La nouvelle série la plus enthousiaste du moment.

Posons le contexte, après avoir été enfermées 15 ans dans un bunker dans l’Indiana par un révérend d’un sombre culte, quatre femmes (les « mole women ») sont sauvées par les forces de l’ordre. Une fois sortie, Kimmy Schmidt, notre héroïne, a décidé d’embrasser la vie new-yorkaise à pleines dents, en se trouvant un boulot et un colocataire haut en couleur.

kimmy schmidt

©Netflix

13 épisodes d’un coup, Tina Fey et Robert Carlock n’ont pas vraiment eu le temps de souffler après la fin de 30 Rock. Unbreakable Kimmy Schmidt a été commandée par Netflix et la saison été diffusée d’un seul coup, comme ils savent si bien le faire. A la base, la série devait passer sur NBC, mais suite à des désaccords artistiques et stratégiques, Netflix a récupéré le gros lot de cette comédie atypique. Au fil des épisodes, on découvre New York à travers les yeux neufs de Kimmy, avec une joie de vivre qui nous donne un sourire jusqu’au bout de la journée. Ellie Kemper (The Office, vue aussi dans Bridesmaids) est parfaite dans son rôle. Cette naïveté intelligente, cet enthousiasme communicatif, Kimmy Schmidt dit non aux cyniques. Les gamineries de cette petite rouquine (même pour une rouquine, oui) sont adorables eh oui, il y a des morales, mais ce sont des messages d’espoir positifs. Tout repose sur le talent de Kemper, ce qu’elle a fait de Kimmy, vraiment invincible à cette vie urbaine et à la difficulté du monde environnant avec un comique de gestes. A la limite, Kimmy est plus une super-héroïne que les super-héros actuels. Elle insuffle de l’assurance aux gens qui sont un peu déprimés, et en bonne féministe, prend position sur les relations, les hommes, l’indépendance etc. Pourtant, c’est pas évident de ne pas paraître ridicule quand on en fait un peu trop. Mais elle est d’un naturel.

kimmy schmidt

©Netflix

Des similarités, il y en a, avec 30 Rock et Liz Lemon, dans la manière d’être de Kimmy, sa hâte, son agressivité mais positive, sa franchise… Son personnage est écrit brillamment, avec un vocabulaire adapté. En plus, une équipe qui gagne ne change pas, on retrouve Jane Krakowski en mère au foyer de la 5e avenue, avec une famille de petits gosses gâtés. Jacqueline partage la superficialité de Jenna d’ailleurs. C’est paradoxal, car Kimmy recherche une vie normale, mais ce n’est certainement pas avec son employeur qu’elle va la trouver car Jacqueline en a une vision tout aussi illusoire que notre héroïne. La troupe qui soutient Kemper est plutôt pas mal, avec une diversité ethnique agréable qui ne tombe pas dans les clichés et des vétérans de la comédie comme Carol Kane ou de Broadway comme Tituss Burgess.
Effectivement, c’est surjoué et dans un délire bien décalé, mais l’esprit de la série est fidèle à la comédie un peu rétro. Plusieurs répliques sont vraiment exceptionnelles, « I can see myself if I move fast enough. » comme on peut s’y attendre de la pair Fey-Carlock ! Ce n’est jamais gras ou lourd, peut-être un peu enfantin, mais toujours sincère. Le fait que ces femmes aient été enfermées pendant 15 ans entraîne pas mal de plaisanteries sur tout ce qu’elle a raté (avec des flashbacks dans le bunker qui méritent leur place). Et nul besoin de s’inquiéter de la séparation, puisqu’on sait déjà qu’on les retrouvera pour une saison 2.

(P.S. : L’optimiste me rappelle Parks & Recreation même si les personnages secondaires ne sont pas aussi attachants, l’humour est vraiment unique. Et j’ai toujours voulu caser quelque part l’anecdote que Jon Hamm était le prof d’Ellie Kemper au lycée, et j’ai l’occasion maintenant, donc voilà, c’est dit.)