La semaine dernière était l’occasion de voir une embellie dans The Walking Dead. L’épisode de cette semaine s’inscrit dans la continuité, même si quelques imperfections demeurent. Un motif d’espoir, à 3 épisodes de la fin de la saison ?

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, nos amis, guidés par Aaron, arrivaient au camp nommé Alexandria. Là, une nommée Deanna les accueillait, les filmait, puis leur offrait gracieusement les maisons disponibles, toutes dotées de douches, vêtements, nourriture etc. Un petit paradis dont Rick et son groupe se méfient un peu, mais semblaient accepter.

A présent, son motif avec Carol et Daryl est pleinement dévoilé : la prise de contrôle d’Alexandria, à l’insu de tous, même des autres membres. Deanna invite tout le monde pour un pot de bienvenue, tandis que Daryl passe tant bien que mal de l’état de nature à l’état de société. *

Comme quoi si toutes les bonnes choses ont une fin, les mauvaises aussi. En confirmant ses progrès, The Walking Dead remonte un peu dans notre estime. L’épisode de la semaine, si il n’est pas fondamentalement révolutionnaire et n’apporte pas grand chose de plus qu’un discours semi-politique, conserve les bonnes choses de son prédécesseur, à savoir une esthétique certaine et un pitch plus posé qui nous permet de mieux nous acclimater aux personnages, mais aussi de les voir évoluer dans un nouveau cadre de vie, le plus intéressant étant notamment Daryl et son interprétation toute en « sauvageonnerie » à laquelle on s’identifie directement (il faut dire que Norman Reedus met le paquet). Cela donne une nouvelle fois un épisode plutôt agréable, divers et diversifié, qui promet un final intéressant tant au niveau de la forme que, on l’espère, du fond.

©AMC

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Parce que sous couvert de cette « pause » dans la bataille que mène ce petit groupe contre la pandémie qui ravage ce monde et sa société, de cette survie qu’ils recherchent bec et ongles, c’est bien du fond qu’il s’agit. Or le fond, quel est-il ? C’est bien l’un des soucis de The Walking Dead : le fond reste flou pendant de nombreux épisodes. Si Rick déclarait la semaine précédente que prendre contrôle d’Alexandria était une possibilité du fait , c’est maintenant une certitude dans cet épisode là, sans réelle raison : certes ils ont été traumatisés par leur expérience, par le Gouverneur, mais là, il n’y a pas encore péril en la demeure. Mais soit. Toutefois, ce projet, piloté seulement par trois membres du groupe (drôle d’ironie symbolique que d’y trouver Carol alors qu’elle avait été bannie par Rick deux saisons auparavant pour sa dangerosité) sensés représenter le bon sens (Daryl est certes survivaliste mais pas fou, Rick est supposé être le leader et un ex-flic) sensé, reste flou, et le semi-retrait de Daryl semble nous annoncer une incompréhension : Rick dit que la faiblesse ne fait plus partie de leur nature, et que si eux ne se font pas à eux, alors ils prendront le contrôle des lieux, mais où a-t-il vu cette résistance passive alors qu’ils sont invités à une fête et que tout le monde les accueille ? Un réflexe défensif ? Qu’est-ce que cela annonce par rapport à l’état d’esprit, visiblement traumatique au vu des chocs que Sasha subit, des membres du groupe ? Le rapport ne semble pas être interrogé, à part quand Rick voit la femme du docteur et renonce à prendre son flingue pour tuer celui-ci. C’est un peu léger (et dénote d’une manière de filmer l’érotisme pas du tout subtile)

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En outre, une autre incongruité fait son apparition dans cet épisode : le discours idéaliste d’Aaron sur le mariage homosexuel du genre « je suis accepté, on a été acceptés, et on ne laissera personne nous dire quoi et comment faire », c’est beau (surtout après la vague homophobe scandaleuse dont il a été victime sur les réseaux sociaux), mais ca tranche avec deux choses : d’une part l’interprétation toujours très médiocre de Ross Marquand, mais aussi le discours « L’Amérique (ou plutôt L’Alexandria) doit se défendre par elle-même, donc tout le monde devrait porter un flingue pour se protéger » fait très NRA (le lobby des armes américain) sous couvert de « c’est l’apocalypse zombie, tout est possible ». C’est, selon nous, au mieux une maladresse, au pire un discours mal senti et mal placé quand on sait que cette série est ultra-suivie et que la question des armes est un sujet brûlant outre-Atlantique. Rick perd de plus en plus son aura (et l’interprétation minimaliste d’Andrew Lincoln n’aide pas), de sa crédibilité, de son leadership, et de la sympathie qu’on avait pour lui, au profit de Deanna, pourtant pas un personnage très passionnant en simili-cheftaine.

Des éléments restent problématiques, toutefois le résultat reste honorable. A suivre !