Après 6 saisons de plus ou moins loyaux services, la troupe de Glee tire sa dernière révérence.

Glee, c’est 6 saisons, 121 épisodes, plus de 700 performances, qui a fait pleurer, rire, réfléchir toute une génération. Même après être tombée dans les méandres de la médiocrité, nul ne peut nier que Glee a su impacter des vies.

La série musicale hit du moment : en 2009, à l’horizon rien de nouveau. High School Musical avait cartonné chez Disney pour même sortir son dernier volet sur grand écran. Outre-Atlantique, Britannia High connaissait un cuisant échec. Ça chante ? Meh, quelle ringardise. Et pourtant… Ryan Murphy bien loin de Nip/Tuck ou Running With Scissors produit alors un petit phénomène. Glee. Qui aurait parier dessus ? La série prend tellement d’ampleur qu’une tournée internationale de concerts est prévue pour cette chorale fictive.

©Fox

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La parole aux victimes : il y a un mot anglais qui a pris tout son sens pour moi en regardant la série, « underdog ». Toi, là, celui dont on se moque ouvertement à l’école, qui es un peu différent dans tes goûts et styles, qui ne te sens pas à l’aise dans ton corps ou tout simplement pas à ta place. Tous les marginaux qui manquent de confiance en soi ou qui subissent des brimades, petits ou grands. C’est à tous que s’adresse cette série. Dans ses leçons d’humanité à deux sous bien entendu, mais aussi dans sa volonté de vouloir montrer que chacun possède une part de bonté. Parfois, il est bon de montrer un monde où on est accepté malgré nos différences, même si ce n’est pas toujours la vérité. Les séries cyniques et violentes, on en a tous les jours, mais une avec un optimisme inébranlable (oui, merci, Unbreakable Kimmy Schmidt), c’est rare. Et les gamins ont besoin d’être guidés même par une série qui en devient aseptisée.

Des chansons redécouvertes : ce qui est bien quand on s’autorise à reprendre des chansons (bon, si on arrive à dénicher les droits, on se rappelle l’épisode Kings of Leon), c’est qu’on peut comparer à la version originale et remarquer que parfois, la reprise est meilleure. Et on découvre pas mal d’anciennes pépites qui avaient échappé à notre vigilance d’antan. Certes, elles ont pu être remises au goût du jour, et même si la majorité des chansons entre dans la catégorie de la pop, les genres varient avec de grands succès de Broadway et des titres plus indépendants. Pouvoir entendre du Sinatra et dans un même épisode Rihanna, je ne suis pas sûre que ce soit possible partout. Mention spéciale pour les chorégraphies, notamment des professionnels (en gros, les chorales rivales) qui envoyaient du lourd.

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Des défauts impardonnables : malheureusement, la qualité n’aura pas duré très longtemps. A vrai dire, critiquement, certainement deux saisons. La troisième est pardonnable mais la suite… A titre personnel, je comprends la difficulté et le culot qu’il faut pour changer complètement un cast comme Skins le faisait tous les deux ans, mais c’est pourtant ce qui aurait permis à Glee de se renouveler à chaque cycle. Si on outrepasse le manque de créativité, la faiblesse des nouveaux personnages dont on n’arrive pas à s’attacher car prêts à dégager au moindre changement sans que leur fin soit expliquée de quelle que manière que ce soit (Sugar ? Joe ? Matt ?), il est impossible de fermer les yeux sur la trame principale qui reste un mystère entier. Monsieur Ryan Murphy, vous faites subir à toute vos séries un sort similaire. Deux premières saisons spectaculaires (et j’inclus American Horror Story) et une suite qui finit en débâcle sans nom…

Une lente agonie : alors que le pilot avait ouvert avec plus de 7 millions de téléspectateurs, sur sa fin, elle rassemblait difficilement les 2 millions. Son chant du cygne a attiré 2,6 millions, ce qui montre un regain avec tous ceux qui ont voulu clôturer la page pour de bon ou qui ont tenu le coup. Tout au long de la saison, elle a tenté de se faire pardonner ses erreurs, en faisant des références à toutes les incohérences de scénario. Mais ça n’a pas changé le fait qu’ils ont amené des nouveaux personnages pour une saison écourtée alors qu’ils auraient très bien pu conserver les anciens nouveaux. Le finale est comme on pouvait s’y attendre. Bref. Glee se finit sur une belle note (enfin, à moitié, reconnaissons que le 613 laisse à désirer même avec la dernière scène alors que le 612 tirait vraiment sur la corde nostalgie). Merci Will Schuester, Rachel Berry, Kurt Hummel, Mercedes Jones, Tina Cohen-Chang, Artie Abrams, Finn Hudson, Noah Puckerman, Santana Lopez, Brittany S. Pierce, Quinn Fabray, Sam Evans, Blaine Anderson et Mike Chang d’être passés ou restés.

(P.S. : Sur ce, je vais aller revoir le double épisode final, pleurer un bon coup, et oublier cette série. Adieu. Et on se rappellera Cory Monteith en train de chanter sous la douche.)