La maladie d’Alzheimer est loin d’être rare. Elle touche plus de 5% de la population de plus de 65 ans, en majorité, des femmes. Mais quand le patient est âgé de moins de 50 ans… cela se complique.

Pour ce rôle, Julianne Moore a raflé toutes les récompenses des cérémonies, Oscar, BAFTA, SAG, Golden Globe… et ce, à juste titre.

Le professeur Alice Howland, éminente personnalité du monde la linguistique, enseigne à l’université de Columbia. Provenant d’un milieu aisé, profitant d’une éducation poussée, heureuse en ménage comme dans sa carrière, Alice voit sa vie chamboulée quand son neurologue lui diagnostique un Alzheimer précoce. La progression de la maladie est fulgurante, et les yeux du spectateur suivent avec empathie et beaucoup d’admiration cette femme à la personnalité bien trempée. Il s’agit d’une adaptation libre du roman de Lisa Genova, diplômée en neurologie de son état, où elle décrit la maladie avec de nombreuses précisions. La continuité en pointillé du film renforce également son message, l’oubli fait place au vide et quand on s’en rend compte, il est déjà trop tard. Cette peur de vieillir que beaucoup de gens connaissent prend son véritable sens dans ce film. Le pire quand on pense à l’Alzheimer, c’est sans doute la fatalité qui l’entoure. La lutte n’a jamais été équitable et même si Still Alice pointe du doigt quelques symptômes et conséquences, la vérité est souvent plus tragique…

©Sony

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En soi, le personnage d’Alice est tellement bien écrit qu’il transcende l’ensemble, la prestation de Julianne Moore ne sert que d’intermédiaire pour transposer à l’écran une femme remarquable. Nul doute sur son talent et son charisme, bien entendu, mais forcément, quand on interprète un rôle fait pour les récompenses, en rafler quelques unes semblent de mise. Le terme « victoire facile » paraît un peu exagéré, mais pourtant, on ressent une certaine facilité dans un film larmoyant où tout tend vers le pathos. Toutefois, les émotions brutes dépeintes par Moore se révèlent aussi sincères que poignantes. Les scènes familiales viennent tirer sur la corde sensible encore plus, et si on en vient à blâmer Alec Baldwin, à critiquer le comportement de Kate Bosworth et à oublier le nom de Hunter Parrish, au final, c’est la présence de Kristen Stewart qu’on retient. La jeune actrice toujours avec ses airs d’être humain mal à l’aise dans tout ce qu’elle fait, réussit à rendre tangible la relation mère-fille qui la lie à Moore et à convaincre le spectateur de cet amour familial et de la difficulté que les gens qui nous aiment font preuve face à la maladie. Non, ce n’est pas un manque d’amour, mais peut-être trop d’amour qui est problématique…
Le discours donné par Alice au cours du film rend hommage à toutes les victimes de l’Alzheimer, et rappelle à leur entourage que le plus beau cadeau qu’ils puissent leur faire, c’est de se souvenir d’eux comme ils ont vécu, et que derrière tout ce néant, ils existent bel et bien. Même s’ils ne sont plus vraiment eux-mêmes…

Toujours en salles, Still Alice laisse malheureusement un goût d’inachevé à la sortie du film…
(P.S. : Préparez vos mouchoirs si vous vous savez sensibles devant un écran de cinéma…)