La saison 2 de The 100 s’est terminée après 16 épisodes et le bilan est plutôt mitigé. Avec un minimum de prise de risque, la saison 2 se conclut sans prétention.

L’épisode final commence avec une situation inédite puisque pour une fois, l’épisode précédent concluait un peu les intrigues nourrissant le suspens. Ce 2×16 commençait donc avec un passif qui importait peu. Nos amis rescapés se retrouvaient prisonniers ou sans plan d’attaque, désarmés. Mais le miracle a eu lieu, la série a toujours quelque chose dans le ventre. Elle nous le prouve une fois de plus avec une belle tension palpable e un aprti-pris sur la violence frontale et graphique assumée jusqu’au bout.

Si on pouvait reprocher à cette saison 2 de ne pas prendre de risque pour changer le schéma tactique de la série avec des décors différents, des dynamiques différentes, elle a réussi à proposer une saison au niveau encore très acceptable. On oublie le coup de mou de mi-saison et les décisions bancales pour finalement prendre un minimum de risques. Oublisons les grands moments comme les sacrifices ou les explosions du groupe pour se focaliser sur l’avancée scénaristique. Le Mount Weather n’a pas été le théâtre de choses énormes. justement, ce décor n’était que sous-employé pour montrer une communauté assez effacée et des scènes de torture accessoires. La vie à l’intérieur de ce Mont n’a eu aucune incidence véritable, aucun questionnement. La saison 2 se termine sans même que ce lieu soit étudié, utilisé. Refaisons le parallèle avec Lost qui osait proposer avec le Hatch, une nouvelle intrigue et un renouveau pictural intéressant. Non, les scénaristes ont joué la carte de Clarke à fond à en griller l’aura du personnage devenu un Jack Sheppard en puissance, un leader lourdeau qui ne change que rarement son fusil d’épaule.

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Ne cherchons pas non plus dans les personnages secondaires un quelconque rebond puisqu’ils sont assez sous-employés à l’image de Kane et Abby qui n’ont pas fait grand chose, du camp Jaha en général, des Grounders, d’Ocatvia, tous poussés à jouer les figurants dans des intrigues faiblardes. C’est par Lexa que vient le renouveau, elle offre une dynamique nouvelle et permet un peu d’offrir des scènes plus fortes. Bellamy prend du galon en fin de saison avec un rôle prépondérant dans la résolution des intrigues. Ce qui faisait la force de la saison 1 avec Lincoln / Ocatavia, Clarke / Bellamy, est passé à la trappe. Le risque d’avoir fait mourir Finn a permis un ou deux épisodes plus humain sans que Raven n’ai changé d’un iota.

La notion d’émotion dont on parlait souvent en saison 1 est aux abonnés absents en cette saison 2 malgré des relations amoureuses un peu plus travaillées mais sans réelle implication du spectateur. Oui, nous aurons toujours les shippers à fond dans le Bellarke (Bellamy / Clarke) mais c’est vraiment futile. L’émotion de Raven à la mort de Finn ne lui a pas permis de refuser les avances de Wick, aucun questionnement, aucune prise de position dans les émotions. Ce n’est pas faute d’avoir Wick, personnage frais, oublié pendant 10 épisodes.

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Alors oui, la saison 2 reste efficace, oui, The 100 reste une des séries les plus prenantes de la saison, oui The 100 fait du bien à la CW et à son image mais non, The 100 n’a pas encore la prétention de proposer quelque chose au-delà de son pitch. Jaha et Murphy se sont détachés du groupe pour trouver la Cité des Lumières ? Leur groupe s’est disloqué puis séparé et termine l’année en proposant un cliffhanger assez raté. Autant l’année dernière, on comprenait les nouveaux enjeux proposés (et presque oubliés), autant là, la situation ne concerne que Jaha, personnage peu reluisant avec une proposition tranchant avec l’ambiance générale.

Qu’attendre de la saison 3 ? Le dernier épisode de cette année n’a pas pris beaucoup de risques en résolvant l’intrigue Mount Weather et en retardant celle des Grounders. Avec une énième notion de sacrifice, Clarke se retrouve au même point qu’à la fin de saison dernière. On pourrait effacer cette saison 2 et enchaîne le 1×13 au 3×01 sans gros ravage. Le plus intéressant est désormais d’utiliser à fond les personnages qui ont tous quasiment quelque chose à se reprocher, relancer les dynamiques de groupe, bosser sur les conséquences des actes de chacun (Jasper ne sait toujours pas pour Finn) et ne pas faiore comme Lost à séparer à tout prix les personnages pour faire respirer les intrigues puisque ça ne fonctionne que rarement. Tout le monde en a chié, aucun moment de répits, les conséquences sur le plan humain devraient être plus mis en avant.

On croit au potentiel de la série et on espère que la rivalité Grounders / Rescapés saura trouver de nouveaux champs de confrontation en saison 3.