Une petite ville du Nord. Meurtre dans une tribune d’un stade , et un officier de police parisien revenant dans la ville où elle a grandi pour mener l’enquête. Une minisérie en 3 épisodes remarquable diffusée demain soir sur Arte.

[ATTENTION SPOILERS POSSIBLES]

Une petite ville du Nord vibrant pour leur équipe locale, toujours à deux doigts de la relégation. Soudain, une civière et un meurtre en pleine tribune. Une femme retrouvée en larmes, le couteau à la main. Ce n’est autre que la sœur d’Alexandra Perruci (Judith Davis) dépêchée depuis Paris pour enquêter sur l’affaire. Très vite, les affaires du club et les secrets de certains joueurs vont remonter à la surface, mais ce n’est que le début.

Le principal intérêt de « Virage Nord » c’est de résoudre le meurtre de ce jeune supporter, Yorick, mais aussi aller dans son passé, et le mobile du tueur. Mais c’est surtout en dessinant la population de cette petite ville par touches et en allant dans les dessous du club de foot que Virginie Sauveur et ses deux coscénaristes (Raphaëlle Roudaut et Clara Bourreau) retiennent la fascination du téléspectateur. Alexandra n’est pas introduite avec les louanges de sa hiérarchie, et doit également faire face à une policière du coin qui voit d’un très mauvais oeil son introduction dans la procédure. Une rivalité qui n’est pas forcément plus creusée que ça, mais qui illustre bien les tensions autour de son enquête : sa proximité avec l’impulsif footballeur Nicolas Couturier ne va pas arranger les choses.

virage nord

©Arte

Proxénétisme adolescent, tensions au sein de la famille, entre un coach au bout du rouleau (Christophe Kourotchkine) et ses filles : rien n’est épargné dans « Virage Nord ». Mais tout est exposé par petites touches, avec des dialogues ciselés : rien n’est prémâché, et l’histoire d’Alexandra reprend là où elle s’était interrompue à sa demande des années auparavant. La réussite du club c’est avant tout la dignité de plusieurs des personnages de la série, mais tout le monde rêve d’un échappatoire. Dur de sortir de la petite ville de « Virage Nord » : déceptions, amertumes et non-dits parachèvent plusieurs des dialogues de la série.

Judith Davis en Alexandra Perucci joue une femme à poigne, mais qui est plus dans la lignée des enquêtrices des thrillers nordiques qui est l’inspiration évidente de l’équipe de « Virage Nord ». Chaque personnage secondaire a ainsi une ou plusieurs séquences pour se révéler, y compris le plus magouilleur ou le moins disert des adolescents. Du travail d’orfèvre qui arrive à pleinement satisfaire à l’issue de ses trois épisodes. Tout l’intérêt de « Virage Nord » est là : on a pu connaître une ville – fictive – en plus d’une résolution d’une enquête, sans verser dans la fresque ou la saga. Et une telle dextérité mériterait bien un match retour… pas encore d’actualité pour la chaîne franco-allemande.