Episode au goût très relevé cette semaine : sous la houlette de Jennifer Lynch, fille de, The Walking Dead opère une épuration

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, Rick faisait un premier passage à l’acte en se procurant « illégalement » des armes grâce à une magouille de Carol, et en plus confirmait ses vues sur la femme du docteur de la ville ; Daryl décide de passer de loup à chien de berger ; et Deanna confirmait de plus en plus des membres du groupe de Rick à des postes stratégiques.

Cette semaine, on a droit à Noah et ses ambitions architecturales, Abraham qui montre à quel point il est viril sur un chantier de construction ; Glenn, avec Noah, Tara, Eugene et deux autres partent voir ce qui cloche avec l’alimentation de la ville…

Si on cherchait un épisode qui illustrât plus The Walking Dead et la vision qu’on en a, cet épisode serait le parfait exemple : totalement incompréhensible sur sa forme, ses choix scénaristiques, ses personnages, puis une accélération qui prend graduellement aux tripes avec tout de même plusieurs chocs. Mais il faut bien le dire, c’est l’épisode qui représente le plus la série, cette saison : il aura donc fallu attendre 14 épisodes ! Alors, effet Jennifer Lynch ? Pour ceux attendant des thèmes lynchiens, c’est pas la peine ; la fille de David n’a rien de son père, et elle n’est pas connu pour son talent cinématographique (elle obtint même un Razzie du pire réalisateur), et au final, cet épisode aurait pu être fait par n’importe qui. Alors en quoi cet épisode est-il meilleur ? D’un point de vue de la production, peut être nous a-t-on réservé les meilleures cartouches pour la fin, peut être pour nous surprendre ponctuellement (ce qui serait raté)… D’un point de vue scénaristique, en tout cas, c’est du fait qu’on ait enfin ce qu’on attend de cette série : un peu d’action, des zombies réellement dangereux (pas juste un semblant d’accrochage dont on sait que ca va finir en tête écrasée), et surtout, un choc ou deux !

©AMC

©AMC

Il est dommage que cela ne dure que la moitié de l’épisode, comme d’habitude. Pendant la première moitié, c’est un chaos assez incompréhensible de mini-saynètes : le père Gabriel (Seth Gilliam au top de la médiocrité) pète un câble et déchire une Bible sans grande explication ; Rick a abandonné ses projets belliqueux sans vraie raison pour aller un peu draguer comme un pied ; Noah veut apprendre à construire des murs ; et le petit Sam a envie de cookies. Bref, il ne se passe rien, l’action principale (qui va se dérouler dans un entrepôt) met un temps fou à se mettre en place, et puis là paf ! Si l’on excepte le fait que le personnage de Eugene est encore et toujours maltraité pour nous le rendre encore plus pathétique qu’il ne l’était déjà, avant finalement de lui acheter un courage de fortune, on a droit quand même à deux scènes très violentes et gores (facilement 30 secondes sur chaque, et mine de rien, ca fait mal). Et c’est ca qu’on veut voir ! Parce qu’on commencait à s’endormir, et cet épisode nous réveille enfin en nous offrant un affrontement zombies-humains, dans le noir, avec des personnages séparés dans toute la salle, salle elle-même exigüe, bref, LE SURVIVAL HORROR, le grand oublié de la saison. Tout cela mène à une petite épuration de personnages secondaires.

©AMC

©AMC

La série réussit aussi quelque chose de pas trop mal amené, et qui se voit dans la seconde partie de l’épisode, c’est, à travers le personnage symbolique de « J’ai de la virilité et je la montre » Abraham, la prise de contrôle passive des membres du groupe de Rick, avec celui-ci flic aux côtés de Michonne, Maggie pour aider Deanna, et Abraham en leader de chantier. Tous les membres, et pas seulement parce qu’ils sont les personnages principaux, sont omniprésents et bouffent tout l’espace. La question est de savoir si Rick va passer à l’action directement ou bien si le phénomène va continuer à se répandre, et surtout comment la petite ville de Deanna va réagir. Malheureusement, la série a déjà un peu tué le suspense avec la prise d’armes de Rick et l’action de sa libido, et par la lâcheté du Père Gabriel qui s’est découvert une vision prophétique (bonne grosse facilité scénaristique qu’on vous laisse découvrir). C’est bien le problème : la série n’a jamais brillé par sa subtilité, et la place de plus en plus importante, et surtout physiquement, des armes à l’écran n’aide en rien, à part à donner du grain à moudre aux lobbys (on ne compte plus les plans Call of Duty…). Néanmoins, cela promet deux derniers épisodes engageants

Si elle ne règle pas ses majeurs défauts, The Walking Dead revient toutefois à des fondamentaux assez bienvenus. On verra si cela se confirme sur les deux dernières semaines !