Partials est un livre de Dan Wells qui est paru au Livre de Poche le 1er avril dernier. Cette dystopie raconte comment les humains ont détruit la planète en créant des êtres génétiquement modifiés ressemblant aux Hommes, mais dotés d’une force surhumaine et d’une invincibilité incroyable. Ces derniers, les Partials, se sont rebellés et ont créé un virus, le RM, qui a tué la quasi-totalité des humains. Quarante mille survivants ont élu domicile sur l’île de Long Island et tentent de reconstruire un semblant de civilisation.

Partials est l’une des dystopies les plus surprenantes qu’il m’ait été donné de lire. Dan Wells a réussi à imaginer une fin du monde incroyable avec des survivants qui croient en l’avenir mais qui sont trompés par le système politique mis en place. Le virus RM, qui a tué presque entièrement la planète, a investi le corps de tous les humains. Depuis la fin de la guerre, chaque nourrisson ne survit que quelques jours. Le Sénat, avec l’aide des médecins, a décidé de créer la loi Espoir, qui traumatise toutes les jeunes femmes. Cette loi ordonne aux filles âgées de 18 ans de tomber enceinte. Le Sénat pense que l’un de ces très nombreux enfants finiront par développer une immunité au virus et finiront par survivre.

partials -dan-wellsMais cela ne fonctionne pas le cas et trop de nourrissons décèdent, laissant les jeunes mères dans un désespoir total, d’autant plus qu’elles doivent retomber enceintes tous les ans. Certains survivants décident de se battre contre le gouvernement. Ils se font appeler « La Voix du Peuple » et sont considérés comme des rebelles. Les survivants vivent avec la peur de perdre leur enfant, la peur de tomber sur les rebelles et la peur que les Partials, qui ne vieillissent jamais et sont invincibles, ne se décident à les éradiquer.

Avec Partials, Dan Wells a créé un dystopie des plus captivantes. Une grande partie du roman traite du RM et contient beaucoup de données scientifiques. Ce n’est pas pour nous déplaire même si, par moment, cela devient lassant de lire des statistiques, des données sur des globules, etc… L’héroïne principale, Kira, est étudiante en médecine et veut par tous les moyens trouver un antidote au virus. C’est son histoire que le lecteur va suivre. En effet, même si Kira ne fait pas partie de La Voix du Peuple, elle se rebelle contre l’autorité et ne se laisse pas faire. Elle sera prête à donner sa vie pour trouver un remède, quitte à rentrer en territoire Partials pour en capturer un et l’étudier…  Les Partials sont-ils réellement comme les anciens le prétendent ? Kira le saura très rapidement.

Partials est un très bon livre avec des personnages attachants et combatifs. Le lecteur plonge dans l’histoire et ne peut que soutenir les rêves et espoirs de cette génération qui n’a connu que la vie après la guerre. Ils sont rabaissés par l’ancienne génération car considérés comme faibles et imbéciles mais, à  15ans, sont déjà beaucoup plus adultes que certains. Ils  savent déjà utiliser un fusil et, à 18 ans, sont destinés à devenir parents de nouveau-nés condamnés.

Dan Wells, auteur de Partials

Dan Wells, auteur de Partials

Partials est une dystopie riche en émotions avec des héros qui vont tout risquer pour sauver le futur. L’auteur de Nobody et de Je ne suis pas un serial killer convainc les lecteurs qu’il existe des livres encore mieux imaginés que Divergente. C’est cette partie scientifique qui n’existe nulle part ailleurs qui va transporter le lecteur dans l’histoire de Partials. Mais bien que cela soit nécessaire pour la bonne compréhension de l’histoire, Dan Wells risque de perdre certains lecteurs en cours de route.

« – Excusez-moi, madame, lui demanda-t-elle sans oser la regarder dans les yeux, mais si le docteur en a terminé avec le corps, Ariel pourrait-elle le tenir dans ses bras ? Juste une minute ? […]

– Ecoutez, Kira. Je sais que vous avez réussi votre formation à toute vitesse, et haut la main. Il est clair que vous êtes extrêmement douée pour la virologie et l’analyse du RM, mais les compétences techniques ne font que la moitié du métier. Il faut aussi vous préparer psychologiquement, sans quoi cette maternité ne fera qu’une bouchée de vous. Vous êtes parmi nous depuis trois semaines ; ceci est votre dixième enfant mort. Pour moi, c’est le neuf cent quatre-vingt-deuxième. […] Vous allez devoir renforcer votre cuirasse. […]

– Je sais que vous en avez perdu beaucoup, madame, répondit-elle, la gorge serrée. Mais pour Ariel, c’est le premier. »