La confrontation entre l’ex URSS et les Etats-Unis n’a pas fini. La CIA en a la preuve tous les jours, quand ce n’est pas le KGB, c’est le SVR.

La méfiance envers la Russie semble revenir à la mode, surtout quand dans l’actualité on a des sujets comme des missiles en Ukraine…

Chaque chaîne veut sa propre série d’espionnage, et cette fois-ci c’est NBC qui tente le coup avec un génie (à comprendre sociopathe) blondinet analyste à la CIA qui a des parents russes anciens agents du KGB. Aujourd’hui, on entend espions, on pense à Homeland (d’ailleurs, Allegiance est également une adaptation d’un série israélienne, The Gordin Cell), puis on entend KGB et on pense à The Americans. Ce n’est pas très grave, il y a de la place pour tout le monde surtout qu’en vrai, NBC a la chance de toucher un public beaucoup plus large que FX, donc la chaîne ne vole rien du tout. Malheureusement, le pilot d’Allegiance laisse un goût d’inachevé et ne se rapproche en rien des deux séries mentionnées ni dans la subtilité, ni dans la complexité. La faute à qui ? Peut-être un peu à NBC justement… ça reste une chaîne de network grand public qui ne peut pas se permettre d’aller aussi loin que le câble. C’est un pot-pourri à l’image de State of Affairs

Allegiance

©NBC

Tout semble parfait dans la vie d’Alex O’Connor (Gavin Stenhouse), il gravit petit à petit les échelons de son nouveau boulot spécialisé dans les analyses en rapport avec le SVR (le digne successeur du KGB) alors que ça ne fait que quatre mois qu’il a son diplôme. Notre héros est jeune, plutôt beau et très intelligent, est bilingue russe, s’implique à fond dans son travail, est poli, fait de son mieux dans la vie, c’est le gendre idéal. Bien. Il travaille pour la CIA donc, analyste en herbe, ne saisit pas tout à fait les normes sociales, fait fi de la critique des autres, ce qui le rend difficile à approcher.
Ses parents semblent complètement amoureux. Et pour cause. Sa mère Katya (Hope Davis vue dans The Newsroom) est une ex-agente du KGB qui a recruté son mari actuel Mark (Scott Cohen récemment dans The Carrie Diaries), car ils ont fini par tomber amoureux. Quel conte de fées. Oups, Alex ne le savait pas ? Aïe. Désactivés depuis plus de six semblerait-il, ils n’auraient jamais cru devoir dire la vérité à leur fils. Mais le petit Alex va être assigné sur une affaire délicate d’espionnage, une attaque imminente qui pourrait mettre les Etats-Unis « à genoux ». Oui, encore une. C’est magique car les Russes sont d’une efficacité incroyable, et bien sûr, sans cœur. Très réaliste quoi. Comme par hasard, ses parents ont un lien avec cette mission, et ils vont devoir choisir entre la vérité et la fuite ou se remettre en activité en « flipant » leur fils contre le gouvernement américain… On sait ce qui est le plus dur. Mais tout ça sonne vide.

Allegiance

©NBC

Entre trahisons à tous les niveaux, liens familiaux ébranlés (car bien sûr, la sœur aînée est loin d’être toute blanche), c’est du déjà-vu. Pourtant, dans toute cette conventionnalité, j’arrive à trouver quelques branches auxquelles me raccrocher. Si on aborde la série comme un drame familial au lieu d’un thriller, on s’y retrouve plus, car leur dynamique est totalement chamboulée et ce sont les scènes personnelles qui sont les plus émotionnelles. Et l’autre aspect qui trouve grâce à mes yeux, c’est que malgré le stéréotype du M. Je-sais-tout à la Scorpion (car un peu moins maniéré que Sherlock), Alex a quelque chose d’attachant dans son rôle de héros de cop show avec des TOC. Probablement son affection pour sa famille et le fait qu’il soit un vrai « gentil ». Ses collègues de bureau ajoutent une touche d’humour et de glamour. Rien de bien original, mais on a le droit à des minorités ethniques qui représentent encore une fois, le gentil gouvernement américain. A cela, on saupoudre le tout par un peu d’action, et voilà un épisode passe-partout. George Nolfi est derrière cette série, on lui doit notamment l’écriture de L’Agence ou de La vengeance dans la peau.

(P.S. : Les acteurs sont vraiment bons, je vais tenter de continuer pour voir où l’histoire nous mène car j’ai de l’espoir dans la suite.)