L’acteur s’est éteint ce 27 février à l’âge de 83 ans, victime d’une « maladie chronique pulmonaire »

Leonard Nimoy sera pour toujours le Mr Spock, d’abord dans la série originale Star Trek (1966-1969), puis dans pas moins de 6 films entre 1979 et 1991. Infatigable, il réalisa même le troisième (qui met en scène le retour de son personnage disparu à la fin de Star Trek II, c’est dire si ils étaient indissociables) et le quatrième opus, et scénarisant les premier, troisième, quatrième et sixième films. De manière plus anecdotique, on peut noter ses rôles dans la série Mission : Impossible, et Fringe. Il a même fait une courte carrière (trois ans) de chanteur entre 1967 et 1970, à l’image de son personnage pratiquant le luth vulcain.

Leonard Nimoy était la figure tutélaire d’une saga de films, mais aussi de toute une génération, et représente à jamais, au travers de son personnage vulcain, des valeurs de raison un peu naïvo-idéalistes. Car Spock, comme on le sait, est un personnage torturé entre raison et sentiments, entre logique et émotions, tâchant de toujours faire le bien sans jamais laisser son subconscient personnel resurgir (oui, en gros, un Cyberman sans l’envie de tout supprimer). La mort de Leonard Nimoy restera comme symbolique, celle d’un personnage et d’un acteur qui incarnaient des visions dont le monde d’aujourd’hui aurait bien besoin dans ses troubles actuels (la guerre, la paix, l’usage de la technologie, l’autoritarisme… etc).

Bien sûr, le monde à l’époque des débuts de Star Trek, en pleines Trente Glorieuses, n’est pas comparable avec le monde d’aujourd’hui. Quand le monde de l’époque annonçait un progrès considérable à tous les niveaux, le nôtre s’enlise dans un conflit et un chaos dont on peine à trouver une fin. Nimoy incarnait dès lors un personnage, qui si il était froid, ou du moins se voulait froid, en tout cas cherchait constamment l’ordre, tenant le gouvernail de sa logique implacable, héritage qui s’est transmis jusqu’à son successeur Zachary Quinto dans les films de J.J.Abrams. Nimoy l’avait compris, et avec la perduration de l’univers Star Trek et la marque qu’il y a laissé, du haut de ses oreilles, de son salut vulcain, et de son « Live long and prosper », il a, après la fin de la saga au cinéma, définitivement accédé à la postérité, en publiant une deuxième autobiographie intitulée I am Spock en 1995, renonçant à laisser au placard un personnage dont il voulait se détacher 20 ans plus tôt (I am not Spock, 1975). Pour naïvement espérer rester un modèle (ce qui est plus ou moins le cas dans la série The Big Bang Theory à travers le personnage de Sheldon Cooper).

Dès lors, ses apparitions dans les Simpson, The Big Bang Theory,  mais aussi les Star Trek de J.J.Abrams, où il vient en aide à sa version jeune, comme pour passer le flambeau, resteront comme les ultimes marques d’un homme qui n’a pas failli à ses idéaux. Son dernier tweet, « Une vie est comme un jardin. Les moments parfaits ne peuvent être préservés, si ce n’est dans nos mémoires. LLAP », restera comme une ultime leçon de vie. A l’image de la fin de Star Trek II, où son personnage se sacrifie pour son équipage, sa mort laisse orpheline toute une génération passée mais aussi toute une génération actuelle et future, de William Shatner, son vieil ami, à Zachary Quinto, le nouvel interprète. Barack Obama ne s’y est pas trompé en lui rendant, lui aussi, un dernier hommage.

Live Long and Prosper