Une fois n’est pas coutume, cette semaine, Gotham achève la deuxième partie de son introduction au Dr Gerald Crane et son fils Jonathan, plus tard connu sous le nom de l’Epouvantail.

ATTENTION, SPOILER TRANSITIONNEL

Dans l’épisode précédent, Gordon et Bullock échouaient à arrêter Gerald Crane, un homme déprimé par la mort de sa femme qui excite les peurs de ses victimes avant de les tuer et de prendre leurs glandes surrénales (responsables de… ehhh oui la peur !). Dans le même temps, Le Pingouin en bavait très sérieusement puisque Fish Mooney, d’un coup de téléphone, révélait à Maroni la vraie nature du Pingouin… Cobblepot s’en sort de justesse après être passé sous un broyeur de voitures. Quant à Fish elle-même, elle était aux prises avec les assaillants de son bateau…

Now, Gerald Crane continue ses expériences, impliquant de plus en plus son fils, et Jim comme Harvey sont déterminés à l’arrêter. Le Pingouin marche sur des oeufs depuis qu’il s’en est sorti ; toutefois, Falcone lui confie le club de Fish et l’ordonne de redécorer, tandis que lui va négocier avec Maroni pour la survie d’Oswald. Enfin, Fish Mooney est elle dans une sorte de prison où les durs font leurs lois. Pas de quoi l’impressionner, cependant… Quant à Lee Thompkins, elle est nommée médecin légiste du commissariat, à la grande gêne de Jim

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Gotham continue son petit bonhomme de chemin ! Mais surtout, elle semble désormais se focaliser sur ses personnages et les relations entre eux en particulier, depuis la reprise : en effet, on a eu droit au développement de la vie sentimentale de Gordon, les sentiments de Bullock à l’égard de Fish Mooney puis de Scottie, l’attitude de Fish quand elle est dos au mur, le caractère de plus en plus schizophrène de Nygma, le jeu dangereux du Pingouin… Bref, beaucoup autour des personnages principaux, mais là, avec ce quinzième épisode qui s’inscrit directement dans la continuité du quatorzième, on a l’impression que ce sont désormais les ennemis qui ont droit à leur mise en contexte à la sauce FOX. Même le prochain épisode sera rattaché à celui de cette semaine. Les origines de l’Epouvantail sont donc adaptées à l’écran, dans une configuration qui ressemble à celle des New 52 (la recréation de 52 séries de l’univers DC après les évènements racontés dans Flashpoint), où Jonathan Crane est le sujet des expériences de son père. Et il faut dire que Gotham le rend très bien. A la première confrontation à la piscine, plutôt courte pour seulement nous laisser entrevoir ce dont Crane père était capable, succède une véritable entrée dans la psychologie du personnage, celle d’un homme torturé par la mort de son épouse, cherchant un idéal (ne plus connaître la peur) l’empêchant de différencier le bien et le mal, échouant dans son rôle de père et laissant son fils dans un état d’esprit borderline qu’il peinera également à maîtriser

Ce pouvoir de suggestion (et de sujétion) est admirablement retranscrit à l’écran. Etape par étape, on assiste à la descente aux Enfers d’un homme fou, plus convaincu de ne pas avoir peur que concrètement « soigné » de sa hantise. Petit à petit, Gerald Crane (très bon Julian Sands, dans un rôle d’anti-Gary Oldman) exprime sa névrose, de l’insupportable jusqu’à ce qu’elle se transforme en psychose, tant et si bien qu’on ne sait pas vraiment si il a réussi ou bien si il se sert juste de son adrénaline comme catalyseur. Le fait également d’avoir fait de Gerald Crane un Mr Toutlemonde, sans visage particulier, sans tronche de savant fou, renforce l’aspect « tentative de contrôle de la nature » par l’humain. L’affrontement final avec Gordon et Bullock est à ce titre très bien dirigé, et même si l’épouvantail placé bien en évidence peut paraître un peu « gros sabots », il faut dire que les effets spéciaux couplés aux jeux de lumière ont quelque chose d’assez effrayant. Et l’onde de choc d’affecter Jonathan Crane, futur ennemi de Batman, torturé intérieurement Ainsi, le premier personnage de ce processus de développement est achevé et réussi. Reste à voir comment et dans quelles conditions il apparaîtra. On aurait presque aimé tout un épisode centré autour de la naissance de l’Epouvantail, voir de quel côté de la borderline il va tomber, mais aussi, via autopsie, si Gerald Crane avait vraiment réussi.

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Car en effet, l’épisode ne manque pas d’entrecoupements plus ou moins heureux / utiles / intéressants. Evidemment, et comme dans toute série qui se respecte, on a droit à l’évolution de la romance entre Jim et Leslie, en soi peu dérangeante dans le sens où, heureusement, elle ne bouffe pas complètement l’écran. Mettons cela sur le compte de l’adaptation : après tout, Jim va bosser avec sa copine, ca promet au moins quelques blagues sympas de Bullock. L’arc Bruce Wayne s’enlise lui un peu plus, et heureusement qu’il n’est pas prépondérant, car la déception serait plus grande encore. Honnêtement, qu’en a-t-on à foutre de Bruce perpétuant une tradition familiale de randonnée, à part livrer le spectateur à lâcher une petite larme face à une performance légèrement surjouée de David Mazouz et au fait que Alfred devienne de plus en plus un faire-valoir ? Tant qu’à faire, il serait plus intéressant de rapprocher un peu plus Gotham de Bruce, de ce qui pourrait plus tard déclencher son envie de se consacrer à la justice, bref, le mettre dans une position de voyageur en pleine initiation à la vie ! D’un autre côté, et ce même si toutes les intrigues ont été ralenties pour faire place nette à l’Epouvantail, la transition dans le triangle Maroni / Pingouin / Falcone est parfaitement gérée (on vous laisse voir!), tandis que Fish Mooney reste délicieusement égale à elle-même, et ce avec un magnétisme toujours aussi frappant (excellente Jada Pinkett Smith)

Les acteurs ont en tout cela une part plus importante que d’habitude : mention spéciale à David Zayas, exquis Maroni, mais aussi à Cory Michael Smith (Nygma) et Robin Lord Taylor (Pingouin) qui se rencontrent enfin dans une scène absolument hilarante (annonciatrice ?). Gotham s’est offert une mini-roue libre, totalement justifiée cela dit. Who’s next ?