérêt que pour leur évolution future… On verra si la série leur réserve un destin particulier sur la fin de saison 1

Bien écrit, maîtrisé et interprété, ce deuxième épisode sur 4 est très plaisant. Prometteur pour la suite ? On a confiance !