IT IS BACK ! Game of Thrones revient avec sa saison 5, après des mois d’attente frénétique. Et le premier épisode est à la hauteur des attentes…

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL GLOBAL DE LA SAISON 4

A la fin de la saison 4, nous avions vu Tyrion abattre sans remords son père d’un coup d’arbalète, alors que celui-ci assouvissait un besoin naturel. Cruel destin. Tyrion n’était pas en reste, puisqu’il tuait également son ex-maîtresse, Shae, qui l’avait trahi, jusqu’à coucher avec son père. Tyrion s’enfuit ensuite pour Pentos avec Varys. Arya, quant à elle, choisit de s’embarquer pour le Nord, afin de devenir Sans-Visage, utilisant la pièce que lui a laissée Jaqar. Son ex-« protecteur », le Limier, est laissé pour mort. Jon Snow assiste à la capture de Mance Ryder, le roi d’Outre-Mur, par Stannis Baratheon, venu occuper Chateaunoir. Daenerys décide de rester à Meereen pour gouverner, non sans avoir banni Jorah Mormont, révélé espion pour les Lannister. Sansa devient plus ou moins la concubine de Littlefinger, après que celui-ci ait tué sa tante Lysa Arryn.

A présent, Cersei et Jaime font les comptes de ce que la mort de Tywin leur laisse, Daenerys gouverne, Tyrion arrive à Pentos, Brienne se pose des questions, et Jon Snow rencontre Stannis qui lui confie une mission délicate…

On attendait le retour de Game of Thrones, et on peut dire que l’on n’a pas été déçus. Ce premier épisode, que l’on va tâcher de ne pas trop spoiler, remplit complètement le cahier des charges, et offre une ouverture qui promet beaucoup d’interrogations, d’embûches et de dilemmes pour les personnages, ce qu’on attend d’une telle série. C’est pour commencer un épisode très politique, mais qui a le mérite de ne pas se reposer uniquement sur les conséquences du final de la saison 4. Plus encore, il entre directement dans le vif du sujet, et pose des questions très intéressantes.

©HBO

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La première est celle de l’intérêt. Elle concerne d’abord Tyrion, sur son futur rôle : à présent qu’il se trouve loin de la pourriture de Westeros, quelle va être son action, mais aussi son influence sur les évènements ? Une similarité est à trouver avec le 12e Docteur, qui au début de la saison 8 se demandait si il était un homme bon. Tyrion, dans l’esprit de la série, est carrément radical et ne se pose même pas la question : il est aussi pourri que les autres, il n’est pas une victime. Il a combattu, s’est tapé des putes, s’est soûlé, a même été Main du Roi. Non, il n’est pas parfait. Mais malgré tout, c’est pour ca qu’on l’aime, c’est pour ca qu’il n’a pas intérêt à rester les bras croisés et à agir contre sa nature : il a non seulement de la chance, mais aussi de l’esprit, et cela, il a plutôt intérêt à s’en servir, car nul cerveau n’est comme le sien. Alors pas le temps de se morfondre : il agit. Comme le dit Varys : même un idiot, avec un droit de naissance, a du pouvoir. Qu’en est-il du rejeton nain de la famille Lannister, ex-main du Roi ?

C’est ensuite le cas de Cersei : elle reste la reine mère, régente, et surtout manipulatrice (who cares about Tommen ?). Petite nouveauté : on a droit à un flashback d’un temps lointain la concernant, révélant quelques évènements plutôt tragiques (on vous laisse découvrir !). La mort de Tywin pourrait remettre en cause l’harmonie du couple incestueux qu’elle forme avec son frère Jaime, qui a désormais largement montré qu’il n’était pas d’accord avec toutes ses prérogatives (c’est quand même lui qui a libéré Tyrion). Cela mis en regard de ce qu’annonce le flashback pourrait entraîner une certaine radicalisation, voire brutalisation chez Cersei, qui se pose des questions (et hait une Margaery qui lui rend plutôt bien au travers d’une apparition dont les paroles sont lourdes de sens…).

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C’est aussi et surtout un épisode sur les principes. Si bien souvent les principes sont les grands sacrifiés dans Game of Thrones (pas vrai Ned « honneur, dignité et discipline » Stark ?), corrompus par le pêché ou l’orgueil (n’est-ce pas Oberyn « face de tomate » Martell ?), l’épisode s’interroge sur le fait de pouvoir ou non agir, voire mourir pour des idées. On ne spoilera rien, mais on peut vous dire qu’une première réponse est apportée. Jon Snow, qui rien que par son visage ne semble jamais rien savoir (sic) quel est le bon choix face à chaque situation, porte ses couilles dans cet épisode. Mais combien de temps cela va-t-il le laisser en vie, là est la question…

Quant à Daenerys, enfin, elle continue de se rendre compte que ce n’est pas avec trois dragons (enfin deux, le troisième est parti on ne sait où) et une armée d’Immaculés que l’on devient reine du monde. L’épisode lui offre un nouvel ennemi, un nouveau clan, à la manière des évènements de Qarth lors des saisons précédentes. Plus que jamais, Daenerys va devoir affronter et la contradiction et ses limites, elle qui veut bâtir le monde idéal sans esclaves ni esclavagistes. Ce premier épisode semble lui annoncer de nouvelles déceptions pour la suite. Va-t-elle aller à l’encontre de ses principes au nom des traditions des peuples qu’elle a rencontrés ? Mais peut-on, de manière générale, complètement bouleverser, même pacifiquement, un monde de servitude volontaire ? La série continue de nous faire marcher en équilibre sur un fil instable, alors que la saison 4 avait vu un esclave réclamer de nouveau l’esclavage. Il n’est pas si simple de faire marcher un peuple né esclave : Tyrion le dit justement, c’est en lésant les plus faibles que les puissants ont eu leur pouvoir à la base.

Esthétiquement sublime, comme toujours, bien interprété dans l’ensemble, répondant aux attentes tout en en créant de nouvelles, la saison 5 de Game of Thrones tient pour l’instant toutes ses promesses, et on a hâte de voir la suite !

La saison 5 de Game of Thrones sera diffusée chaque lundi à 3h du matin en direct des US puis retransmise à 20h55 sur OCS et Canalsat.