On vous avait déjà parlé de Big Hero 6, le nouveau film des studios Disney, au moment de la masterclass de Roy Conli, producteur du film. On vous avait annoncé une réussite, et le visionnage l’a confirmé. Décortiquage

Big Hero 6 (à bas la VF et ses traductions plus que moyennes) était très attendu après cette masterclass, en particulier car c’est la première (et certainement pas la dernière) collaboration « concrète » (un vrai mélange des univers), dira-t-on, entre Marvel et Disney, depuis le rachat du premier par le second il y a quelques années. Cette collaboration transparaît complètement dans le film, et plus encore quand on voit le film en VF (comme nous) qui infantilise un peu plus le pitch.

Big Hero 6 est l’histoire du jeune Hiro Hamada, fan de Botfights (les combats illégaux de robots télécommandés dans la rue) et précoce génie de 14 ans qui a dit merde aux études pour faire carrière dans cette branche du street fight. Mais une petite visite dans le labo de son frère Tadashi lui redonne le goût d’étudier et d’inventer, sous l’égide du renommé Professeur Callaghan. Alors il fait fonctionner son cerveau de surdoué, et avec son frère ainsi que ses nouveaux amis Fred le geek de service, Wasabi le nounours, Honey Lemon l’excentrique et la punk Gogo Tamago, Hiro prend son destin en main. Quand plusieurs évènements remettent cela en cause, Hiro, aidé de son robot Baymax (doublé en VF par Kyan Khojandi), transforme ses potes en une bande de superhéros prêts à tout.

Big Hero 6

©Disney

 

On ne peut en dire plus pour ne pas spoiler l’intrigue. Big Hero 6 ne partage avec son comics d’origine que le nom, l’histoire des héros et l’intrigue ayant été redescendues à un niveau plus grand public. A ce propos, Roy Conli avait déclaré lors de sa masterclass que le film cherchait « le plus large public possible ». Contrairement à la plupart des films Disney, il n’y a pas de vraies morales ou leçons à apprendre ici. C’est une pure débauche d’énergie destinée à toucher le spectateur, plus ou moins durement selon les situations (et ca marche !). Le processus d’identification est habilement mis en place : au-delà du fait que les ados et enfants vont parfaitement s’identifier à un robot-guimauve tout sympa et un gosse de 14 ans, on s’attache aux personnages, et on est agréablement entraîné dans le flux constant d’énergie qui se dégage de ce film, qui s’inscrit dans la droite lignée des Mondes de Ralph. Alors après, Big Hero 6 n’invente pas la poudre, et fait figure de Marvel pour jeunes, avec un scénario tout ce qu’il y a de plus simple et classique, servant de l’humour, de l’action et du touchant, casant ça et là des références à Spiderman (notamment le 2e volet) et à Iron Man, précédentes franchises de la firme, et donnant même place à une apparition de Stan Lee. Ce que « Les Nouveaux héros » n’a pas en originalité, il le rattrape en charme. On se croirait presque, à une échelle totalement différente bien sûr, proches de Toy Story (dont le réalisateur John Lasseter est producteur exécutif) : une petite bande de joyeux gusses aux personnalités si différentes mais toutes entraînantes à leur manière.

Big Hero 6

©Disney

 

Quelques petits défauts cependant tamisent un peu cette impression : déjà Fred, sorte de parodie de fanboy/gosse de riche très vite lourdingue. Ensuite, ce qui fait aussi l’attractivité du film, à savoir la simplicité : en effet, il y avait, au vu des capacités de séduction du concept, plein de choses à exploiter du côté de l’initiatique, de la réflexion, de l’introspection. Certes le film se veut grand public, mais pousser un peu plus le vice n’eut pas fait de mal. Malheureusement, le film cède aussi à quelque chose dont il n’avait pas besoin, à savoir l’autopromotion : la dernière image est celle du logo du film. Ce procédé devenu monnaie courante et symbole du marketing fait franchement tâche. Enfin, on vous recommande chaudement la VOST, qu’on avait entendue lors de la Masterclass, et qui sera toujours mieux que cette VF presque abrutissante, avec un Kyan Khojandi sympa, mais trop « Bref » et pas assez robot.

Cela n’empêche toutefois pas Big Hero 6 d’être un agréable divertissement, à voir en toutes occasions ! Le film sort le 11 février en France