The Walking Dead, saison 5 : Dead Meat

The Walking Dead, saison 5 : Dead Meat

C’est la fin pour The Walking Dead ! Il est l’heure du bilan, en passant par une petite revue de l’épisode final, d’une durée de 60 minutes (90 minutes en comptant les publicités)

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL, ET SURTOUT SPOILER SUR TOUTE LA SAISON, Y COMPRIS L’EPISODE FINAL. LA LECTURE DE CET ARTICLE SE FAIT A VOS RISQUES ET PERILS

Dans l’épisode précédent, l’opinion autour du groupe de Rick se dégradait, et les tensions se cristallisaient, notamment autour de Rick lui-même qui décidait de passer à l’acte en jouant les protecteurs féministes de Jessie, battue par son mari Pete. Alors qu’il partait dans un monologue pour dire à quel point Alexandria et sa population étaient des fous naïfs, il est assommé d’un coup de crosse par Michonne.

Dans cet épisode final, Deanna organise une réunion pour statuer sur un éventuel exil de Rick. Celui-ci l’apprenant est bien décidé à faire entrer ses idées dans la ville et fomente un plan si jamais le jugement devait lui être défavorable. Morgan, le premier homme que Rick a rencontré au tout début de la série, le cherche, vivant en ermite dans la forêt. Daryl et Aaron continuent leurs pérégrinations, alors que parallèlement un groupe du nom de Wolves, pensant que les humains étaient des loups avant, accomplissent des actions encore obscures. Enfin, Glenn et Nicholas en viennent aux mains…

©AMC

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Soixante minutes donc, desquelles on pouvait attendre raisonnablement plus qu’un épisode normal, tant il nous semblait promis d’une part des débouchés sanglants et d’autre part une mise en place d’un nouveau décor préparant la future sixième saison. Il n’en fut rien : si l’épisode réussit à agencer plusieurs intrigues qui au fond ont le point commun de la mise à l’épreuve tant spirituelle que physique, ce dernier épisode se comporte comme un épisode habituel, sans vrai relief particulier, et bouclant plus ou moins ses intrigues en roue libre. Sauf que cette fois, la roue libre ne dure pas la moitié de l’épisode, mais les trois quarts, l’action ne prenant véritablement son envol que vers la 45e minute. C’est peu, trop peu. A l’image de la série, cet épisode final déçoit au niveau des attentes, mais aussi des espoirs d’une fin de saison musclée, et, disons le franchement, couillue, plutôt que de rester au stade de considérations.

Après, ne tirons pas sur l’ambulance : la série a choisi la retenue (encore que) pour centrer totalement son épisode sur Rick et ce n’est pas plus mal, étayant quelque peu sa réflexion plutôt que de tomber dans le gore trop facile. Certes, il y a bien la baston de gamins entre Nicholas et Glenn, le second reprochant au premier d’être responsable de la mort de Noah et Aiden, l’autre disant « c’est pas moi c’est lui » avant de se transformer en chochotte, mais le véritable propos est : est-ce que Rick est un chien enragé méritant d’être exclu, ou bien un mec avec un instinct de survie radical ? Eh bien la série ne tranche pas… jusqu’aux 30 dernières secondes. Tout l’épisode durant, on a du « je suis désolé, j’aurais pas dû le faire mais bon quand même quoi il bat sa femme » (Rick), « Rick m’a sauvé la vie » (Carol), « Rick est ce que vous allez devenir, il a développé ce caractère dehors » (Michonne), « on a tous tellement perdu » (Maggie). Puis c’est Rick lui-même qui, arborant une prise de guerre (un zombie qui s’était introduit dans Alexandria), leur explique qu’il ne faut pas être naïf et que les zombies finiront par entrer dans la ville. Soit : après tout, c’est ce qui est arrivé avec la prison, et il transmet son expérience. Et puis Pete débarque, veut tuer Rick avec le katana de Michonne, tranche la gorge du mari de Deanna qui voulait le calmer, et là allez, Deanna lâche tout et dit à Rick de le tuer, ce que celui-ci fait sans se faire prier, alors que débarque un Morgan incrédule.

©AMC

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Fin qui laisse plus circonspect qu’autre chose : déjà parce que ca ne surprend que sur le moment, mais ensuite on se rend compte que la mort de Pete devait intervenir tôt ou tard dans l’épisode, surtout après le discours lourd de sens de Carol quelques minutes plus tôt ; ensuite parce que c’est ainsi que la série fonctionne depuis 4 saisons, faisant « monter la pression » avant de conclure sur un final abrupt nous laissant incrédule. Ici, la mort du mari de Deanna n’est évidemment pas due au hasard, et ce personnage est sacrifié pour montrer que Deanna aussi a de la haine en elle et donc va autoriser Rick à le tuer. Le fait que celui-ci le fasse sans sourciller, alors que les dix dernières minutes durant il avait semblé opérer un virage de la modération laisse tout aussi perplexe : on ne comprend pas très bien, à part pour coïncider avec la venue de Morgan qui évidemment ne l’a pas connu ainsi, pourquoi Rick tue Pete. A notre sens, il eût été intéressant de voir la réaction de la population puis Deanna sur le long terme et laisser Rick en suspens face à la décision. On a surtout l’impression que la série a pas mal calibré son final pour faire un peu de teasing pour la saison suivante tout en offrant aux fans une mort attendue. Mais qu’est ce qu’on en retient, là est la question : que dire de Rick, alors que tout son propos tombe à l’eau en un coup de feu ? Que penser de la communauté d’Alexandria : traumatisée, changée, consciente, inconsciente, dans le déni ? L’homme est-il un loup pour l’homme ? Beaucoup de questions, mais finalement peu de réponses : la série ne trouve pas l’équilibre entre poser un germe de réflexion chez le spectateur et exigences cinématographiques

En vrac, citons le fait également que de nouveaux ennemis, le groupe peu encore identifié des Wolves, sorte d' »étatdenaturistes » un peu désaxés, donnant cela dit lieu à une très jolie scène entre Daryl et Aaron, piégés dans une voiture entourée de zombies, et prêts à se sacrifier, cela malheureusement tué dans l’oeuf par l’arrivée de Morgan (oui, un affrontement bien frontal contre l’adversité aurait fait un bien fou). On a également le père Gabriel en mode « ange déchu », finissant par rencontrer l’ange exterminateur Sasha, dans des scènes aussi futiles les unes que les autres. Et donc un combat entre Glenn et Nicholas où le seul moment intéressant (quand Glenn se retrouve aux prises avec plusieurs zombies alors qu’il a l’épaule blessé) est totalement skippé par une éclipse magique, tout ca pour finir sur une attitude « je suis trop honnête pour tuer » de Glenn. Rien de très consistant à se mettre sous la dent, l’épisode reposant exclusivement sur le sort de Rick.

Une image punchy pour finir... ©AMC

Une image punchy pour finir…
©AMC

Alors quel bilan de saison ? Il se résume assez rapidement : après une première partie de saison totalement à la dérive, devenant de plus en plus insupportable au fil des épisodes jusqu’à une trêve hivernale bien méritée… pour le spectateur. Après cette trêve, la série est revenue bien changée, avec de meilleures intentions comme à ses plus belles heures, soulevant des questions intéressantes sur la place de l’homme dans la société apocalyptique, et sur l’opposition entre une civilisation idéale et une civilisation sauvage, et sur ce qu’est la civilisation dans une apocalypse zombie. Mais la série n’a jamais dépassé le stade des bonnes intentions, la faute à certains problèmes handicapants : des personnages ralentisseurs d’intrigues (Sasha, le Père Gabriel), des dialogues portant le fardeau des poncifs, par des acteurs pas assez à la hauteur, pas aidés il est vrai par des écritures de personnages parfois inexistantes (Rick se dégrade, Glenn n’évolue pas d’un pouce, Maggie joue les utilités…), trop de prévisibilité (l’épisode final, donc, la révélation de Eugene, le sempiternel un lieu/une action qui écarte toute surprise), et des choix pas toujours folichons (seuls des personnages relativement secondaires sont morts, dont Beth incompréhensiblement après s’être emmerdé à développer son personnage, la mort des cannibales de Gareth au bout de 3 épisodes, des cliffhangers à tout va…), ainsi qu’un aspect Call of Duty limite lobbyiste un peu trop prononcé. L’impression générale reste la frustration de ne pas avoir vu cette série déployer tout son potentiel.

Rendez-vous désormais dans quelques mois pour une saison 6 que l’on espère être un peu plus entreprenante, sur la lancée des promesses de la fin de saison 5.

About The Author

Leo Corcos

Critique du peuple, par le peuple, pour le peuple. 1er admirateur de David Cronenberg, fanboy assumé de Doctor Who, stalker attitré de David Tennant.

14 Comments

  1. Sérieux vous en avez pas marre de critiquer ?
    Si elle est numéro 1 c est pas pour rien #TWD !#1m

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  2. Leo Corcos

    On en a pas marre, non, c’est notre job 😉

    Donc du fait qu’elle est numéro 1, elle est intouchable ? Désolé, mais notre conception fait que justement, plus une série a du succès, plus elle est à même d’être mise à l’épreuve. On ne va pas brosser dans le sens du poil juste parce que des millions de personnes regardent 😉

    Mais on veut bien débattre vraiment sur pourquoi tu as kiffé ! 🙂

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  3. Bonjour,

    Bien que partageant tout a fait votre analyse, je n’ai pas le même avis que vous sur la fin.

    Je pense plutôt que celui que Rick a tué est le mari de Daenna pour l’empêcher de se changer en zombie.

    Donc pour moi le vrai cliff c’est plutôt de savoir sur qui a tirer Rick, Pete, ou le mari de Daenna ?

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    • Non Rick a tiré sur le gars qui battait sa femme, car il venait de tuer le mari de Deanna 🙂

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  4. Leo Corcos

    Ahhh, c’est une théorie extrêmement intéressante, et j’avoue que ca ne m’avait pas du tout traversé l’esprit ! Il est vrai que l’on ne voit pas qui Rick abat. Toutefois, tous les résumés sur Internet semblent dire que c’est Pete qui prend la balle… Mais je trouve votre théorie évidemment plausible. Qu’en sera-t-il ? On le verra 🙂

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  5. Leo Corcos

    Je viens de revoir la fin : Rick regarde Deanna (qui tient Reg mourant dans ses bras) dans les yeux, et recoit l’ordre de « le faire ». Et là, Rick se détourne de Deanna pour tirer. De plus, l’expression incrédule de Morgan semble plutôt due au fait que Rick tue un humain et non un zombie. Je pense donc, malgré le fait que ca pourrait en effet être Reg (quoiqu’ils vont sûrement l’enterrer, pas le laisser se transformer), que c’est bien Pete qui a pris la balle.

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  6. Trés, trés et encore une fois, trés bonne analyse. J’ai commencé à suivre cette série avec enthousiasme, aprés la scène où rick se retrouve dans un tank entouré de zombie, ceci car cette scène où la puissance de cette arme de guerre ne servant plus qu’à être l’espace d’un refuge de survie fasse à un mal contre lequel elle ne pouvait plus rien, m’a frappé et profondement intéressé! Car, comme tu en parles, le questionnement sur la destabilisation de la société moderne par ce mal soudain été un postulat de départ trés prometteur… Mais hélas, le coté soap opéra, les codes de séries américaines de lissages, ont, depuis la scènes du tank, anéanti mes espoirs. J’ai peiné à finir la saison. Je ne pense pas suivre la prochaine. Mad men pour d’autres raisons m’avait interpellé mais pour les mêmes raisons citées plus haut, m’a lassé. Breaking bad à fait le job et better call saul suit le même chemin. Celui de l’étude des méandres de l’âme humaine.

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  7. Leo Corcos

    Merci pour ce commentaire ! Heureux de voir que je ne fédère pas uniquement dans la désapprobation avec mes critiques ^^

    Oui, voilà : le premier épisode était vraiment prometteur, je pensais voir une série couillue, avec du choc, du survival horror (du vrai), et vachement sombre. Et puis ca s’est délité, même si c’est un peu revenu sur la fin. C’est vraiment du pur gâchis, je trouve

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  8. Effectivement Léo, j’ai revisionné le passage et tu as raison, Rick à l’air de tirer sur Pete.

    Par contre j’ai découvert autre chose que je n’avais pas remarqué lorsque j’ai vu l’épisode pour la première fois.
    Lorsque Pete arrive avec le katana, celui-ci est déjà taché de sang… Est-ce une erreur de montage de la série ou alors est-ce que Pete aurait tué quelqu’un ? Carl, Judith ? Ses enfants ?

    Je n’ai pas trouvé d’infos la dessus, mis a part sur un forum anglais où quelqu’un avait aussi remarqué ce détail, mais personne n’a d’explication.

    Une idée ?

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  9. Leo Corcos

    J’ai revu la scène et vu cela en effet ! Malheureusement, on n’a aucun détail (si jamais ca en est un, ca pourrait être le plus gros faux-raccord de l’histoire de la TV ^^). Ma foi, je ne sais pas, je ne suis pas plus avancé. Il pourrait en effet avoir commis un autre crime, mais on ne le saura qu’à la saison 6 !

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  10. merci, je suis fan du Comics, j’ai retrouvé certaines scènes très réussies dans le show…mis à part ça pas grand chose vus avez bien résumé leurs soucis, avec tous ces personnages qui vont en forêt! Tous!! la symbolique est usée jusqu’à la corde et en plus certaines scènes souffrent d’incohérence, une chose: Rick et Pete se battent bien de jour non? Pourtant tout le monde parle de ‘l’autre soir » erreur de script?? plein de détails qui passent sous la « licence cinéma » mais au final on voit de plus en plus les ficelles et ça nuit à la qualité du show…dégouté de voir comment ils s’occupent d’Abraham. Après je reste persuadé que leur plus grosse erreur dont ils n’arriveront certainement pas à se relever et que 16 épisodes est beaucoup trop….la saison 1 était mythique et intense, la plus courte,ensuite ils se sont perdus dans des circonvolutions et à force de pas vouloir copier la bd ils en perdent la force, l’originalité et plein de détails sur comment survivre, ou trouver des vivres, l’hiver arrive, comment se protéger, créer des pièges etc là on voit Daryl tuer 3 écureuils pour 12 personnes et ça va, sans sompter les acteurs tout de même bien en forme pour des survivants

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  11. Très bonne analyse de Léo! C est quand même vrai que la série devient soporifique . C est vraiment dommage car le potentiel de la série est juste énorme. Mais franchement depuis la saison 3 il se passe plus rien. On a l impression de voir les mêmes scenes recyclées a l infini. Ca devient limite foutage de geule par moment, entre personnages secondaires insipides et scenes de réflexion pseudo intellectuelle y a quand meme pas grand chose à se mettre sous les dents. J espère vraiment que le tir va être rectifié car j en peux plus de tous ces ep qui tirent en longueur uni quement la pour combler.A ce rythme il pourra y avoir 20 saisons!

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    • Leo Corcos

      Romain : niveau « état de survie », ce n’est pas le pire : l’intrigue d’Alexandria voit des survivants traumatisés. Ca, c’est un bon point, mais ils ne l’ont pas capitalisé, ils ne l’ont pas exploré. La série se contente de généralités frustrantes, américanisantes, se basant sur des cliffhangers plus grossiers les uns que les autres, sans force, sans couilles quoi. Et je ne parle pas des zombies au strict minimum qui font « passage obligé »

      Fred : Merci beaucoup 🙂 Comme dit dans l’article, les questions soulevées sur la place de l’homme pourrait rendre la série géniale, genre Game of Thrones version Walking Dead. Mais non rien. C’est de là que vient mon exigeance pour la série : vous vous prenez au sérieux, eh bah prouvez le ! Mais rien, rien de rien, c’est toujours la même chose, toujours le même schéma barbant et répétitif. Oui, des personnages comme Glenn, Maggie, Sasha, sont à baffer, ils ont eu une vraie action à eux à 3 épisodes de la fin, je considère cela assez discriminatoire. Je me demande de quelle matière ils vont tirer le spin-off. Pour la saison 6, que j’espère être la dernière, va falloir en effet hausser le niveau, parce que c’est de l’observation presque amateuriste niveau filmage et dialogues !

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  12. Rick a tiré sur le gars qui battait sa femme

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