Tandis que le monde meurt est une nouvelle saga zombie écrite par Rhiannon Frater, sortie chez Panini le 4 février dernier. Le 1er tome, intitulé Les premiers jours, nous conte l’histoire de deux femmes, Katie et Jenni, qui tentent de survivre dans un monde où leurs proches ont tenté de les manger vivantes. Dévastées par ce qu’elles ont vécu, elles vont prendre la route dans un road trip terrifiant et rencontrer quelques survivants… en sursis.

Tandis que le monde meurt est un roman d’horreur où le suspense et le glauque se rencontrent de manière brillante. De plus, certaines descriptions pourront émouvoir le lecteur. Cela a été le cas pour moi dès le premier chapitre, lorsque l’on découvre l’une de nos héroïnes, Jenni.

Jenni est une mère au foyer, battue par un mari jamais content et qui tente tant bien que mal de protéger ses enfants. Mais lorsqu’un jour elle se réveille en entendant son bébé pleurer et qu’elle voit son mari lui manger les intestins, elle comprend qu’elle a échoué. D’autres scènes atroces viendront serrer le cœur des lecteurs qui arriveront à réellement entrer dans ce livre.

tandis-que-le-monde-meurtLes premiers jours est un titre très bien choisi. Il raconte en effet les tout premiers jours de l’épidémie. Certains vont dire « Apocalypse zombie, c’est bon c’est du déjà vu ! », et ils n’auront pas tort. C’est la seule faiblesse de Tandis que le monde meurt. Plusieurs fois ce livre m’a fait penser à la série Walking Dead, notamment lorsque nos héroïnes découvrent un clan de survivants qui ont réussi à construire une petite ville… dirigée par un maire.

Mais Tandis que le monde meurt est tout de même plus qu’un simple roman de zombies. Les héroïnes sont le point fort de ce livre. En effet, il ne me semble pas avoir lu ou vu une seule histoire où les héros sont de simples femmes, l’une procureure lesbienne et l’autre femme au foyer battue par son mari. Ces personnages sont la clef de l’histoire et on s’attache très rapidement à elles. Elles n’ont plus personne et arrivent à se reconstruire en se réconfortant l’une l’autre.

Autre point fort de Tandis que le monde meurt, les sentiments amoureux et la partie psychologique que Rhiannon Frater explore avec brio. L’amour est compliqué pour ces femmes car l’une a perdu sa tendre moitié qui n’est autre qu’une femme, et l’autre cherche simplement quelqu’un qui saura prendre soin d’elle. Jenni ne sait plus ce que c’est que d’aimer car sa vie avec son mari n’a été que cauchemar. Lorsqu’elle trouve quelqu’un qui peut la protéger, elle fait en sorte de combler toutes ses attentes juste pour être avec elle. Katie va vite en faire les frais et va devoir se charger de son amie en état de choc en plus des zombies.

Vous l’aurez compris, Tandis que le monde meurt n’est pas simplement une copie de ce que l’on a déjà lu. L’auteure arrive à nous faire sourire dans tout ce sang grâce à ses personnages vraiment spéciaux et grâce à des petits clins d’œil aussi bien cinématographiques que littéraires, notamment lorsqu’un homme est considéré comme le référent en matière de zombie car il a lu le Guide de survie en territoire Zombie. Il ne va d’ailleurs pas être content lorsqu’il se rendra compte que la guide avait tort : les zombies se déplacent très vite !

En bref, Tandis que le monde meurt est un roman très bien écrit et l’auteur a parié sur ses personnages et ses dialogues délurés pour convaincre le lecteur. En tout cas, malgré l’effet un peu déjà-vu des mangeurs de cervelles, moi, elle m’a convaincue !

« – Benjamin, arrête, je t’en supplie, souffla-t-elle.

Il la suivait toujours partout. Chaque fois qu’elle allait dans la salle de bain, son petit bout de chou de trois ans s’entêtait à rester sur ses talons. Elle ne pouvait jamais se détendre un peu. Il fallait qu’elle lui parle pendant qu’il s’allongeait devant la porte, ses minuscules doigts potelés glissés sous le panneau.

N’était-ce pas un œil qui était maintenant collé contre l’espace sous la porte d’entrée ?

Comment avait-il réussi à descendre de l’étage ? Il restait si peu de son corps. Lloyd avait toujours été un gros mangeur… […]

Elle ferma les yeux, vacilla.

Ces petits doigts… Ces tout petits doigts… »