Cette semaine est la découverte d’un nouveau lieu dans The Walking Dead. Si la série ne travaille pas vraiment sur l’originalité dans sa forme, le fond, lui, est plus appréciable

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, Rick et ses potes avaient la visite d’un dénommé Aaron, qui venait leur proposer de se joindre à sa petite communauté paisible et agréable, Alexandria. C’est en effet lui qui notamment leur avait laissé de l’eau sur la route. Rick est très méfiant, colle un pain à Aaron et pose des questions ensuite. Après des détours compliqués au cours d’un épisode capillotracté et manquant cruellement de subtilité, il finit quand même par accepter, soumis aux yeux de Michonne, d’aller voir ce que vaut cette communauté

A présent, ils entrent dans Alexandria, et découvrent quelque chose à laquelle ils n’étaient plus habitués : la vie en commun, avoir une maison avec tous les avantages, la sûreté…

Il s’est passé un truc. Forcément. Et on croit savoir qui est le responsable : Greg Nicotero. Pas son génie scénaristique, sinon on ne passerait pas nos critiques à dire à quel point tous les épisodes se ressemblent, mais plutôt sa présence derrière la caméra. On peut être sûr que quand le producteur dirige les opérations, l’épisode sera de meilleure facture que ceux de tous les autres inconnus se succédant derrière la caméra. En effet, c’était déjà Nicotero derrière l’épisode de la mort de Tyreese, l’un des moins pires épisodes de la saison. Il récidive pour donner un épisode bien plus subtil que l’épisode 11, où tout passait par la violence, la stupidité, et la frustration de voir à quel point le personnage de Rick était réduit à une figure qui s’apparentait plutôt à un réactionnaire qu’à un loup blessé. Or dans ce douzième épisode, la série remet en jeu Rick de meilleure manière tout en n’oubliant pas de donner une certaine place aux autres (même à Carl, qui reste toutefois insupportable par sa pseudo-grosse voix et ses manières insupportables).

©AMC

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On a apprécié le fait, notamment, que l’épisode ait pris tout son temps pour installer le petit groupe dans une nouvelle communauté, en n’occultant pas le fait que c’est un groupe marqué par les disparitions et la dure vie du dehors (en atteste le coup de sniper de Sasha), plus habitué à vivre au sein d’un groupe ni même d’un endroit fermé, et donc méfiant, du fait que chaque période de pause (maison de Hershel, église, communauté du Gouverneur) s’est soldé par un bain de sang. Cela passe notamment et symboliquement par Rick, chef naturel, auteur d’un discours pour une fois pas trop vide (un pitch sur la survie qui compte plus que tout on ne peut plus vrai, dommage qu’il soit réduit à quelques mots puis noyés par une psychanalyse de comptoir de la dénommée Deanna), et qui prend le temps de se réhabituer progressivement, par à-coups, à un semblant de vie réelle et normale (l’idée de le faire courir sur un gros coup de stress pour retrouver Carl était très bien placée !). The Walking Dead, cette semaine, ne fut pas trop pénible à regarder, et c’est assez rare pour le souligner. Si le rasage intégral d’Andrew Lincoln (plutôt bon dans cet épisode) pique les yeux, autant que les habits de grand-mère de Melissa McBride, reste toujours la méfiance du chasseur chevronné Norman Reedus (toujours à l’aise dans son rôle) pour nous garder dans l’esprit de la série.

©AMC

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Et ca fait du bien. On aimerait que tous les épisodes soient comme ca, avec une réflexion suggérée derrière, avec des personnages qui peuvent exprimer tout ce qu’ils ont à dire selon leur personnalité (encore une fois, Daryl méfiant, les réflexes défensifs et protecteurs de Rick…). La fin de l’épisode amorce un changement des mentalités qui pourrait se révéler très audacieux sur la fin de saison; Mais pour ca, il faudrait que les producteurs ne soient pas tout le temps à tenir la main de la série pour la relancer à chaque coup de mou. Et puis surtout, il faudrait sublimer tout cela, car subsistent encore des défauts. Première chose : n’y a-t-il pas incohérence à voir Michonne se laisser si facilement berner, elle qui dès le début avait eu des doutes sur le gouverneur ? Il semble que le rôle en soit dévolu à Daryl, mais on a du mal à imaginer Michonne retournant si facilement sa veste. Ensuite, Glenn, qui lâche deux phrases et reste encore une fois cantonné à son expression faciale risible. Puis Carl, qui est toujours aussi peu aimable, et dont le destin est légèrement cousu de fil blanc (la série n’arrive toujours pas à régler son problème de prévisibilité). Et puis, surtout, le défaut majeur, dans la même veine que le précédent nommé, inhérent à toute la série, c’est le manque criant d’originalité. Cette entrée à Alexandria est la preuve que la série ne s’est toujours pas détachée du schéma  » une saison / un lieu « , puisque c’est le deuxième de la saison, et que globalement, on sait déjà que tout ne sera pas un long fleuve tranquille, et que ca ressemblera de près ou de loin à l’arc Gouverneur, la figure du chef en moins.

On est en attente de personnalités qui feront basculer cette saison dans le surprenant. Mais les bases pour bien finir sont là. Si les 11 premiers épisodes ont échoué, il reste 4 épisodes pour sauver l’honneur.