Deuxième épisode de reprise pour The Walking Dead. Celui de la semaine dernière fut tragique, qu’en est il cette semaine ?

ATTENTION SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, Noah emmenait tout le petit groupe chez lui, en Virginie, après un petit trip de quelques milliers de kilomètres. Et tout ca pour quoi ? Pour découvrir que dans sa gated community, tout le monde était mort. Accompagné de Tyreese, il découvre que sa famille n’a pas échappé à ce sort funeste. C’est à ce moment que Tyreese est mordu par un rôdeur et passe la moitié de l’épisode à agoniser, halluciner (avec un beau caméo du Gouverneur) puis mourir, ledit épisode se terminant sur son enterrement, prononcé par le père Gabriel…

A présent, tout le petit groupe est déprimé, ayant dû faire face sur un laps de temps très court à deux morts. Tout le monde fait route, épuisé, le moral au plus bas, ne croyant plus tellement en leur survie future…

©AMC

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The Walking Dead va mieux. Par rapport à la première partie de saison extrêmement décevante, la série s’est quelque peu relevée, et a proposé deux épisodes qui entretiennent l’espoir d’un jour voir cette série décoller. Mais le résultat n’est toujours pas là : si la forme est meilleure, le fond peine à se faire sentir. Cette semaine, une nouvelle forme d’épisode a été inaugurée : celle des montagnes russes. A des moments corrects se succédaient des moments américano-américains insupportables, portés (ou pas) par des dialogues toujours aussi désespérément vides. Au final, les plans où personne ne mouftait étaient encore les mieux, offrant par leurs travellings et zooms arrières et avants des tableaux de qualité, en attestent les 4 premières minutes reflétant bien l’impuissance des hommes face à la nature et au destin tragique qui guette. C’est ca qu’on veut, dans The Walking Dead : un espèce de Man VS Wild esthétisé avec un scénario. Pas des personnages vides aux paroles vides déblatérant des « on va y arriver », « tu es avec des amis » ou autres « si tu veux parler je suis là », essayant d’entretenir un semblant de rêve américain qui a été détruit dès l’origine de la série puisque la population mondiale est devenue zombie et s’attaque à ses congénères bien vivants. C’est à s’arracher les cheveux de rage et de frustration.

©AMC

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Cet épisode est, par ailleurs, symbolique d’une autre marque de fabrique de la série : après avoir livré un personnage en pâture aux fans, on peut être sûrs qu’il ne se passera rien ou presque dans le, voire les, suivant(s). The Walking Dead, loin, très loin de Game of Thrones, est prévisible, sans surprises, et il est vraiment parfois pénible d’arriver au bout des 45min d’épisode. Cependant, une chose à ne pas enlever à l’épisode est sa propension à avoir voulu s’attarder sur les personnages et leur état d’esprit post-traumatique. On passera sur le fait que c’est ce que la série aurait dû faire depuis le début et en permanence, ne crachons pas dans la soupe. Soupe, toutefois, dans laquelle se glissent plusieurs cheveux, à commencer par les dialogues, bien sûr, puis ensuite une tactique reposant trop sur « je fais la gueule, regardez, mon personnage est profond est évolutif » (n’est ce pas Maggie et Sasha ?), mais aussi une énorme référence pas du tout subtile à Reservoir Dogs, de Quentin Tarantino, dans la gestion de groupe mais aussi au travers d’une séquence inutile où Maggie ouvre le coffre d’une voiture pour découvrir un zombie, avant que Glenn, le personnage aux paroles les plus clichés de l’histoire de la télé américaine, ne la tue pour rassurer un peu sa chérie qu’il a délaissée depuis le début de la saison. Tentant d’en rajouter le plus possible pour essayer d’esquisser des personnages crédibles, The Walking Dead en fait trop, à tel point que ca en devient agaçant. Le climax est atteint quand Rick prononce un beau discours pompeux se terminant par « we are the walking dead », joli placement de produit en forme d’arbre cachant une forêt de superficialité. Il serait temps de décider d’une vraie mise en chantier, non ? Les intentions sont là, mais pas encore la réalisation…

En résumé, il y avait quelque chose à faire, encore et toujours. Mais cet épisode s’apparente une nouvelle fois à un coup d’épée dans l’eau… Avec un peu de chance, le cliffhanger, une fois n’est pas coutume pas trop mal amené, apportera-t-il quelques petites choses pour pimenter une saison décidément bien trop molle…