Cette semaine, on est un peu glauques, dans Gotham (mais moins que le précédent épisode quand même)…

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

La semaine dernière, plusieurs choses importantes se passaient : d’abord, Gotham prenait ses responsabilités, et voyait Alfred poignardé par son vieil ami Reginald Payne. Comme quoi même à Gotham, il fait pas bon avoir des amis. Le majordome de Bruce Wayne échappe de peu à la mort. Dans le même temps, Fish Mooney, détermination toujours intact, rencontre le numéro 2 de l’institution d’organes. Devant les velléités de celui-ci de se servir sur son corps, Fish décidait purement et simplement de s’arracher l’oeil avec une cuillère et d’écraser son oeil avec son pied. Enfin, Jim Gordon et Harvey Bullock arrêtaient le « gang » (ou plutôt « bande de joyeux lurons ») du Red Hood.

Cette semaine, Fish a récupéré et ses forces, et un oeil (mais un oeil bleu, qui semble dire merde à son oeil marron), et essaye de gagner la confiance du patron, le Dr Dulmacher, sorte de psychopathe sous ses airs de gentil médecin. Gordon, ulcéré de voir que le commissaire Loeb a fait relâcher Arnold Flass, le flic corrompu responsable du meurtre du témoin dans l’épisode 16, se met à traquer les secrets du commissaire pour faire pression sur lui. Seulement, Jim, au vu de l’édifice auquel il fait face, va devoir faire appel à quelques moyens peu orthodoxes (comme d’hab’, mais en un peu plus dark)

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Après les deux chocs de la semaine dernière, c’est un peu un épisode post-opératoire auquel on a droit cette semaine dans Gotham. Toutefois, fidèle à ses principes, la série continue d’avancer par histoires tout en faisant avancer ses pions permanents petit à petit. Si le cas de Alfred est quelque peu relégué au second plan après tout le traumatisme vécu, et le temps que le majordome se remette, le cas de Fish avance significativement, tandis que Gordon continue sa croisade contre le crime. Un schéma classique qui continue de faire le charme de cette série policière qui tâche de donner place égale à ses personnages.  Si le cas de Fish laisse encore quelque peu dans l’expectative quant à ce qui pourrait arriver en fin de saison, il est appréciable de voir que la série reste fidèle à ses fondamentaux : Gotham ressemble toujours autant à Goliath, et Gordon à David. C’est le point central de l’épisode de la semaine

Gotham cette semaine aborde quelque chose de bien plus sérieux, qui est aussi son fil rouge permanent, à savoir la corruption et la croisade de Gordon contre le crime. Pour faire simple, disons que Gotham est solipsiste, puisque nous avons droit à un épisode de Gotham sur Gotham. En effet, nous vous avions précisé que Gotham était le personnage principal de la série, et rien n’est plus vrai, puisque son influence, sa suie, son péché, recouvrent tous les personnages, et le commissaire Loeb lui-même ne fait pas exception. Gordon l’a bien compris, et se décide, à travers ce mini-retour aux sources qui rappelle ses premières heures sombres auxquelles il devait faire ses preuves en tuant le Pingouin, à intenter des actions coup de poing contre le pouvoir en place. Si il avait remporté une bataille dans l’épisode 16, il est loin d’avoir remporté la guerre. Toute la question de la fin de saison se résumera à savoir si la guerre est plus proche d’être gagnée que d’être perdue, car, ainsi que cet épisode le dit, n’importe qui, si il bénéficie de chance / clémence / réseaux de relations, peut s’en tirer.

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Car en effet, et c’est tout le sens du titre de l’épisode, « everyone has a Cobblepot », ce qui signifie, ici, une casserole, un lourd passé, un poids sur la conscience, une marque au fer rouge laissée par Gotham pour que celle-ci vous laisse survivre. Ceux l’ayant bien compris sont aujourd’hui aux sphères les plus influentes car ils ont fait ce qu’il fallait au bon endroit et au bon moment (Falcone, Maroni, Fish Mooney, dont le reste de la population semble être leurs pions). Face à cela, Jim Gordon représente une sorte d’idéalisme un peu buté, prêt à tout pour arriver à faire tomber le pouvoir en place et déterminé à ne pas se taire. Et le pire, c’est qu’il ébranle le système, en se payant même un petit plaisir personnel à la fin de l’épisode. Néanmoins, idéaliste ou non, comme le sera quelque peu Batman, il n’hésite plus désormais à se salir les mains, cachant cette culpabilité sous son regard froid et dur. Cet épisode est très révélateur de pourquoi Ben McKenzie colle bien au rôle : il a le passé de flic (Southland), le regard froid, la vigueur. Gotham, grâce à son esthétique et sa réalisation, parvient une fois de plus à montrer le chemin tortueux et semé de ronces que Gordon doit suivre, et réussit, à l’image du Docteur Dulmacher (référence évidente au Dollmaker des comics, celui là même qui arrachera la peau du visage du Joker), lui greffe toutes les petites vilenies qu’il doit accomplir. Les mots de Bullock en fin d’épisode sont révélateurs : les bonnes actions n’annuleront jamais les mauvaises. Et sûrement pas à Gotham

Deux points négatifs : les caméos anecdotiques de Harvey Dent, toujours en manque de mordant chez Nicholas D’Agosto, et de Selina Kyle, même si on sent qu’ils vont avoir un rôle à jouer dans la fin de saison ; et le Dr Dulmacher, interprété par Colm Feore, qui, au delà de la référence relativement peu subtile au méchant des comics, ne convainc pas tellement en scientifique fou, car bien trop complaisant en mimiques et sourires de fausset.

L’étau se resserre, à la semaine prochaine !