Gotham est de retour pour 4 derniers épisodes qui nous ont été annoncés comme marquants, et pour l’instant, la tendance est plutôt à la positive, après un épisode 19 plaisant

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Nous avions laissé nos personnages dans des situations relativement ardues : Gordon a remporté une bataille stratégique contre le véreux Commissaire Loeb, ce qui l’a conduit à la tête de l’union des forces de police. Toutefois, nettoyer toute cette pourriture n’est pas chose facile. Fish Mooney fait des courbettes au Dr Dulmacher, afin d’être nommée bras droit de celui-ci, mais ce ne doit être qu’une couverture pour mieux s’échapper. Bruce est encore sous le choc de la trahison de Reginald Payne envers Alfred. Et Le Pingouin apprend la dure vie de « mob boss », chef de mafia.

A présent, Gordon se rend en effet compte que dans cette ville où tout est pourri, la partie n’est jamais gagnée, même quand on est en apparence le patron de la police, et apprend des choses dont il ignorait l’existence, notamment l’existence d’un serial killer séducteur, L’Ogre. Fish tente bien de s’échapper. Le Pingouin met en place une stratégie de vengeance. Et Bruce, du haut de ses 15 ans, cherche Reginald Payne (Alfred est encore bien trop faible) afin de lui faire cracher la vérité.

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Après une coupure d’un mois et un teaser assez spectaculaire, Gotham revient, avec un petit nouveau, L’Ogre (joué par l’ex-Peter Petrelli de Heroes, Milo Ventimiglia), dans un épisode qui en apparence, à l’image des pratiques de ce grand méchant loup bel homme aux belles manières, ne paie pas de mine, avant de vous saisir à la gorge. En effet, crions victoire ! Fish Mooney se bouge le cul, et Selina Kyle sert à quelque chose, tandis que Bruce porte vraiment ses couilles. Cet épisode de retour ne s’appesantit pas sur les conséquences de l’épisode précédent et donne un coup de fouet à ses storylines. En effet, après un épisode 18 qui avait mis les personnages face à de nouveaux paradigmes (promotion pour Gordon, adversité pour Fish, découverte que la candeur n’a pas sa place dans ce monde pour Bruce), il était important que la série reparte pied au plancher.

Et la série monte crescendo : les décors sont (re)plantés avant le générique, et lentement, le piège est posé pour progressivement se refermer sur le spectateur et l’agripper à la fin. Notamment dans le cas de Bruce Wayne : de par l’expérience qu’on a du jeune Bruce, téméraire mais peu amène à faire quelque chose, et le retour d’Alfred étant différé, on se voyait déjà rire des grands airs qu’il se donne avant l’heure (il veut faire du Batman avant Batman, en somme). Au terme d’une scène finale assez surréaliste et un peu « l’alcool c’est mal, regardez Reginald Payne qui se fait mener en bateau par un gosse », le climax est atteint (on vous laisse voir pourquoi), et on est curieux de voir quels enjeux cela créera pour mini-Bruce sur cette fin de saison.

De même pour Fish Mooney. Si depuis quelques épisodes, son intrigue traîne quelque peu en longueur dans cet institut macabre et malsain où un homme peut vous remodeler à l’image de ses délires les plus fous, la série fait le choix intelligent de tout régler en un épisode afin de mieux se concentrer sur ce qui est le plus important : Gotham, où Fish a un rôle à jouer (ou presque, car la série laisse porte ouverte à un destin pas rose pour Fish). Pour combien de temps encore ? Fish étant le seul personnage inventé de Gotham, et les déclarations de Jada Pinkett Smith comme quoi elle ne serait pas dans la saison 2 ne laissent que peu d’options… Toutefois, sans inventer la poudre, Gotham règle cette intrigue de manière plaisante, sachant doser les tensions jusqu’au bout, même si le Dr Dulmacher aurait gagné à être un peu plus approfondi côté machiavélique.

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Quant à Gordon, il est face à un nouvel ennemi, pas comme les autres, et on avoue avoir hâte de voir l’opposition de style que sera son affrontement avec l’Ogre. Installé chef de l’union des forces de police de Gotham (ce qui ne signifie pas qu’il est commissaire, loin s’en faut), son parcours initiatique est toujours semé d’embûches, et on est prêts à parier que la série ne finira pas avec un Gordon indemne, surtout vu ce que la fin de l’épisode annonce. L’Ogre, criminel relativement peu en vue dans les comics, est en cela un choix intéressant, une personnification de Gotham dans toute sa perversion. Cela souligne un peu plus le côté haine de l’injustice, du mal gratuit, et de l’atteinte à l’humanité de Gordon. Si l’enquête n’a pas encore tourné à l’affrontement frontal entre Gordon et L’Ogre, et par extension Gordon et Gotham, l’opposition de style, elle, continue. Ce sera Gordon et la justice face à ceux qui « n’ont pas le choix » et se protègent par servitude volontaire (dont fait partie Bullock). Seul bémol : la série tombe dans une facilité scénaristique en donnant des espèces de flashbacks (avec une esthétique cheap étonnante quand on voit l’esthétique globale de la série) à Gordon, étouffant le côté policier de l’affaire et hachant l’épisode.

Cela ne serait rien sans un Ben McKenzie dans le bon tempo, affûté, et dont la confrontation avec le quoique un schouïa trop mécanique Milo Ventimiglia promet quelques étincelles. Signalons le retour toujours dans le juste ton de Donal Logue en Bullock et Jada Pinkett Smith en Fish Mooney, mais aussi d’un David Mazouz acceptable en Bruce Wayne.

Rendez-vous la semaine prochaine pour un prochain épisode qui, l’espère-t-on, tiendra ses promesses !